Cœur ardent

 Cœur ardent d’Alexandre N. Ostrovski

 image5.jpgmise en scène Christophe Rauck

Christophe Rauck dont une remarquable mise en scène du Revizor de Gogol ne se laisse pas oublier, met en scène, dans le théâtre Gérard Philipe à Saint Denis qu’il dirige, Cœur ardent œuvre d’un autre grand classique du théâtre russe Alexandre N. Ostrovski (1823 – 1886).

Une caustique satire sociale de la Russie du milieu du XIXe siècle où on entend de lointaines résonances de Molière et du théâtre du Siècle d’Or espagnol. Un monde sclérosé, plongé en léthargie, anesthésié par la soumission et l’alcool, dont les protagonistes sont agités par la perte, la tromperie, le gain, la soif des honneurs mais aussi par la passion amoureuse.

Un riche marchand Kouroslepov oisif et alcoolique s’étant fait voler 2 000 roubles ordonne à Silan, son parent lointain, et à ses deux domestiques, Narkis et Gavrilo, de bien surveiller sa maison. Au terme de moult péripéties il découvrira qu’il est trompé et volé par sa femme, Matriona, exploitée par son amant Narkis, et que celle-ci maltraite Paracha, sa fille d’un premier mariage. Avant que tout ne s’achève par un happy end et le bon ordre rétabli : punition des coupables, mariage des jeunes amoureux, repentir du père abusé par sa femme et son homme de confiance, Ostrovski fait traverser à ses personnages des aventures rocambolesques : amour passionné et contrarié, condamnation injuste d’un innocent, fuites et poursuites, attaques de faux brigands, etc.. Il brosse une fresque de la société russe : de la campagne à la ville, en passant par la prison et le monde des notables et des riches dandy qui trompent l’ennui par des caprices et des farces grotesques, extravagantes.

Une belle, audacieuse et inventive traduction d’André Markowicz qui imprime au texte une truculence, une énergie, une violence, réinvente le langage maladroit, déformé des gens simples, et parasite le langage officiel ampoulé par des expressions grotesques.

La tentation certes était forte, en l’occurence irrésistible, de la faire entendre en mettant en scène la pièce quasi intégralement. Le hic c’est que le tout peut devenir trop. Il fallait sans doute faire des coupes, condenser le texte et le jeu, imprimer un rythme plus rapide aux séquences qui, particulièrement dans la première partie, traînent en longueur. Le rythme accéléré, le ton farcesque, grotesque, les gags, les effets scénographiques, de la seconde partie, parfois appuyés, surjoués, n’arrivent pas à faire décoller le spectacle. Pas de parti pris fort pour le jeu rarement convaincant, parfois au bord de la caricature. Pas de lecture qui articulerait la dramaturgie scénique qui fâcheusement s’effiloche. En définitive avec regret, on est amené au triste constat d’un rendez-vous manqué entre la pièce d’Ostrovski et la mise en scène de Christophe Rauck dont on apprécie souvent le travail.

Irène Sadowska Guillon

Cœur ardent d’Ostrovski mise en scène Christophe Rauck

Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis, du 19 janvier au 15 février

réservations 01 48 13 70 00

 


Pas encore de commentaires to “Cœur ardent”

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...