Les sept jours de Simon Labrosse

 Les sept jours de Simon Labrosse , mise en scène de Claude Viala.

 

  Carole Fréchette, il y a un moment que cette dramaturge québécoise est montée régulièrement en France ( Les Quatre morts de Marie, La peau d’Elisa, Jean et Béatrice et bientôt au Théâtre du Rond-Point, La petite pièce en haut de l’escalier. Les Sept jours de Simon Labrosse met en scène un jeune homme qui invite le public à assister à quelques petites tranches de sa vie à lui. Cela commence par une sorte de théâtre dans le théâtre-une fois de plus!- auquel on a bien du mal à croslabrosse166.jpgire, puis chaque jour qui commence, est  ponctué, sur une petite musique de Sanseverino, par la célèbre phrase de la Genèse »  Dieu appela la lumière jour et les ténèbres nuits : « il y eut un soir, il y eut un matin » que chantait autrefois Marie-Claire Pichaud (si, si, essayez de vous souvenir de ce quarante cinq tours assez mielleux des années 60).
  Donc, revenons à ce Simon Labrosse qui possède à la fois une imagination délirante et qui déborde d’énergie. Il propose aux gens qu’il rencontre ses services en tout genre: cascadeur émotif, finisseur de phrases, flatteur d’ego, spectateur de vie ou mieux encore allégeur de conscience. Il veut à tout prix, c’est à dire en faisant payer un peu les gens,  se réinsérer dans la vie active en gagnant leur confiance. C’est,  en fait, des morceaux de sa petite vie avec ses espoirs et surtout ses ennuis ( loyer impayé, fiancée disparue en Afrique,et…) que Simon Labrosse propose au public. Mais le pauvre jeune homme- assez risible et dérisoire- semble condamné à la solitude dans une société qu’il n’intéresse pas, et où « il pleut des briques Il a quand même deux amis: Léo, un poète huluberlu qui voit tout en noir et Nathalie qui, elle, ne rêve que de son avenir personnel.
  C’est parfois drôle, et plein d’invention, parce que le trio Cédric Revollon ( Simon), Hervé Laudière ( Léo) et Léonore Chaix  (surtout , avec un côté nunuche et sotsot qui fait dire qu’elle doit être d’une belle intelligence pour arriver à ce degré d’interprétation; c’est correctement -mais pas plus- mis en scène par Claude Viala qui devrait quand même conseiller à Cédric Revollon de mettre un bémol à ses criailleries. Le temps parait un peu long, et ce qui ferait quelques sketches réussis peine à s’imposer comme véritable pièce. Le public dans l’ensemble ne boude pas son plaisir, mais, bon, désolés,  on reste malgré tout un peu sur sa faim.
  Y aller?  Oui, si vous êtes sensible à l’écriture poétique de Carole Fréchette mais, soyons honnêtes, ce n’est pas une soirée inoubliable, et il a toujours Le monde moderne de Depardon au cinéma, si vous ne l’avez pas encore vu….

Théâtre de l’Opprimé, rue du Charolais ( métro Dugommier) jusqu’au 28 décembre.

 


2 commentaires

  1. Restez sur les fesses comme vous dites; je n’ai jamais dit de déserter les théâtres mais je pensais que ce clin d’oeil à Depardon ne serait pas si mal ressenti que cela… Vous avez dit procédé curieux et déplacé? N’exagérons rien….
    Pas grave.

    Cordialement

    Philippe du Vignal

  2. rodert dit :

    Bonjour,

    je tombe sur votre critique ce jour et en reste bouche bée. J’ai de mon côté vu ce spectacle il y’a un peu plus d’un an, et j’ai trouvé toute l’équipe formidable, le spectacle drôle et émouvant, des acteurs excellents et investis, une mise en scène claire et éloquente laissant la part belle aux comédiens.
    Donc nous ne sommes pas d’accords, mais ce n’est pas très grave! Là où je trouve votre critique affligeante, c’est qu’un homme de théâtre comme vous, critique sur Théâtre du Blog, conseille à ses lecteurs, de déserter les salles de spectacles vivants au profit des salles de cinéma. Même si le film de Depardon est excellent, pardonnez moi de trouver votre procédé curieux et déplacé…

    Sylvain, un spectateur sur les fesses !!!

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