LE SONGE D’UNE NUIT D’ÉTÉ . ateliers Berthier 15 novembre par Edith Rappoport

 

De William Shakespeare, mise en scène Yann-Joël Collin, compagnie La nuit surprise par le jour

“Berthier n’est plus qu’un vaste bazar. Yann-Joël Collin, dès avant l’été avait annoncé son intention de brouiller la distinction entre scène et salle, espaces réservés au public et zone consacrée à l’aire de jeu”…Le songe d’une nuit d’été est ma pièce préférée de Shakespeare depuis le lycée de Saint Germain en Laye, une dissertation pour Madame Boutang et des souvenirs fulgurants parmi d’autres des mises en scène de Mnouchkine au cirque Médrano dans les peaux de chèvre, de la blancheur immaculée de Peter Brook et ses trapèzes au Théâtre de la Ville et plus récemment celle du Footsbarn sous chapiteau à la Cartoucherie dont j’ai parlé dans ce blog.

C’est une vraie troupe qui a escaladé courageusement ce pic avec l’axe bienfaisant du désordre et des acteurs qui se donnent à fond. On pénètre dans une salle en U, un grand bar sert à boire et à manger, on est filmés qur grand écran dans un vacarme de musique pop. Le duc d’Athènes, Hyppolita et Egée sont à la régie, Hermia, Lysandre, Démétrius et Héléna sont convoqués avant de s’enfuir dans leur nuit haletante. Puck est un magicien d’opérette, on transforme la salle pour le dernier acte en rajoutant des bancs et on convoque un spectateur pour tenir de rôle de la lune dans Pyrame et Thisbée joué par les artisans. Malgré toutes les imperfections, ce spectacle encore en devenir m’a ravie.

 

Edith Rappoport


Archive pour novembre, 2008

Le Songe d’une nuit d’été

Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, mise en scène de Yann-Joël Collin, traduction et adaptation de Pascal Collin

Imaginez, pour ceux d’entre vous qui ne la connaissent pas, une grande salle- autrefois réserve à décors de l’Opéra-Comique-toute en béton, aménagée avec un gradin frontal muni d’un bar en haut et d’un autre en bas, et deux gradins latéraux pour le public. Au centre, quelques praticables  simples et un rideau. Il y aussi un petit orchestre rock, des guirlandes de lumière un peu partout, une caméra-vidéo retransmettant le visage des spectateurs qui entrent et, plus tard celui des comédiens qui jouent un peu partout dans la salle. Déjà souvent vu mais bon…

On demande à quelques spectateurs de venir se mêler aux acteurs : on n’est pas du tout, on l’aura compris dès les premières minutes, dans l’illusion mais plutôt dans une sorte de lecture personnelle de la pièce par Yann-Joël Collin. Les acteurs, en vêtements de ville tout à fait banals et assez laids, munis la plupart du temps de micros HF, hurlent, courent, montent sur les praticables, éclairés par une poursuite-lumière, en redescendent pour aller jouer dans les rangs du public, et chantent parfois des passages du texte.

Tout ce bric-à-brac scénique, finalement assez racoleur, inspiré du cirque et du music-hall, trop utilisé ces dernières années, a pris un sacré coup de vieux et est surtout dénué de la moindre efficacité. « La théâtralité suraffirmée, dit Yann Joël Collin, par cet improbable mélange, permet de débarrasser la scène de toute inscription réelle ou mythique qui daterait la fiction ou soumettrait la scène à l’histoire, la philosophie ou la littérature » (…) « L’aveu que l’histoire et ses personnages sont un décorum fixe l’attention sur l’essentiel: la situation rendue à son essence et à son exemplarité ». On veut bien! Mais heureusement, le spectacle échappe en partie à ce galimatias pseudo-théorique, et il y a de très belles images, malgré de sérieux problèmes de rythme. La  version initiale les premiers jours, durait quatre heures sans entracte! Et la deuxième avec entracte, dure toujours quatre heures… Vous êtes donc prévenus! Ce qui ne correspond pas à la durée normale de la pièce mais, comme l’attention du spectateur est constamment sollicitée, cela arrive tant que bien que mal à passer.

Grâce surtout, à quelques acteurs formidables comme Alexandra Scicluna, Cyrille Bothorel ou Eric Louis. Mais le spectacle et Yann Joël Collin le dit honnêtement-est du théâtre expérimental- la pièce ici semble avoir été lavée et essorée à la machine, et il y manque quand même un sacré parfum de rêve et d’érotisme. Comme on a tiré le texte plutôt vers son aspect farcesque, on a surtout l’impression d’une jeune compagnie de comédiens très unis, qui, dans le sillage d’Antoine Vitez leur maître à plusieurs, s’amusent au sortir de l’école, à nous montrer leur savoir-faire, avec, disons, une certaine complaisance…

Mais sans vouloir offenser personne, la bande de joyeux drilles qui a déjà un beau parcours derrière elle, frise maintenant la quarantaine… Et, comme la pièce ne se laisse pas faire, cela ne fonctionne pas tout à fait. Le moment le plus réussi étant sans doute la fameuse scène de Pyrame et Thisbé. Quant au public, il semble partagé: la professeur de collège qui était près de nous, avait le plus grand mal à faire garder le silence à ses adolescents qui ne s’intéressaient guère aux scènes proposées, sauf à celle de Pyrame et Thisbé, sans doute la plus réussie. L’étiquette: théâtre expérimental, dixit le metteur en scène-a bon dos et a été trop galvaudée, et ce n’est pas une bonne bonne carte à jouer, surtout dans une grande salle, comme celle des ateliers Berthier.

Le plus émouvant pour nous-et sans doute pour nous seul l’autre soir- était de voir dans la salle les jeunes comédiens, issus de la dernière promotion de l’Ecole du Théâtre national de Chaillot, mise à mort il y a deux ans par les bons soins du Ministère de la Culture et d’Ariel Goldenberg. Ils avaient monté une très belle adaptation de Roméo et Juliette beaucoup jouée dans le Midi, et regardaient leurs aînés sur scène.
Alors à voir? Oui, pour les comédiens et l’esprit de troupe assez rare aujourd’hui; non, pour l’adaptation, la mise en scène et la durée excessive du spectacle; s’il était resserré, les choses iraient déjà autrement.. A suivre donc mais Yann Jöel Collin a fait beaucoup mieux, en particulier avec une remarquable mise en scène d’Henry IV du même William Shakespeare.

Philippe du Vignal

Odéon-Ateliers Berthier, rue André Suarès Paris XVIII ème.

Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare mise en scène de Yann Joël Collin – La nuit surprise par le jour. Irène Sadowska Guillon

Ce n’est pas du théâtre de Shakespeare orthodoxe, loin de là. On est dans un Songe d’une nuit d’été revisité par Yann Joël Collin et sa joyeuse bande, épaulés dans cette noble tâche par la traduction adaptation de Pascal Collin, très adéquate au projet. Cette version française de la pièce oscillant entre une langue archaïsante et contemporaine.
A l’entrée de la salle, on nous avertit qu’il s’agit d’une fête et qu’une participation des spectateurs est sollicitée. En effet, cela a l’allure d’une fête, d’un bal du samedi soir ou d’une boîte de nuit.


songe.jpg Les gradins entourent de trois côtés l’aire du jeu. Avant que le spectacle ne commence deux bars- buvettes se font face. Ambiance animée, décontractée, et l’orchestre installé dans les gradins joue,  des spectateurs flânent. Un acteur avec une caméra filme les arrivants dont les images sont projetées simultanément. Dans le public, beaucoup de jeunes, visiblement ravis. Certes, ils s’y peuvent s’y retrouver : cela ressemble à un show télévisé.
Le spectacle commence par un « et maintenant », à la façon d’un animateur d’émissions,  style Michel Drucker.

Cela se passe dans un divertissement télévisé, ou une boîte de nuit : jeu de lumières, micros, images d’acteurs en train de jouer projetées, orchestre rock, et certaines parties du texte sont chantées. Titania et Obéron dansent en disant leur texte, casting des artisans pour jouer l’histoire de Pyrame et Thysbé sur le mode de :«J’appelle Untel », jeu clownesque de Pyrame, espace de jeu éclaté instantanément dans les gradins et dans la salle. Les intrigues de la pièce, avec quelques ajouts et commentaires intercalés, se suivent dans une profusion d’images et d’effets : ombres chinoises, personnage suspendu en l’air par une corde, numéros de music-hall, etc. Avec un jeu débordant d’énergie. Des costumes pour la plupart contemporains. Sur un rythme  très rapide, on va de surprise en surprise. Avec une excellente technique, tout fonctionne à merveille, réglé au quart de poil, comme à la télé.
Pendant quatre heures, on ne s’ennuie pas une seconde, mais que retire-t-on de ce jubilant carnaval?

Irène Sadowska-Guillon

Théâtre de l’Odéon-Ateliers Berthier rue André Suarès, Paris XVIIIème jusqu’au 18 décembre.

Bobigny, suite du feuilleton…texte et interprétation de Muriel Mayette,administratrice de la Comédie-Française, depuis Sofia, au micro de Laure Adler, samedi 14 novembre

Bobigny, suite du feuilleton…texte et interprétation de Muriel Mayette,administratrice de la Comédie-Française, depuis Sofia, au micro de Laure Adler,  samedi 14 novembre

 

 » Ce que je trouve attristant, dit  sans scrupules Muriel Mayette, c’est qu’on résume cette réflexion à » pour ou contre la Comédie-Française à Bobigny »… Qui est- ce » on »,  non désigné? Serait-ce la presse radio, papier, télévisuelle, électronique, les auditeurs et lecteurs, le public? C’est un bon vieux truc, quand il y a, comme on dit,  un dysfonctionnement grave, de trouver vite fait un bouc émissaire comme bouclier.
 » Dommage que le projet ait été calomnié sans qu’on ait commencé »…  de façon aussi péremptoire…. Là ,une petite précision s’impose; Muriel Mayette sait bien que cela s’est passé de toute autre façon: ce n’est pas le projet en lui-même qui a été condamné, (même si, entouré d’un flou aritistique, il prenait déjà l’eau),mais la méthode qui consiste à passer en force, ce qui est inadmisssible de la part d’un Ministère, d’autant plus qu’il n’y avait aucune urgence… « Si cela a été tellement polémiqué, cela révèle des peurs « , a-t-elle ajouté. Ben,voyons, c’est un peu trop facile, non? Bien sûr, que cela révèle des peurs, y compris et surtout celles du personnel et du directeur de la Maison de la Culture de Bobigny , puisqu’on a tenté encore une fois de faire les  choses sans aucune concertation, et sans leur demander le moindre avis préalable. Une question: qu’aurait-elle fait, elle,  Muriel Mayette, si elle avait été à la place de Patrick Sommier ou si elle avait fait partie de ce personnel inquiet à juste titre? Probablement, la même chose…
Muriel Mayette ferait bien de se souvenir  des tentatives d’OPA sur des entreprises et de  leur personnel à qui on avait  dit: « non, non, ne vous en faites pas, tout va bien; personne ne sera licencié,c’est juste une entreprise de délocalisation limitée mais, encore une fois, le site ne sera pas touché ». Deux ans après, l’entreprise fermait. Que Muriel Mayette annonce que Bernard Faivre d’Arcier ( ex-directeur du Festival d’Avignon) ait été missionné, nous ne pouvons que nous en réjouir, mais BFA n’ a pas de baguette magique et il faudra qu’il ait une bonne dose d’imagination pour remédier à tant d’inutile gâchis.Si on avait fait appel à lui dès le départ , on peut être sûr que les choses se seraient passées correctement.  » Essayons de ne pas mentir, ayons le courage d’inventer le paysage de demain »,  ajoutait samedi l’administratrice du Français: voilà qui est bien dit… Mais un peu tard sans aucun doute!

 

Philippe du Vignal

 

(A suivre)

LES SIRÈNES DE BAGDAD Théâtre de Vanves

Théâtre de Vanves,de Yasmina Kadra, mise en scène René Chéneaux, compagnie Kick Théâtre

Ces trois voix pour les sirènes de Bagdad, sont celles de Rachid Benbouchta, Farid Bentoumi et Cathrine Le Hénan. Les acteurs se déploient dans un espace bifrontal, sur une piste ocre -les spectateurs doivent se déchausser avant de gagner leur siège-, ils nous content des histoires terribles sur la guerre en Irak, l’assassinat par des marines d’un jeune handicapé blessé que son père emmène au dispensaire, la fuite d’un jeune homme pacifiste parti s’engager après une intrusion humiliante des américains, en pleine nuit dans son foyer familial.. J’ai été simplement saisie

Editn Rappoport

Trois voix pour Les Sirènes de Bagdad de Yasmina Khadra, mise en scène de René Chéneaux par Philippe du Vignal

 

D’abord ,quelques mots sur l’auteur; de son véritable nom: Mohamed Moulessehoul, algérien né à Oran il y a 53 ans.  Officier supérieur dans les rangs de l’armée,il prendra sa retraite et se mettra à écrire un certain nombre de romans, notamment policiers qui auront beaucoup de succès- il a été traduit en trente six langues- grâce à son personnage fétiche le commissaire Brahim Lob. Il ne dévoilera sa véritable identité qu’en 2001, alors qu’il était déjà bien connu des milieux littéraires. Dans Les sirènes de Bagdad que René Chesneaux a adapté au théâtre, Yasmina Khadra retrace  quelques moments de l’itinéraire d’un jeune irakien poussé vers le terrorisme  par les exactions de l’armée américaine et qui accepte d’aller propager un virus qu’on lui a inoculé chez l’ennemi. Mais il finira par renoncer à prendre l’avion… C’est, on l’aura compris, la question qui tenaille de nombreux jeunes tirailllés  par un choix impossible entre Orient et Occident.
  Il y a trois personnages: deux hommes et une femme(  Rachid Benboutcha, Farid Bentoumi et Catherine Le Hénan) qui essayent  plutôt mal que bien de donner vie à une prose qui n’est quand même pas d’une qualité fabuleuse  et qui ne convient pas à une transposition scénique, où le dialogue devrait trouver toute sa place. ll y a bien le récit d’une horrible perquisition dans une pauvre maison: c’est un des rares moments où il y a l’amorce de quelque chose . Mais, finalement, sur cette scène bi-frontale avec deux rangées de chaises de chaque côté ( même pas attachées au mépris des règles élémentaires de sécurité), il ne se passe pas grand chose: sans doute en partie à cause d’une mise en  scène et d’une direction d’acteurs assez flottante.
  L’adaptation d’un roman sur une scène peut, de temps à autre,  produire produire d’excellents spectacles comme le très fameux David Copperfield mis en scène par jean-Claude Penchenat, où jouait notre amie blogueuse Christine Friedel, mais c’est assez rare. Il faut déjà bien viser, et ensuite -on y revient souvent- concocter , après mûre réflexion, une dramaturgie et un scénario de premier ordre, sinon on court tous les risques d’aller droit dans le mur.
  A voir ou pas?  Non, la vie est courte et vous pouvez vous épargner la visite… Malgré la beauté du lieu- ancienne petite usine intelligemment restaurée- deuxième salle du théâtre de Vanves. A lire? Peut-être, si vous aimez les romans de Yasmina Khadra.

Encore aujourd’hui, à 20h30, salle Panopée ( du nom d’une néréide, déesse de l’antiquité grecque), à Vanves.
 

Bobigny, faim d’une fin par Philippe du Vignal

 

On se souvient sans doute du feuilleton de l’automne où la Comédie- française ou plutôt son administratrice, Muriel Mayette et les services compétents du Ministère de la Culture avaient concocté une sorte d’ O.P.A. sur la Maison de la Culture de Bobigny; une réunion avait même été organisée au Ministère, mais sans que le principal intéressé- Patrick Sommier, le directeur- soit invité! La Maire de Bobigny se félicitait- un peu trop vite- lors d’une conférence de presse, de l’arrivée du Théâtre national. Mais pas de chance, une semaine après, les acteurs de la célèbre maison refusaient de collaborer à ce » beau projet ».
Depuis,  M. Hirsch,le directeur des Spectacles au Ministère avait déclaré que le projet suivait son cours , jusqu’à une interview de la Ministre de la Culture mardi dernier sur France-Inter: madame Albanel, sans doute  indiquait qu’il fallait marquer une pause, mais que c’était un « beau projet « et qu’elle avait l’intention de continuer à y travailler.  » Je vais voir avec Muriel Mayette et les comédiens ce que l’on peut faire « . Le nom de Patrick Sommier n’était même pas cité dans l’interview diffusé… Elégant, non?
Tout se passe comme s’il était urgent d’attendre, voire de nommer une commission pour enterrer la question. On sait ce que veut dire en langage ministériel « marquer une pause »…. En attendant la suite du feuilleton dont nous vous tiendrons informés, les feuilles mortes se ramassent à la pelle, comme disait Prévert qui vouait une haine tenace à Paul Déroulède, le chantre académique et suffisant de la guerre de 14. Mais ceci est une autre histoire…
Tenez, encore une petite citation pour le voyage,qu’on avait oublié de vous envoyer à l’occasion du 11 novembre:  » Les vivants ferment les yeux des morts et les morts ouvrent les yeux des vivants »  in Platonov de Tchekov. Pas mal, non ?

Philippe du Vignal

Théâtre de bouche de Gherasim Luca, mise en scène de Claude Merlin par Philippe du Vignal

Gherasim Luca était né à Bucarest en 1913 et a été à l’origine du groupe surréaliste roumain avec de parfaits inconnus comme… Tzara, Brancusi et Brauner, pour ne citer que les plus célèbres.Il s’installera à Paris en 52 où-sans papiers toute sa vie- il vivra pauvrement . Expulsé de son appartement, il se jette dans la Seine en 94. Entre temps, il aura écrit une vingtaine de recueils  poétiques qui ont suscité l’admiration de bien des gens (dont Deleuze et Guattari) qu’il lisait souvent lui-même en public.
Tapez Luca sur Google, vous pourrez même y entendre sa voix; ses textes ont été plusieurs fois adaptés pour la scène mais c’est sans doute la première fois  qu’est montée sa seule pièce de théâtre. Claude Merlin s’y est employé avec beaucoup de bonheur et d’intelligence. Parmi beaucoup de soirées perdues, celle-ci fait figure d’exception. Théâtre de bouche est une suite de tableaux intitulés: Qui suis-je, L’Evidence, La Contre-Créature, Le Meurtre, Les Idées, La Discorde, Les Vaincues et La Durée.
Cela sonne un peu comme des titre de pièces de Couperin… Luca  joue une heure durant, avec la syntaxe de la langue française qu’il connaît et pratique admirablement; il arrive ainsi à créer avec jubilation des jeux de mots  à tiroir qui provoquent de formidables images poétiques. Le début, une sorte de choeur à six ,ne fonctionne pas encore très bien mais la suite est tout à fait remarquable: Claude Merlin a su, avec une mise en scène efficace et quelques accessoires très simples, donner un forme théâtrale de premier ordre à cette cette suite de tableaux.
Comme les jeunes comédiens: Céline Vacher, Jean-Michel Susini, Anne-Lise Main, Bruno Jouhet, Lazare et Francisca Rosel-Garcia sont bien dirigés, ce Théâtre de bouche, encore un peu vert (mais c’était la première), devrait rencontrer un succès mérité. Reste à trouver les  structures  qui voudront bien l’accueillir ,mais on connaît la solidarité du milieu… En tout cas, ce serait vraiment dommage que le public ne puisse savourer la poésie de Gherasim Luca, mise en scène par Claude Merlin.

 

Philippe du Vignal

 

Encore aujourd’hui et demain samedi, à 16 heures au Théâtre Berthelot , 6 rue Marcelin Berthelot à Montreuil, tout près du Métro  Croix de Chavaux.

L’histoire du communisme racontée aux malades mentaux de Matéi Visniec, mise en scène de Cendre Chassane par Philippe du Vignal

lhistoireducommunisme.jpgNous sommes en 1953, en Union soviétique comme on disait alors,quelques semaines avant la mort de Staline,  c’est à dire pour des jeunes d’aujourd’hui, dans un siècle bien lointain… Le directeur d’un hôpital central de malades mentaux a invité un  brillant écrivain à venir y  séjourner  pour y écrire une histoire du communisme que l’on pourrait raconter  à ses patients dans un but thérapeutique, surtout si cette histoire fait l’apologie du « petit père des peuples » et de ses amis, responsables,  comme lui d’exécutions sommaires par centaines de milliers. Youri Petrovski a donc affaire aux infirmières dont l’une devient complètement hystérique quand il lui apprend qu’il a serré la main de Staline en personne et finit par le violer. Le directeur, bien entendu, regarde ce qui se passe dans la chambre de l’écrivain par caméras interposées. Petrovski rencontre aussi les malades classés en débiles légers, moyens ou profonds, dont certains  ne sont que des opposants au régime, placés là par précaution politique.
Quant au directeur, arrogant et prétentieux, il règne en maître absolu sur l’hôpital, sorte de microcosme qui constitue une sorte de miroir de la société soviétique;  Visniec -poète et auteur dramatique- connaît bien  son affaire, puisque, d’origine roumaine, il a dû en 87,quitter son pays qui étouffait sous la dictature, deux ans avant la mort de Ceaucescu pour se réfugier en  France. Sa pièce, qui se voudrait un pamphlet politique virulent, se révèle être assez répétitive,  passées les dix premières minutes. Quand certains » malades » se révèlent être en fait des opposants politiques, on sent que la pièce pourrait prendre un tournant intéressant mais il est trop tard…
Il y a bien quelques scènes de franche comédie, comme cette engueulade du directeur avec l’une des infirmières  qui se termine par une partie de canapé, ou la fête  à laquelle les malades invitent Petrovski, ou bien encore les  belles images vidéo de la fin où une belle jeune fille nous dit qu’elle a besoin d’utopie ( mais ce très court texte n’est pas de Visniec) , pendant que passent des extraits de film de l’époque ù l’on voit le défilé du peuple devant le corps embaumé de Staline, et les minutes de silence un partout dans le pays. Cendre Chassane s’en tire par cette habile pirouette pour boucler la pièce.
Mais les dialogues et l’intrigue de cette Histoire du communisme racontée aux malades mentaux, malgré un titre alléchant, sont trop légers pour que l’on ait envie de s’y plonger vraiment. Pourtant, Cendre Chassane a réalisé une mise en scène qui ne manque pas d’intérêt, avec des images souvent très fortes  comme celles de ces caméras de surveillance qui retransmettent des vues des couloirs sinistres de l’hôpital, avec grossissement sur le mur de fond de scène …Même si on peut regretter que la scénographie soit aussi pauvrette. Les cinq acteurs bien dirigés- Nathalie Bitan, Cendre Chassane, Xavier Czapla, Isabelle Fournier et Jean- Baptiste Gillet-qui jouent  plusieurs personnages ( infirmières, malades, directeurs, opposants politiques)  font un très bon travail.  Mais, rien à faire, le texte, redondant et bavard,  ne dit absolument rien que l’on ne sache déjà ou que l’on ne puisse apprendre dans n’importe quel récit ou film  historique bien documenté, n’offre guère d’intérêt.
On se demande pourquoi Cendre Chassane, qui avait monté  il y a peu Un triomphe de l’amour de Marivaux assez remarquable, a été chercher cet ovni …  On préférerait qu’elle nous parle de ce qui se passe en France aujourd’hui sous n’importe quelle forme,( fable, cabaret politique…). Ce serait plus audacieux et  plus convaincant…. D’autant plus qu’elle sait mettre en scène, aucun doute là-dessus. Quitte à se répéter, les kapouchniks du Théâtre de l’Unité en sont un exemple d’un excellent niveau et sa revue politique mensuelle  à base d’extraits de presse fait un véritable tabac à Audincourt, dans la banlieue de Montbéliard (le prochain est samedi 15 novembre) .
A voir? Peut-être, si vous habitez Clamart ou les environs immédiats, si vous avez envie de voir quelques belles images vidéo et cinq acteurs  réaliser une belle performance.  Sinon, ce n’est pas vraiment la peine.

 

Théâtre Jean Arp de Clamart , jusqu’au 23 novembre.

L’HISTOIRE DU COMMUNISME RACONTÉE AUX MALADES MENTAUX Théâtre Jean Arp Clamart par Edith Rappoport

De Matei Visniec, mise en scène Cendre Chassane, compagnie Barbès 35

 

Quelques semaines avant la mort de Staline en 1953, l’Union des écrivains envoie Iouri Petrovski, un écrivain travailler avec les malades mentaux de l’hôpital central de Moscou pour faire l’éloge de la grande révolution soviétique. Cendre Chassane s’est emparée de cette pièce de cet écrivain roumain exilé depuis longtemps en France, elle l’a mise en scène avec une certaine virtuosité, avec une distribution solide. Mais il faut bien avouer que la représentation en ce jour de première, n’était pas à la hauteur de l’humour du titre. Les acteurs qui jouent plusieurs personnages se défendent bravement, mais les spectateurs pédalent à la recherche du sens de la pièce.On nous a dit qu’un texte important qui donnait tout son sens à la pièce, avait sauté, suite à un problème technique.

Edith Rappoport

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