GOURMANDISIAQUE

GOURMANDISIAQUE .Studio des 3 oranges Audincourt par Edith Rappoport

Théâtre de l’Unité, par Jacques Livchine, Valérie Moureaux, Hervée Delafond

J’ai déjà assisté à 2 crash tests et deux représentations de ce spectacle sur la cuisine coquine longuement mûri au cours de résidences à Aurillac, Sotteville, et Amiens. Le studio des 3 oranges est plein d’un public amical, il y a Bernard Kudlak du cirque Plume et Patrice Jouffroy. Valérie Moureaux en Annie, cuisinière accomplie assume avec aplomb la verdeur du texte érotique avec son complice Félix . Le public est conquis, légèrement estomaqué. Le spectacle s’épanouit mieux à l’intérieur


Archive pour 22 décembre, 2008

47/ Censure

 Nous avons reçu ce message de Philippe Mourrat chef de projet et programmateur à La Villette, qui nous remet en mémoire un très sombre épisode d’une des premières luttes contre le colonialisme qui se termina par un bain de sang du côté bien sûr des Malgaches, que l’armée et l’administration françaises ont toujours  soigneusement  occulté et qu’avait relaté Jean-Luc Raharimana dans un excellent article accompagné de photos à peine supportables dans la revue Fictions dirigée par Jean-Pierre Han. Cet épisode avait donné naissance à un spectacle de Thierry Bédard   » 47 « , que l’on avait pu voir au denier festival des Francophonies de Limoges et qui,  depuis, est interdit de séjour dans les centres culturels français à l’étranger.

Il semble que M. Kouchner, ministre des affaires étrangères n’ait pas la moindre envie de se prononcer sur la possibilité de représenter le spectacle de Thierry Bédard, autrement dit, pour appeler les choses par leur nom, sur la nécessité de la censure en 2008, puisqu’il n’ a pas répondu à la lettre qui lui a été adressée. Un peu de courage, M. Kouchner, vous qui êtes d’habitude  si rapide à dénoncer les exactions commises un peu partout dans le monde, auriez-vous peur de déplaire à l’Elysée qui a dû donner ses instructions?  On ne peut pas croire, même si ce n’est pas vous qui avez directement pris la décision mais la Direction Générale de la Coopération Internationale et du Développement de votre Ministère, que vous n’ayez pas été tenu au courant. Nous aimerions bien connaître votre point de vue et il ne sera pas facile de vous en sortir avec une pirouette…. En tout cas, qu’on se le dise, ce n’est pas jolijoli cette censure qui n’ose même pas dire son nom… au pays des droits de l’homme. Cela prouve en tout cas que le théâtre peut encore ,malgré tout, déranger l’ordre des choses quand on veut présenter un petit spectacle à des milliers de kilomètres de la France.

Mais ce n’est pas rassurant pour autant, d’autant plus que les articles de presse ne se comptent pas par dizaines… Le Monde préfère sans doute, préparer encore un hommage à Carla Bruni ou quelque chose de ce genre, Le Monde, le célèbre Monde qui s’était permis il y a deux mois de publier dans le même numéro trois articles sur la même Carla Bruni. A quelques jours de Noël, ce n’est pas le genre de nouvelles qui va mettre les gens dans la rue mais on ne peut pas laisser passer cela sinon, après  l’affaire Vinaver de l’été dernier, nous pouvons tout craindre d’un pouvoir qui, très insidieusement, veut tout contrôler en France… comme à l’étranger quand cela dépend de lui. Et cela, c’est vraiment grave…

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13 décembre 2008

Lettre au Ministre des Affaires Étrangères

Objet :spectacle 47 / Raharimanana / mise en scène Thierry Bedard créé le 19 septembre 2008 au Centre Culturel Français Albert Camus / Antananarivo / Madagascar
présenté le 26 septembre 2008
au Festival des Francophonies en Limousin, puis en tournée en France.

Le 15 novembre 2008

à Monsieur Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères et Européennes,

En septembre dernier, une équipe française et malgache a créé un spectacle intitulé 47, qui traite de l’insurrection malgache contre la colonisation française. Un spectacle qui “nous interroge sur les rapports entre colonisés et colonisateur, entre pouvoir actuel et passé, sur le silence de part et d’autre, sur l’écriture de l’histoire par le Nord et la nécessité d’interroger cette histoire par le Sud”.

Un spectacle, comme l’ont souligné tous les critiques, qui ne présente aucun manichéisme, et traite avant tout du silence effroyable qui pèse sur cette tragédie oubliée. Que ce travail soit porté par des français et des malgaches, amène un « sensible » qui a bouleversé les spectateurs aussi bien à Antananarivo qu’en Métropole …

Le 5 novembre 2008, à Addis Abeba, a eu lieu une Réunion régionale annuelle de programmation culturelle et artistique pour la zone de « l’Afrique Australe Orientale et de Océan Indien », qui a succédé à une réunion présidée par la Directrice générale de la DgCID, Mme Anne Gazeau-Secret, réunissant les conseillers de coopération et certains directeurs de CCF et Alliances françaises, ainsi que des représentants de l’Etat (Ministère de la Culture) à Mayotte et à La Réunion.

A la demande de la “direction politique” (?) de la DgCID, le spectacle 47, soutenu dès l’origine par Culturesfrance, et ayant reçu un avis favorable pour une tournée dans l’Océan Indien, a été retiré des propositions de programmation.

Nous souhaiterions donc urgemment connaître les raisons qui ont justifié ce retrait inacceptable.

A Madagascar, une grande partie de la « société civile », nous a rendu hommage, et l’ensemble des historiens (en particulier des jeunes historiens) proches de Lucile Rabearimanana, cette grande historienne spécialiste de l’histoire contemporaine, était en accord avec notre démarche. Cette personne était présente aux deux représentations et a organisé une rencontre à l’Université. Elle a dit publiquement l’importance de l’accord entre des artistes et des scientifiques – c’est rare -, car notre travail traitait avec justesse de ce rapport complexe entre la mémoire et l’Histoire. Et en particulier, de l’Histoire de France. Il nous semble que le texte travaillé, d’après Madagascar 1947 publié en 2007, est « en ordre » sur cette question. Une question de plus en plus “lourde” en France …

Un sujet qui a immédiatement rencontré un public important en Métropole, un sujet qu’il nous semble absolument nécessaire de “porter”, dans les Centres Culturels Français.

Nous aimerions donc connaître votre sentiment – c’est certainement le bon terme -, et votre position sur ce sujet.

Est-il impossible de revenir sur l’histoire commune, en ce cas, de nos deux pays ? Tel que l’avait en particulier proposé le Président de la République Jacques Chirac, en 2005. Soixante ans après un drame qui a fait des dizaines de milliers de victimes, pour la plupart civiles. Drame qui a une portée en Afrique, comme vous le savez, très importante.

Est-il impossible de présenter notre travail, exemplaire, sous la responsabilité “morale” du Ministère des Affaires Etrangères ?

Ou, plus benoîtement, est-ce que la “question culturelle” est encore une question importante au sein de votre Ministère ?

Dans le cas de notre démarche, nous souhaitons insister encore une fois sur le caractère de cette rencontre entre des artistes malgaches et français, qui n’hésitent pas à se confronter à leur histoire commune aussi violente soit elle. Ce que de nombreux artistes et intellectuels des deux continents énoncent actuellement comme nécessaire, sans parler de l’urgence de telles rencontres …

Nous ressentons donc évidemment l’interdit de présenter notre travail comme une “Censure d’Etat”. Rare et incompréhensible. Censure contre laquelle nous sommes près à nous opposer.

En attente de votre réponse, Monsieur le Ministre, veuillez agréer l’expression de nos salutations distinguées.

Jean Luc Raharimanana, écrivain,
Thierry Bedard, metteur en scène, et toute l’équipe du spectacle 47,
Jutta Hepke, Éditions Vents d’ailleurs.

 

http://notoire47.canalblog.com/

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