Le chant des balles, jonglerie

«  Le chant des balles »,  jonglerie musicale de et avec Eric Bellocq et Vincent de Lavenère, mise en scène de Rémy Ballagué.


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 Ils sont deux, le musicien Eric Bellocq ( théorbe,luth et petits instruments à corde) et Vincent de Lavanère; ils  entrent sur scène en tirant en rond mais en sens inverse trois petits chariots : l’un avec ses instruments, l’autre avec  ses balles et un chistera. Durant une heure, ils ne se parlent pas, la musique est omniprésente comme toujours dans le jonglage, à la différence que cette fois-ci, le musicien est en scène et participe complètement  au jonglage. Les balles obéissent à Vincent de Lavenère, qu’il y en ait trois ou plus: il est là en pantalon noir  flottant, pieds nus: les gestes sont fluides et magnifiques , et le plus admirable est cette aisance et cette maîtrise du geste qu’il possède comme s’il avait toujours eu ce don en naissant. On dirait qu’il  devient le spectateur de sa jonglerie et de sa gestuelle,  dans une sorte de dédoublement . Bien entendu, il y a,  caché,un immense travail corporel et  scénique.
Les moments le plus étonnants: quand il manie, en bon basque, sa chistera et trois balles;  quand, l’un derrière l’autre avec son compère, il joue de sa petite guitare, en se repassant  les balles , comme si c’était absolument naturel. Et le clou du spectacle: cinq sonnailles de vaches descendent des cintres jusqu’à trois mètres de hauteur et Vincent de Lavanère arrive-Dieu sait comment mais lui le sait-  à envoyer une balle juste dans la cloche qu’il faut pour jouer un air tout en continuant à jongler avec les autres… Magique…… Aucun échange verbal, aucune parole mais un regard permanent vers le public qui , tout comme les Egyptiens d’ il y a 4.000 ans, reste fasciné par ce défi aux lois
de la pesanteur. Et il y a quelchantdeballes3.jpgque chose dans cet incessant ballet de balles qui tient d’une métaphore du mouvement des planètes.
De la pure beauté parfaitement en phase avec la musique du 16 ème et 17 ème siècle qui  donne le rythme aux nombreuses figures . On entre dans une sorte de rêve, alors que ce ballet a sans doute à voir avec les mathématiques, puisque nombre de scientifiques dont Jack Boyce, chercheur à Berkeley, sont des passionnés de jonglage, mais les maths et le rêve, ce n’est pas incompatible…
Un seul tout petit bémol: il vaudrait mieux que leur metteur en scène s’abstienne  de leur faire faire les comédiens: même si c’est à de rares moments, cela sonne faux … Mais les enfants comme les parents font un triomphe bien mérité à Eric Bellocg et Vincent de Lavenère. A voir, oui,  et sans aucune réserve, ce n’est pas tous les jours que l’on vous le dira. C’est du vrai théâtre au sens étymologique du terme, et cela va beaucoup plus loin, mine de rien ou mine de tout, que les petites âneries de madame Sophie Perez.

 Le spectacle s’est joué quelques jours au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers qui a bien fait de l’accueillir et continue à se  jouer un peu partout en tournée en France; si vous voulez en savoir plus :  La compagnie  Champ de balles aura prochainement un site auquel vous pourrez vous référer.

 


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