Qui sommes nous?

Une équipe de critiques rend compte,  jour après jour, des spectacles: théâtre, danse, arts de la rue, cirque, magie, performances, qu’ils voient en  région parisienne et en  province mais aussi à l’étranger.

Julien Barsan, conseiller dans une entreprise culturelle, est aussi critique dramatique.

Sébastien Bazou, ancien élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Dijon, s’est spécialisé dans l’installation multi-médias puis a cofondé l’association Artefake dont le magazine publie des articles sur l’histoire de la magie; il en est devenu un spécialiste.

Jean Couturier est critique dramatique et assistant du rédacteur en chef.

Mireille Davidovici, dramaturge, traductrice et conseillère artistique. A dirigé quinze ans l’association Aneth consacrée aux auteurs contemporains. Assistante du rédacteur en chef.

Christine Friedel, critique dramatique, est aussi conseillère artistique.

Véronique Hotte est critique dramatique et enseignante.

Elisabeth Naud, docteur en esthétique théâtrale, enseigne à l’Université Paris VIII, et est conseillère artistique.

Béatrice Picon-Vallin, directrice de recherches au C.N.R.S., auteur d’ouvrages sur le  théâtre russe, la mise en scène, et les rapports entre le théâtre et les autres arts. Elle dirige les collections : Mettre en scène  à Actes Sud-Papiers, Arts du spectacle aux éditions du C.N.R.S. et Th. XX à L’Age d’Homme).

Edith Rappoport, critique de spectacles et spécialiste du théâtre de rue, été directrice des théâtres de Choisy-le-Roi et Malakoff, puis conseillère pour le théâtre à la D.R.A.C. Ile-de-France.

Marie-Agnès Sevestre a dirigé la Scène nationale de Douai puis le festival des Francophonies à Limoges. Elle suit plus particulièrement les auteurs et projets francophones en France et à l’étranger.

Philippe du Vignal, rédacteur en chef du Théâtre du Blog, a longtemps dirigé l’Ecole du Théâtre national de Chaillot où il enseignait aussi l’histoire du spectacle contemporain. Il a été responsable de la rubrique:Théâtre, aux Chroniques de l’Art Vivant puis à Art press. Il a, entre autres, été critique dramatique aux Nuits magnétiques d’Alain Veinstein à France-Culture, et au quotidien La Croix.
Il a aussi été professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, département scénographie.

Correspondants: Gérard Conio, professeur émérite de l’Université de Nancy et spécialiste de la civilisation russe et des pays de l’Est.
Nektarios G. Konstantinidis, traducteur et critique de théâtre, est enseignant au Département de langue et de littérature française à l’Université d’Athènes. Spécialisé en théâtre francophone contemporain, notamment en Grèce.
Alvina Ruprecht,
du département Théâtre à l’Université d’Ottawa, est une spécialiste du spectacle canadien anglo et francophone mais aussi caraïbéen.

Articles récents

Les Chaussons rouges film de Michael Powell et Emeric Pressburger.

Les Chaussons rouges film de Michael Powell et Emeric Pressburger.

chaussons rougesTout amoureux de la danse se doit de connaître ce film britannique de 1948, diffusé en ce moment par la chaîne Arte. Inspiré d’un texte de Hans Christian Andersen Les Souliers rouges, écrit en 1880, il nous plonge au cœur de la vie d’un ballet. Dans le conte, une paysanne, Karen, se voit offrir une paire de chaussons rouges qui, une fois portés, vont la contraindre à danser sans interruption.

Transposé dans le monde de la danse, l’argument devient une histoire d’amour et d’ambition. Victoria Page, une jeune danseuse (Moira Shaerer) est l’égérie de deux hommes : le directeur et le chef d’orchestre du ballet Lermontov. Cette prestigieuse compagnie se produit dans monde entier, en particulier au Royal Opera House de Covent Garden, à l’Opéra de Paris et à celui de Monte-Carlo.A sa tête , Boris Lermontov (Anton Walbrook) n’est pas sans rappeller Serge Diaghilev, par son caractère  et son intransigeance artistique.   «La danseuse qui met son espoir dans l’amour chimérique d’un homme ne sera jamais une grande danseuse jamais!», dit-il à Victoria Page. Le danseur et chorégraphe Grischa Lioubov est interprété ici par Léonide Massine, un des favoris de Serge Diaghilev. C’est l’une des rares occasions de voir au cinéma un des partenaires essentiels de l’aventure des Ballets Russes. Marius Goring joue Julian Craster, l’amant de la danseuse, un musicien au caractère rigide :  pour lui la création ne doit faire aucune concession. Une longue séquence de vingt minutes (le film en dure cent trente ) est consacrée à la pièce Les Chaussons rouges. Chorégraphie dans laquelle on peut apprécier le talent de Moira Shaerer dans le rôle principal.

Réalisé en technicolor et restauré par Martin Scorsese, ce film aux couleurs remarquables nous transporte  dans les coulisses d’un ballet et nous fait vivre intimement le processus de création d’une œuvre chorégraphique avec ses joies et ses drames. Cette mise en abyme du conte est une réussite totale. A voir et revoir, en ces périodes de confinement.

Jean Couturier

Sur Arte tv jusqu’au 31 mai 2020.

https://www.arte.tv/fr/videos/018755-000-A/les-chaussons-rouges/  


Les spectacles face au Coronavirus/2

Les spectacles face au Coronavirus /2

Que le spectacle continue !

 Malgré de nombreuses inquiétudes concernant l’avenir, le moral des troupes ne semble pas flancher du côté des établissements culturels, artistes et compagnies: en témoigne un communiqué de Territoires de cirque. Fondée en 2004 à la suite de L’Année des Arts du cirque par ceux qui deviendront six ans plus tard les premiers Pôles nationaux des arts du cirque, cette association rassemble près de cinquante structures. Cette association est engagée dans le soutien à l’émergence, la création et la diffusion du cirque : Scènes nationales ou conventionnées, théâtres de ville, services culturels, lieux de patrimoine, ou établissements de production. Son président  Philippe le Gal, directeur du Carré Magique de Lannion (Côtes-d’Armor) envoie une message d’espoir aux circassiens: «Ne pas rompre les liens, penser demain, assumer aujourd’hui avec humilité et conscience que la lutte se mène là, tout de suite, sous nos yeux, ailleurs que dans nos théâtres, nos chapiteaux, nos espaces de création. »

 « Je sens que les gens prennent la situation avec philosophie», dit Olivier Saksik, attaché de presse qui, avec Elekronlibre, accompagne théâtres, compagnies  et  artistes. « Il y a a dit-il, quelques bonnes nouvelles : les rencontres Wet (voir Le Théâtre du blog)  auront finalement bien lieu au Théâtre Olympia, Centre Dramatique National de Tours du 16 au 18 octobre. Le festival Rencontre des Jonglages (voir Le Théâtre du blog), lui, se tiendra aussi à l’automne. «Les artistes essayent d’inventer d’autres  manière de travailler dit-il, et des projets sont nés du confinement. « 

une minute de danseEt bien dansez maintenant !

Ainsi, Une minute de danse par jour : la danseuse et chorégraphe Nadia Vadori Gauthier lance à tous, sans restriction d’âge ou de pratique, un appel à danser une minute par jour. « Danses de confinement /mode d’emploi. Sur Facebook : 1. Filmez-vous en plan fixe, cadre horizontal (comme au cinéma) pour une durée d’une minute et quelque (entre une min.et une min. 59 secondes, chez vous, dans votre chambre, salon, cuisine, espace de travail, boutique fermée, balcon, jardin, etc.  2. Ecrivez la date, le lieu et l’heure ; ajoutez  #uneminutededanseparjour et le @uneminutededanseparjour ; 3. Postez vidéo+texte sur la page Facebook. Une minute de danse par jour, en haut de page. Votre danse sera repostée chaque jour, dans le fil d’actualité. Sur Instagram : 1. Au format vidéo que vous voulez (horizontal, vertical ou carré) avec: #uneminutededanseparjour et le @oneminuteofdanceaday2. Une quinzaine de danses sont repostées chaque jour … »

 

A vos plumes et vos claviers ! Solitude(s)

Laëtitia Guédon, directrice des Plateaux Sauvages à Paris  avait initié, en partenariat avec la Comédie de Caen-Centre Dramatique National de Normandie, un projet d’écriture en direction de lycéen·ne·s de Paris, Aubervilliers et Hérouville-Saint-Clair.
Avec pour thème Solitude(s) : un sujet d’actualité. Elle invite donc tout le monde à écrire : « Il paraît, dit-elle, quand Shakespeare s’est retrouvé en quarantaine pour cause de peste à Londres, il s’est retiré à Stratford et a écrit Le Roi Lear. Dans cette période de retraite nécessaire, nous invitons chacun·e à écrire un court texte sur la thématique de la solitude et à nous envoyer son écrit. ». Ces témoignages seront mis en voix la saison prochaine. Les textes sont à envoyer : bientot@lesplateauxsauvages.fr

 A suivre…

 Mireille Davidovici

 https://territoiresdecirque.com/

https://www.elektronlibre.net/

https:// www.lesplateauxsauvages.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Face au Coronavirus, les établissements culturels solidaires des artistes

 

Face au Coronavirus, les établissements culturels solidaires des artistes

  »Annulez tout, mais payez tout le monde ! » lit-on  sur  le site Documentation.arts. Dans le même esprit, l’USEP-SV, l’Union syndicale des Employeurs du Secteur public du Spectacle vivant rassemblant Les Forces Musicales, Profedim, Syndeac et SNSP, en appelle à la solidarité demande au ministère de la Culture de jouer son rôle de prescripteur, dans le cadre d’une politique harmonisée avec l’ensemble des financeurs publics : «Nous demandons que les fonds de soutien conséquents et les dispositifs d’activité partielle mis en œuvre, s’adressent à l’ensemble des entreprises de notre secteur, afin que chacune soit en mesure d’assumer ses responsabilités (employeurs, frais engagés, droits d’auteur, etc.»

Une initiative exemplaire : celle  du Centre Dramatique National de Besançon « Les contrats d’achats de spectacles seront payés aux compagnies et ce malgré l’annulation de leur venue, à moins de trouver une solution de report avant la fin de l’année en cours. Les frais réels déjà engagés par les équipes artistiques seront remboursés et ce même s’il y a un report à court terme du spectacle. Les contrats de travail signés ou non avec les artistes et techniciens intermittents seront honorés jusqu’à leur terme. Pour les activités annulées pour lesquelles aucune embauche n’avait été encore planifiée : des embauches avec contrat de travail seront réalisées, comme si les activités s’étaient déroulées « normalement ».

 Samuel Churin, l’une des figures du mouvement des intermittents et précaires, rappelle que « le paiement des spectacles, événements, activités est une directive du ministre de la Culture». Pour honorer les engagements auprès des artistes, l’USEP-SV demande donc aux tutelles le versement immédiat et intégral des subventions. « La crise sanitaire sans précédent qui touche notre pays frappe de plein fouet les acteurs de la culture. Nous devons tout mettre en oeuvre pour assurer leur survie. C’est l’avenir même de notre modèle culturel qui est en jeu » a indiqué le ministre, Franck Riester. Il annonce 22 millions d’euros d’aides d’urgence (dix pour la musique, cinq pour le spectacle, cinq pour le livre et deux pour les arts plastiques) qui seront suivies par  »d’autres mesures spécifiques », pour   »répondre au risque de disparition des structures culturelles, notamment les plus fragiles ».

 Les intermittents et précaires sont dans l’expectative. Les syndicats d’employeurs demandent d’adapter les dispositifs de chômage partiel pour les contrats d’intermittents pour faire face à leurs engagements moraux, ce qui n’est pas encore prévu. Le S.N.E.S.  (Syndicat national des Entrepreneurs de Spectacle) représentant le spectacle privé précise que le secteur est essentiellement constitué de petites entreprises (moins de cinq à dix salariés permanents) qui emploient des artistes et des techniciens intermittents. Ceux-ci bénéficient d’une assurance-chômage spécifique, vu leur activité discontinue. Ils doivent réaliser 507 heures de travail en douze mois pour pouvoir être éligibles aux annexes 8 (techniciens) et 10 (artistes) de l’UNEDIC. Selon Pôle emploi, en 2017, le nombre de salariés intermittents du spectacle s’élevait à près de 272. 000 personnes et générait 2,4 milliards d’euros de masse salariale, pour un total de 108 millions d’heures travaillées. Cette année-là, 108.000 employeurs relevaient du champ d’application des annexes 8 et 10 de l’Assurance chômage. La moitié des contrats était effectuée dans le champ du spectacle vivant, et un tiers dans l’audiovisuel.

Le 19 mars, la Ministre du travail Muriel Pénicaud et le Ministre de la culture Franck Riester ont annoncé des « mesures exceptionnelles » pour les intermittents et les salariés du secteur culturel. Le gouvernement a décidé de  neutraliser, c’est-à-dire de ne pas prendre en compte le temps de confinement (depuis le 15 mars et jusqu’à une date inconnue), dans le calcul de la période de référence ouvrant droit à l’assurance-chômage pour les intermittents. De même, cette période sera neutralisée pour le versement des indemnités : ainsi, les intermittents et autres salariés du secteur culturel arrivant en fin de droits continueront à être indemnisés jusqu’à la fin de la période de confinement.

 Si le gel du calcul des droits offre un répit, les créateurs n’en restent pas moins inquiets. «Ces dispositifs permettent des lissages de trésorerie, guère plus. Aucun dispositif d’aide ne concerne spécifiquement les artistes », déplore Grégory Jérôme, membre du groupe Economie Solidaire de l’Art.  Le gel  a affolé tout le monde », dit Samuel Churin, au nom des intermittents et précaires mais il nous rassure : « Cela ne signifie pas que les heures ou cachets déclarés ne compteront pas. Il faut donc qu’une bonne fois pour toute, vous effaciez le mot: « gel » de votre vocabulaire. » (…) « Cette mesure-pansement signifie que l’on repousse la date anniversaire pendant le confinement. » Samuel Churin déplore que « certains administrateurs ne veulent pas déclarer les intermittents sous prétexte d’illégalité. Disons-le tout net : nous avons la garantie que c’est possible. L’arrêt des contrôles a été décrété. Nous sommes en période de crise. Il n’y a absolument aucun risque à déclarer un intermittent pendant ce confinement. »

 En l’absence de directive technique écrite et précise, le syndicaliste poursuit: « Du 1er mars 2020 au 15 mars 2021, à chaque date anniversaire (donc à chaque renouvellement), on regarde la situation de l’allocataire :
Cas 1 : les 507 heures (ou les critères d’accès des autres régimes) ont été effectuées : il y a donc renouvellement et c’est l’assurance chômage qui prend l’allocation en charge, avec ses règles de calcul habituelles. Cas 2 : Les 507 heures (ou les critères d’accès des autres régimes) ne sont pas trouvées, il y a donc renouvellement pour une nouvelle période de douze mois, à compter de cette date, sur la base du taux de la période précédente. »

 Il souligne qu’il n’est pas envisageable de faire payer la crise à la seule assurance- chômage. Il serait logique que l’État prenne sa part de rattrapage : « Selon un dispositif qui a déjà été effectif en 2004 et qui a fait ses preuves : un fonds provisoire.  Techniquement facile à mettre en place, il a prouvé son efficacité. Il y a transparence pour l’allocataire, qui percevra ses indemnités journalières de Pôle Emploi ».

Les indépendants et auto-entrepreneurs pourront recourir à l’aide de 1. 500 euros mise en place par le Fonds de solidarité. A condition d’avoir une baisse de chiffre d’affaires de plus de 70 % entre mars 2019 et mars 2020. L’U.R.S.A.A.F, qui gère le recouvrement des cotisations sociales des artistes-auteurs, a, de son côté, reporté l’échéance de paiement des cotisations dues normalement au 20 mars. Mais le secteur déjà en crise risque de faire les frais de ces épisodes successifs : mouvement des Gilets Jaunes, grèves contre la réforme des retraites et pour couronner le tout, arrêt des activités pendant le confinement. Et au-delà impossibilité de préparer les festivals d’été…

 Appel à la solidarité:  les théâtres demandent aux spectateurs qui ont acheté leur billet de reporter leur venue sur un événement de la saison prochaine. Ou mieux, ils les invitent à considérer le paiement de leur place comme un don, en soutien au secteur sinistré. Espérons que beaucoup répondront présents…

A suivre…

 Mireille Davidovici

 

 


Des nouvelles du théâtre confiné

Les Consultations poétiques du Théâtre de la Ville

Emmanuel Demarcy-Mota et Fabrice Melquiot réinventent aujourd’hui Les Consultations poétiques pour un théâtre ouvert et partagé qui s’adapte à la situation que nous vivons tous, avec et la troupe du Théâtre de la Ville. A l’heure où il n’est plus possible pour les consultants poétiques du Théâtre de la Ville de venir à votre rencontre dans les bibliothèques, les écoles, les cafés, les jardins, les centres commerciaux… ce temps d’échange suspendu et de poésie partagée s’offre par téléphone, du lundi au samedi de 10h 30 à 11h 30 et de 17h à 18h, jusqu’à la fin du confinement. C’est gratuit et pour tous les âges

Plus d’infos et inscription sur le site internet du Théâtre de la Ville, rubrique temps-fort https://www.theatredelaville-paris.com/fr/spectacles/saison-2019-2020/temps-forts/consultations-poetiques-par-telephone

Le SNES, Syndicat National des Entrepreneurs de Spectacles, salue les mesures d’aides à la filière musicale et au secteur du théâtre, annoncées ces derniers jours par le ministre de la Culture.  En cette période très difficile, il lui paraît essentiel qu’une solidarité s’installe entre tous les acteurs du secteur du spectacle vivant, touchés par les conséquences actuelles et futures de  cette épidémie… Le secteur surtout constitué de petites entreprises (moins de cinq à dix salariés permanents) qui, pour leurs spectacles, emploie surtout des artistes et techniciens en C.C.D. d’usage. Vu la crise actuelle,  les contrats de cession sont reportés en priorité, ou annulés. Dans un esprit de solidarité, le SNES propose aux structures d’accueil subventionnées de prendre en charge si possible tout ou partie, les coûts des plateaux artistiques et techniques,  les frais engagés et non récupérables des structures de diffusion (compagnies, entrepreneurs de tournées, producteurs…).

 Cela devrait préserver ainsi la rémunération des intermittents du spectacle et permettre aux entreprises qui diffusent les spectacles en tournée, de faire face aux dépenses engagées. Le SNES, deuxième syndicat représentatif du spectacle vivant privé, représente et défend près de 300 entreprises : producteurs, entrepreneurs de tournées, compagnies et lieux de spectacles (théâtre, variétés, humour, danse, opéra, musique classique, musiques actuelles, chanson, rock, jazz, cirque, jeune public…) Il demande aux pouvoirs publics, aux collectivités territoriales et aux professionnels concernés de favoriser ces mesures de solidarité.

Syndicat National des Entrepreneurs de Spectacles, 48, rue Sainte-Anne, Paris (II ème) T. : 01 42 97 98 99 syndicat@spectacle-snes.org / www.spectacle-snes.org Et les festivals, et la 74 ème édition du festival d’Avignon?

Ils ne sont pas annulés, du moins pour le moment mais impossible qu’il n’y ait pas de sérieuses répercussions sur leur programmation. Et Olivier Py le directeur ddu festival d’Avignon, en annoncera la programmation le mercredi 8 avril à 14 h. Le moment très attendu qu’est la conférence de presse à Avignon comme à Paris, ne pourra évidemment avoir lieu. Et toute la profession se demande comment arriver à résoudre la quadrature du cercle: les compagnies pourront-elles avoir le temps de répéter, puisque, Edouard Philippe l’a annoncé aujourd’hui, le confinement est prolongé… Comment monter des décors souvent importants dans la Cour d’honneur? Qu’en sera-t-il en juillet, alors que le public est d’habitude partout en rangs serrés dans les rues comme dans les salles ou les supermarchés dans le off comme dans le in? Et sera-t-il au rendez-vous, s’il doit travailler pour récupérer les heures de travail perdues ? Comme les petites compagnies très sévèrement touchées, aura-t-il bien même les moyens financiers de venir?

L’association qui gère le festival off d’Avignon a déjà décidé de retarder la date-butoir pour les inscriptions. Les compagnies, dit Pierre Beffeyte, ont désormais jusqu’à fin avril pour valider leur participation. Après, il faudra lancer l’impression du gros catalogue des spectacles… Il y en avait près de 1.600 l’an dernier. » Mais de nombreuses compagnies annulent leur venue. Une chose est au moins sûre: si le festival off et in a quand même lieu, ce qui reste à prouver: ce sera en dimension réduite et c’est le gouvernement qui en décidera vu la situation sanitaire de la France et de l’Europe dans deux mois.

Des questions lancinantes, quelle que soit la dimension des festivals d’été en juillet et août; qu’ils soient « de rue » comme ceux de Châlons ou d’Aurillac, ou de salles souvent en plein air comme Avignon ou Grignan, ne change rien à une situation encore trop floue. Mais on va sans aucun doute vers un certain nombre d’annulations, les reports étant impossibles pour des raisons de disponibilité du public… Paul Rondin, le directeur administratif du festival d’Avignon se veut rassurant: « Une compagnie d’Afrique du Sud qui devait répéter en Allemagne ne pourra pas venir. Mais les autres montent leur création comme elles peuvent, en répétant par Skype, par visioconférence, ou avec les moyens du bord.  »

« Il fallait du temps et il en faudra encore, dit-il mais il nous est vital de rester en conversation avec vous, dit Olivier Py, notre activité n’existe que par le collectif et nous apprenons dans ces temps d’isolement nécessaires à tisser autrement les liens qui nous permettront de nous retrouver au plus vite et de partager «en présence». Toutes les équipes, tous les métiers, cherchent, inventent dans ce contexte inédit. Vous dire ce jour et à cette heure comment se présentera exactement la 74e édition est difficile, mais il nous parait important de vous raconter celle que nous avons rêvée. « 

 Festival-Avignon.com, facebook avec des paroles d’artistes, des extraits d’œuvres et des questions-réponses Ph. du V.


Quelques pépites du temps passé à voir chez soi…

 

Quelques pépites du temps passé à voir chez soi…

Les institutions culturelles sont fermées mais en ces temps de confinement, Pierre Laporte Communication offre chaque semaine des initiatives digitales originales et gratuites pour continuer d’apprendre, découvrir, s’émerveiller, avec  l’art, le patrimoine, les spectacles mais aussi l’Histoire ou les sciences…
 
 Comme cette  immersion inédite dans la grotte Chauvet et ses 36.000 ans d’histoire. Un voyage au cœur de la toute première galerie d’art au monde rendu possible grâce à la plateforme Google Arts & Culture. Et avec zoom sur une œuvre, à  défaut de pouvoir découvrir le nouveau parcours du musée Cernuschi, le musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris, une exploration en vidéo de l’histoire du tigre en bois laqué de Sarah Bernhardt, l’une des œuvres emblématique de la collection..

Pour les plus jeunes, Paris Musées propose avec muséosphère de parcours ludiques dans les musées de la Ville de Paris. Au programme, visites à 360°, découvertes d’œuvres, objets, livrets pédagogiques !
 
Rendez-vous aussi au Cameroun avec le flûtiste virtuose Magic Malik et ses complices pour (re) découvrir de riches traditions chorégraphies et musicales. Un spectacle proposé par le musée du quai Branly – Jacques Chirac où il avait été joué en janvier…
 

Un peu de théâtre chez soi #1 au Nouveau Théâtre de Montreuil

Aller à la rencontre du spectacle vivant en temps de confinement, c’est possible ! sous forme de captations vidéo, audio ou de documentaires, avec ici les créations d’artistes  au Nouveau théâtre de Montreuil. Et pour commencer, une captation du spectacle de Mathieu Bauer créé en 2011. Il nous propose une traversée fulgurante dans l’underground du punk new-yorkais des années soixante-dix, l’un des mouvements culturels et musicaux les plus détonants de la fin du XXème siècle.

Le Festival Wet° 5

Une bonne nouvelle: après consultation des équipes artistiques, des lieux partenaires et de l’Institut Français, le festival WET°5  à Tours pourra être reporté du 16 au 18 octobre!
Une plateforme numérique alimentée par l’ensemble artistique et l’équipe du T°, dit Jacques Vincey son directeur, sera  disponible sur cdntours.fr/actualite. On peut ainsi faire une visite du Centre Dramatique National, visionner des spectacles qui y ont été créés, voir des photos, consulter le journal de création de Monuments Hystériques, avoir aussi accès aux vidéos réalisées ces derniers jours par l’équipe… et accéder aux autres propositions qui germeront au fil du temps !

 La Ferme du Buisson coconfinée

Des rendez-vous réguliers avec La Ferme coconfinée avec conseils culturels des artistes de la programmation, idées d’activités, lectures, de musique, courts métrages et feuilleton dessiné par Philippe Dupuy… Avec aussi chaque semaine, une lettre d’information de Vincent Eches et son équipe, reprenant une partie de ce qui se passe sur les réseaux sociaux.

Sur Facebook, Instagram ou Twitter 

Comment va le monde? de Marc Favreau,  mise en scène de Michel Bruzat

Ce spectacle avait été créé avec Marie Thomas, en 2016 au Théâtre des Déchargeurs, Paris (Ier) . Toute cette semaine, vous pourrez voir l’intégralité de la captation.

 

 


Entretien avec Muriel Mayette-Holtz

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Entretien avec Muriel Mayette-Holtz

 Actrice entrée à vingt ans à la Comédie-Française, elle en devint sociétaire trois ans plus tard ; elle fut professeur au Conservatoire National. Elle est la première femme nommée administratrice du Français en 2006 jusqu’en 2014.  Elle aura renouvelé le tiers de la troupe et réussi à établir une fréquentation de l’ordre de 90% pour les trois salles. Elle sera nommée en 2015 directrice de la Villa Médicis à Rome qu’elle quittera  il y a deux ans. Elue membre de l’Académie des Beaux-Arts, elle a été nommée directrice en novembre dernier, du Théâtre National de Nice…

-La liaison téléphonique de portable à portable  n’est pas bonne mais on va essayer de s’en sortir… Comment cela se passe dans un Théâtre National comme celui-ci en cette période difficile?

-Comme vous le savez, j’ai été nommée directrice il y a un peu plus de quatre mois. Premier point essentiel: nous essayons de garder le contact avec notre public. J’avais commence à donner ce que j’appelle avec cet Atelier de la Parole un cours d’oralité, deux lundis par mois. Ouvert à tous et absolument gratuit. Sont venues environ deux cent personnes à chaque fois. Une séance de travail avec exercices d’articulation, de diction,  lecture à haute voix  pour faire des progrès quand on doit s’exprimer en public… Il ne s’agit pas d’un cours de théâtre mais de comprendre le fonctionnement de « l’oralité”, s’entraîner à la prise de parole et découvrir aussi la magie d’une représentation. Ce rendez-vous n’est pas destiné aux acteurs mais à tous ceux qui souhaitent découvrir la puissance des mots.

-Et en ce moment?

-Bien sûr, ce n’est pas la même chose, le théâtre comme toutes les autres salles de spectacle est fermé mais le matin, sur le site du Théâtre National de Nice, je continue par vidéo à donner ces mêmes exercices et l’après midi tous les jours, je lis des contes sur le mythe de Thésée; cela s’adresse aux adultes comme aux enfants.
 De son côté, Muriel Szac, d’abord rédactrice en chef des magazines de Bayard Presse  Popi, Tralalire et Les belles Histoires, a ensuite créé il y a dix ans le département pédagogique Bayard Education qu’elle y dirige. Elle lit actuellement ses quatre feuilletons consacrés à la mythologie grecque en cent épisodes sur le site de cette maison d’éditions.

– Et en ces temps troubles, l’avenir de ce grand théâtre, quand on en est la directrice?

- Une chose au moins est claire: le confinement va durer encore plus d’un mois. Donc la fin de la saison est plus que compromise! Reporter les douze spectacles encore programmés? Pas simple; il faudra faire très attention et résoudre cela au cas par cas. On ne peut en effet pas revoir toute  la programmation à suivre; comme ailleurs, elle est est déjà bouclée ou presque. Et quand pourrons-nous en ouvrir à nouveau les portes? Sans doute pas avant la rentrée… Pour le moment, bien sûr, le théâtre reste absolument fermé et une partie de notre équipe continue à avoir  une activité en télétravail. Mais bon, le théâtre continue à exister dans toutes les âmes d’enfant…

Philippe du Vignal

 

 

 


Les artistes contre le Coronavirus ! Du côté des auteurs : Noëlle Renaude, Jacques Rebotier et les autres…

Les artistes contre le Coronavirus !

 

Du côté des auteurs : Noëlle Renaude, Jacques Rebotier et les autres…

 Confiné, le théâtre, se poursuit en ligne. En particulier, grâce aux auteurs dramatiques qui nous proposent des textes à lire ou à entendre sur internet à partir de leurs sites ou de Facebook . … Déjà Wajdi Mouawad, directeur du Théâtre de la Colline à Paris nous offre une écoute quotidienne de ses textes. Bien d’autres sont à leur table de travail pour partager avec nous leurs écrits. On va y découvrir des pépites…

 AVT_Jacques-Rebotier_1157Rebotier Con-finé par Jacques Rebotier

 Il conjugue tous les talents: il reçoit le Grand Prix de la Poésie SACEM 2009 et comme compositeur, le  Prix Musique SACD 2010. Jacques Rebotier s’apparente à la folle famille des dislocateurs de mots, de sons et de cerveaux. Performeur-né, il se joue des frontières entre les disciplines. Avec voQue, fondé en 1992, un ensemble de musique et compagnie verbale, il produit des concerts et spectacles. Ses pièces dérangeantes et joyeuses, allient une écriture exigeante à un esprit insolite. Il interprète aussi des Chansons climatiques & sentimentales avec un drôle de quatuor à cordes sur-mesure, naviguant, à oreille et à vue, dans un mix classique/pop, savant/populaire, acoustique/électronique, écrit/improvisé… dans tous les registres des écritures d’aujourd’hui. Jeux de langage, formes, glissements du son et du sens, son travail porte avec précision sur tous les aspects du phrasé et de l’articulation, intonation, accentuation, rythme, débit.

Pour nous dérider, l’auteur de Contre les bêtes (voir Le Théâtre du Blog) nous lit chaque jour un passage de sa  Description de l’omme (éditions Verticales, 2008). De quoi tenir une longue quarantaine.Un essai qui se plie aux contraintes formelles du genre encyclopédique pour décliner, les aspects anatomiques, sociologiques, ludiques, érotiques et métaphysiques ou encore climatiques de l’homme. Inspiré par la curiosité de ton et l’inventivité approximative des sciences avant le Siècle des Lumières, il propose un inventaire rabelaisien et déconstructiviste.

« Nos cerveaux confinés ont faim !  dit-il.  Chaque jour, pour se nourrir, rire, réfléchir, je vous propose un billet extrait notre encyclopédie en cinquante chapitres pour tout/rien comprendre sur notre espèce, et aussi les autres bêtes, la religion, les fleurs, la bourse, les… virus. Et nous allons piocher dedans, jusqu’à un total déconfinement. Comment ? Il manque un H à Omme ? Disons voir pourquoi à la fin. »

 Voici déjà en ligne :confiné 1 > anatomie par jennifer olive et jr (parlé et signé) ; confiné 2 > nutrition. excrétion. ; confiné 3 > vir. viril. viral. virus ; confiné 4 > restez couché ; confiné 5 > du sexe des fleurs par élise caron ; confiné 6 > la soupe des marchés

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Noëlle REnaude et Christophe Brault répétant Ma Solange…

Noëlle Renaude et ses jeux d’écriture

 Elle vient de publier son dernier roman Les Abattus, roman noir  aux Éditions Rivages Noir et nous fait cadeau d’une chronique journalière sur Facebook. Des jeux de Tante Mick à de savoureuses variations textuelles, elle enchante la langue française de nouvelles trouvailles. Ce confinement sera aussi l’occasion de relire ses œuvres depuis Le Renard du Nord, l’une de ses premières pièces, à Vues d’ici, Un avion tombe, On veut tout savoir (2019),  en passant par le mythique Ma Solange, comment t’écrire mon désastre, Alex Roux, (1996). Une somme de trois volumes, feuilleton créé en1994, au jour le jour, avec le comédien Christophe Brault. «  Ma Solange est devenu un texte un peu légendaire, dit-elle. On a beaucoup circulé, beaucoup inventé, beaucoup travaillé et bien, c’est ce qu’on se disait avec Christophe. Moi j’écrivais, on répétait, je réécrivais, on rerépétait, et on livrait. »

 Dans Noëlle Renaude, Atlas alphabétique d’un nouveau monde (2010) qui lui est consacré, le regretté Michel Corvin (voir Le théâtre du Blog) explore les territoires de l’autrice. Il  écrit dans la préface: « Immobile à grands pas, Noëlle Renaude arpente un monde qu’elle construit au fur et à mesure qu’elle pose sur lui son regard lucide et narquois, précis et impitoyable. « (…) « Silhouettes plutôt que personnages, embryons de situations plutôt que fictions, parlures imaginaires saisies au vol plutôt que langage bien élevé, tous ces véhicules d’une nouvelle écriture dramatique nous emmènent là où on s’y attend le moins. »

 A suivre…

 Mireille Davidovici

 http://www.rebotier.net/la-compagnie

 Noelle Renaude : Aujourd’hui tout savoir sur les moutons https://www.facebook.com/758789294/posts/10158230699374295/?d=n

 

La plus grande partie de l’œuvre théâtrale de Noëlle Renaude est publiée aux Éditions Théâtrales , qui par ailleurs, offrent pendant le confinement, chaque semaine, l’accès à deux  livres, l’un pour la jeunesse, l’autre pour les adultes.

Première semaine: dès neuf ans, Geb et Nout suivi de La Revanche des coquelicots de Françoise du Chaxel et pour les grands, Un concours de circonstances de Catherine Verlaguet.

 

 

 

 

 


Chers lecteurs

 

 


Photo Jim Caldwell

Photo Jim Caldwell

Chers lecteurs,

Nous recevons plein de beaux cadeaux de la part de théâtres ou de compagnies, à savoir des extraits de captations. Meredith Monk nous en a ainsi envoyé un d‘Atlas, un bel opéra qu’elle avait écrit et mis en scène et dont  nous avions vu autrefois la création à Houston (Texas). Et nous tenions à vous faire partager ces quelques minutes de bonheur visuel et musical:

 This week, we look back on Atlas, an opera in three parts (1991). Watch « Choosing Campanions from the 1992 performance of Atlas at Brooklyn Academy of Music and listen to Atlas on Spotify ECM Records, 1993.

Voilà, histoire de dire que nous ne vous oublions pas… Suivront aujourd’hui et les jours suivants régulièrement informations, interviews, textes sur le théâtre, la danse et le spectacle en général.

Philippe du Vignal


Café Ulysse, spectacle librement inspiré de l’Odyssée d’Homère, mise en scène de Jean-Jacques Fedida

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Café Ulysse, spectacle librement inspiré de L’Odyssée d’Homère, textes de Jean-Jacques Fdida et Francine Vidal, mise en scène de Jean-Jacques Fedida

 Cela se passait juste avant les mesures de confinement drastiques dans la grande salle municipale de Romagnat ( sept mille habitants)  à quelques kms de Clermont-Ferrand. Mais le spectacle est le plus souvent joué en plein air devant ce même petit café aux couleurs bleues comme on en trouvait encore il y a trente ans dans les îles grecques avant l’invasion touristique. Fait de bric et de broc avec chaises et petites tables rondes pour quelque cent spectateurs. Un décor bien conçu par Nicolas Diaz et tout à fait adapté au plein air comme à un espace fermé.

Les aventures d’Ulysse en Méditerranée servent de fil rouge mais il y a aussi de courts récits avec pour thème l’exil, l’identité, la petit maison natale mythique que l’on rêve de retrouver et des moments de vies actuelles comme celles d’une jeune Palestinienne, d’un réfugié, d’un paysan grec… le tout sur la musique parfois dispensée par un gros transistor.  Mais sans folklore inutile. Le spectacle donne la parole à tous ceux qui ont un jour ou l’autre croisé Ulysse dans son long périple : Nausicaa, Circé, Pénélope… mais aussi le cyclope Polyphème, Télémaque, le chien Argos…

C’est comme une sorte de conte-feuilleton-patchwork avec de courts ou plus longs récits et quelques dialogues. Un texte habilement tricoté, traduit simultanée par un des acteurs, notamment en langue des signes, ce qui donne une belle  résonance gestuelle à l’ensemble. « En mêlant à ces récits des récits contemporains, nous souhaitons mettre en perspective hier et aujourd’hui, pour mieux entendre à la fois l’Odyssée et nos destinées. »

Et on entend comme rarement, cette histoire invraisemblable et pourtant si juste et si vraie, mille fois adaptée notamment au cinéma et au théâtre, en BD et qui n’en finit pas de nous surprendre.  Soit ici sur trois heures avec des pauses café, thé verre de vin rouge ou d’ouzo entre les deux parties, elle-même coupées par un petit dîner. On pose d’abord quelques jalons empruntés à L‘llliade, histoire de rafraîchir les mémoires du public. « L’histoire commence en Grèce, sur l’île antique d’Ithaque montagne rocheuse couverte de forêts, croissant fertile juché entre mer et ciel, reine de beauté au cœur de son archipel. Un jour, une rumeur s’est faufilée :-C’est la guerre ! Il faut aller faire la guerre à Troie ! La guerre pour qui ? La guerre pour quoi ?-Nous allons chercher Hélène. La plus belle des grecques ! Elle a fui avec son amant. Vous savez, quand une femme quitte sa maison, le monde s’effondre, c’est vrai. Mais ils allaient jusqu’à dire qu’Hélène qui s’en allait pour une autre nation, c’était de la haute trahison. On a même envoyé Ulysse, l’homme aux milles ruses, pour négocier la paix… Mais les Grecs ne voulaient pas renoncer à Hélène. »

Petit rappel aussi de personnages moins connus comme Euryloque. « Ce nom ne vous dit rien, hein ? Vraiment rien ? Il appartenait pourtant à la famille d’Ulysse. Il était son beau-frère et son second d’équipage, lui aussi avait grandi sur l’île escarpée d’Ithaque.  Et il y a quelques courts textes additifs avec  allusions à l’actualité : « Nous, dans ce village de Crète, nous sommes de vieilles famille et, avec des oliviers qui ont plusieurs siècles, nous faisons de l’huile d’olive. Mais, aujourd’hui, ils font une huile d’olive pas chère, européenne, qui n’a plus aucun goût. Résultat : la nôtre ne se vend plus… Même nos enfants s’en vont. Ils disent qu’ils veulent «un monde qui bouge ». Notre fille est partie vivre à Thessalonique et notre fils, au Portugal ou en Italie, je ne sais plus. »

 Reinier Sagel, néerlandais, Francine Vidal, française et Fatimzohra Zemel, algérienne parlent tous le français mais Fatimzohra Zemel souvent l’arabe et un peu d’italien mais tous les trois le français et les deux actrices la langue des signes. Histoire sans doute de montrer que la Méditerranée est un creuset de langues dont les habitants en parlent tous un peu quelques-unes… Les comédiens -excellentes diction et gestuelle- ont une solide pratique du conte et les  nombreux enfants et adolescents écoutaient avec une grande attention, cette réinterprétation du mythe d’Ulysse.

Côté mise en scène, c’est plus flou et disait notre grand maître Bernard Dort, il faudrait resserrer les boulons de cette mise en scène qui a déjà pourtant été jouée. Les allers et retours depuis l’intérieur du café sont artificiels et il y a des longueurs.Côté dramaturgie, pourquoi ces traductions simultanées permanentes en français ou en langue des signes qui ralentissent le jeu et forment un mille-feuilles d’informations pas ?  Un clin d’œil de temps à autre aurait suffi. Il y a des moments comme le combat d’Ulysse et du Cyclope bien traités et vivants. Mais la rencontre et la vie d’Ulysse avec Circé puis Nausicaa, son retour dans sa chère Ithaque  restent assez sommaires et sans grande poésie ni émotion. On ne “voit” pas vraiment le fameux massacre des prétendants par Ulysse ni le personnage de Pénélope. Dommage!

Et on ne comprend pas bien l’introduction assez artificielle de ces bribes de récits contemporains: cela ne fait pas vraiment sens et nuit à l’unité de l’histoire. Quant à ces pauses sympathiques, elles cassent le rythme. Comme ce repas qu’il aurait mieux valu servir sous forme plus légère et directement aux spectateurs. Ce qui aurait économisé beaucoup de temps. Cela dit, joyeux de ne pas être encore confinés, ils avaient l’air content d’être ensemble à écouter cette fabuleuse aventure mais ne se doutaient pas encore de ce qui l’attendait dans la semaine à venir…
Un spectacle est parfaitement rodé: il a beaucoup été joué notamment au Festival Chahuts, Bordeaux, à Chalon dans la rue In, à la Biennale urbaine du Spectacle, Romainville, à la Maison du Conte, Chevilly-Larue, au festival Les Arts du Récit en Isère, à La Minoterie, Dijon , au Théâtre du Rabot de Semur-en-Auxois, à la Fête de la Ville, Saint-Denis, à la Médiathèque de Riom. Mais il demanderait à être remis en forme c’est à dire… en scène. Ce récit par ailleurs  très vivant, de la fabuleuse  épopée d’Ulysse le mérite bien. “Il y a aura eu d’abord pour nous comme une fraîcheur d’eau au creux de la main. Après quoi, on est libre de commenter à l’infini” si l’on veut, écrivait Philippe Jaccottet dans L’Avertissement de sa belle traduction de L’Odyssée.

 Philippe du Vignal

Spectacle vu le 14 mars à la salle des fêtes de Romagnat (Puy-de-Dôme).


Vessel chorégraphie de Damien Jalet

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Vessel chorégraphie de Damien Jalet

Voici, après Ils n’ont rien vu  de Thomas Lebrun (voir Le Théâtre du Blog), une nouvelle collaboration franco-japonaise qui réunit un chorégraphe français et l’artiste et scénographe japonais Kohei Nawa. Une œuvre exceptionnelle, créée lors d’ une résidence à la Villa Kujoyama à Kyoto.

L’année dernière, le Français, artiste associé au théâtre national de la danse de Chaillot, avait, dans Skid, fait évoluer ses interprètes sur un toboggan géant. Ici, il place sept danseurs -six Japonais et un Grec- sur un plan d’eau. Au centre de cet espace, une sorte d’ilot blanc bouillonne comme de la lave : c’est un matériau presque vivant, le katakuriko, fait de fécule de pomme de terre.

Les artistes sont confrontés à deux contraintes : on ne voit pas leurs leurs visages,  ce qui les fait ressembler à d’étranges insectes suivant les combinaisons des corps  et dans le dernier quart d’heure, ils sont confrontés au katakuriko qui devient solide quand ils le manipulent mais liquide, quand ils s’en éloignent. «C’est une vraie performance, dit le chorégraphe. Pendant une heure, être dans toutes ces positions sans jamais se montrer, passer d’un milieu solide à un milieu liquide pour aller vers quelque chose entre ces  états, avec toute cette imbrication et la notion d’intimité qu’elle suppose, -ils sont parfois complètement imbriqués les uns dans les autres-  c’est  très rigoureux.»

Les musiques « new age » de Marihiko Hara et Ryùichi Sakamato et les faibles lumières rasantes de Yukoko Yoshimoto renforcent l’étrangeté de cette pièce, dont l’esthétique rappelle celle de la troupe Sankai Juku. Et chacun peut interpréter les images  selon sa propre sensibilité.

Cette œuvre, plébiscitée au Japon, pourrait trouver sa place dans un musée d’art moderne. «Dans ce pays, il n’y a pas de culture de la danse contemporaine, ils n’en sont pas si fans, dit Damien Jalet. Ce que nous avons crée, entre sculpture et danse, a finalement fait venir beaucoup de gens. Ils ont été captivés».  Le public parisien a eu la chance de découvrir ce spectacle…

Jean Couturier

Le spectacle a été présenté du 6 au 13 mars à Chaillot-Théâtre national de la danse, 1 place du Trocadéro, Paris (XVIème). T. : 01 53 65 30 00.


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