Le fil sous la neige, Parc de La Villette

Le fil sous la neige par Les Colporteurs Espace chapiteau du Parc de La Villette par Jérôme Robertcirquu.jpg

 
Il y a des spécialités au cirque qui peuvent sembler ingrates au premier abord, promptes à ne figurer que dans un spectacle pluridisciplinaire ou à se limiter à l’espace-temps d’un numéro.  Au premier rang de ces arts figuraient la contorsion et  le fil.  Dorénavant, si ce n’était déjà fait, conjuguez cette idée à l’imparfait.
Avec Déversoir (présenté le mois dernier à La Villette), Angéla Laurier avait déjà pu nous prouver le contraire de cette hypostase en dressant un regard aussi poétique que sans concession sur la maladie d’Alzheimer, la schizophrénie et leurs retentissements familiaux…en utilisant la contorsion.
Le fil attendait son heure. Elle est arrivée par l’intermédiaire de sept fildeféristes (excusez du peu !) entrainés par un Antoine Rigot au sommet de son art.
Dans la lignée d’une conception autorisant à  nommer « cirque » un genre acceptant les spectacles monodisciplinaires portés par un collectif d’artistes (à la manière des nouveaux-nez pour les clowns, des Arts sauts pour le trapèze volant ou d’ARMO – Jérôme Thomas pour la jonglerie), Les colporteurs inventent un spectacle filaire d’une éblouissante beauté.
Il y a d’abord un propos, une intention : la vie (tout court, et artistique) est possible après un tragique accident qui a ruiné l’espoir d’utiliser ses jambes pour exercer son art. Vous comprendrez qu’au-delà de cette histoire particulière, ce propos puisse retentir en chacun de nous.
Il y a un travail scénographique inédit : des superpositions horizontales et  verticales de fils formant un réseau de communication entre des artistes dont les relations se construisent à géométrie variable (solos, duos, collectif) en puisant dans des ressorts dramaturgiques et esthétiques d’une très grande variété. Cette scénographie sert dont une construction dramatique éclatée en fragments. Chacun d’entre eux fait sens, en même temps que leur agencement nous offre toute liberté de réception en laissant intacte l’intention initiale.
Cette complexité ne s’arrête pas ici. La musique intervient comme un huitième personnage jouant habilement son rôle d’entraînement et de contrepoint à ce qui se joue sur la piste circulaire. Originale aux deux sens du terme, la musique repose sur une partition où de nombreuses inspirations se côtoient ; de Zappa (père) au free-jazz en passant  de l’électro façon 75/85 mâtinée de New Age. 
Le Fil sous la neige est une œuvre d’art tout court, et une étape essentielle dans l’histoire du cirque en particulier. Bien peu de choses devraient être capables de vous empêcher d’y aller.
Jérôme Robert

Espace chapiteaux, Parc de La Villette jusqu’au 28 décembre.
Pour connaître les nombreuses dates de la tournée :
http://www.lescolporteurs.com/fil-neige/cnt-fil-neige.html

 

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