Fantasio d’Alfred de Musset, mise en scène de Denis Podalydès.par Philippe Du Vignal

 

On connaît sans doute un peu la fable  de cette pièce écrite par Musset (et finalement pas très souvent jouée),quand il n’avait pas encore trente ans. Fantasio , dans une Allemagne  de convention romantico-féodale est un de ces personnages à la fois cyniques et révoltés, qui ne se sait pas quoi faire des forces vives de sa jeunesse, sinon rêver d’un grand destin s’il s’offre à lui. Justement. Saint-Jean, le pauvre bouffon du roi vient de mourir, et  Fantasio décide de prendre sa succession, afin d’échapper à ses créanciers et d’éviter à la belle princesse, un mariage avec le prétentieux et fat Prince de Mantoue, ce qui permettrait à son roi de père  de faire l’épargne d’une guerre. La belle princesse échappera au mariage, mais la guerre ne sera pas évitée et Fantasio, dont la princesse remboursera les dettes, restera en prison….

 La pièce qui se termine mais ne finit pas vraiment est, comme le dit justement Denis Podalydès, « l’expression d’une mélancolie d’autant plus profonde, en fait, qu’elle se montre joyeuse, ironique et farcesque. » L’écriture de Musset est souvent brillantissime, notamment dans le prologue de la pièce, et les personnages, sont le plus souvent esquissés, comme dans une joyeuse improvisation: bref, de quoi faire rêver plus d’un metteur en scène, s’il veut bien jouer le jeu de Musset…
 Reste donc à traduire scéniquement cette fantaisie ironique et cette légèreté de bulle de savon, cette folie qui éclate dans une immense tristesse. La tâche n’est certes pas facile  mais la mise en scène comme la direction d’acteurs de Podalydès est appliquée et consciencieuse, et le plus souvent sans rythme, bref sans cette espèce de folie qui devrait balayer le plateau, encombré d’une tournette qui ne sert pas à grand-chose sinon qu’à  parasiter l’espace. Quant aux acteurs, on a l’impression qu’ils ne se sentent pas vraiment à l’aise ( cela s’arrangera sûrement ) et Cécile Brune est la seule en Fantasio qui réussit à être vraiment convaincante. Dommage pour Musset qui méritait mieux, dommage pour le comédiens et dommage aussi pour ceux qui auraient bien aimé entendre le langage de Musset plus subtilement mis en scène…

Philippe du Vignal

Comédie-Française, salle Richelieu en alternance


Archive pour 25 septembre, 2008

Fantasio d’Alfred de Musset, mise en scène de Denis Podalydès.par Philippe Du Vignal

 

On connaît sans doute un peu la fable  de cette pièce écrite par Musset (et finalement pas très souvent jouée),quand il n’avait pas encore trente ans. Fantasio , dans une Allemagne  de convention romantico-féodale est un de ces personnages à la fois cyniques et révoltés, qui ne se sait pas quoi faire des forces vives de sa jeunesse, sinon rêver d’un grand destin s’il s’offre à lui. Justement. Saint-Jean, le pauvre bouffon du roi vient de mourir, et  Fantasio décide de prendre sa succession, afin d’échapper à ses créanciers et d’éviter à la belle princesse, un mariage avec le prétentieux et fat Prince de Mantoue, ce qui permettrait à son roi de père  de faire l’épargne d’une guerre. La belle princesse échappera au mariage, mais la guerre ne sera pas évitée et Fantasio, dont la princesse remboursera les dettes, restera en prison….

 La pièce qui se termine mais ne finit pas vraiment est, comme le dit justement Denis Podalydès, « l’expression d’une mélancolie d’autant plus profonde, en fait, qu’elle se montre joyeuse, ironique et farcesque. » L’écriture de Musset est souvent brillantissime, notamment dans le prologue de la pièce, et les personnages, sont le plus souvent esquissés, comme dans une joyeuse improvisation: bref, de quoi faire rêver plus d’un metteur en scène, s’il veut bien jouer le jeu de Musset…
 Reste donc à traduire scéniquement cette fantaisie ironique et cette légèreté de bulle de savon, cette folie qui éclate dans une immense tristesse. La tâche n’est certes pas facile  mais la mise en scène comme la direction d’acteurs de Podalydès est appliquée et consciencieuse, et le plus souvent sans rythme, bref sans cette espèce de folie qui devrait balayer le plateau, encombré d’une tournette qui ne sert pas à grand-chose sinon qu’à  parasiter l’espace. Quant aux acteurs, on a l’impression qu’ils ne se sentent pas vraiment à l’aise ( cela s’arrangera sûrement ) et Cécile Brune est la seule en Fantasio qui réussit à être vraiment convaincante. Dommage pour Musset qui méritait mieux, dommage pour le comédiens et dommage aussi pour ceux qui auraient bien aimé entendre le langage de Musset plus subtilement mis en scène…

Philippe du Vignal

Comédie-Française, salle Richelieu en alternance

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