Sweet home

image61.jpgSweet home , mise en scène de Jean-Pierre Garnier.

Inutile de répéter  l’intrigue, Philippe Duvignal l’a parfaitement rappelée à l’occasion de sa critique datée du 19 janvier. Bien qu’allant dans un sens similaire, mon avis est plus mesuré que celui de notre ami. En écho à sa critique, je souhaiterais mettre l’accent sur trois dimensions ayant particulièrement retenu  mon attention.

Première élément, et non le moindre, ce spectacle démontre une vraie vision de metteur en scène, par ailleurs respectueux du texte initial. Mais à trop vouloir adapter, on ne fait que respecter. En d’autres termes, oui il s’agit de théâtre – avec de très bons comédiens – et quelque ingéniosité permettant d’éviter trop de statisme, mais la théâtralité demeure réduite à sa plus simple expression. Rien de très problématique me direz-vous, sauf lorsque cela semble témoigner d’une trop grande déférence à l’endroit du roman qu’il ne faudrait pas prendre le risque d’interpréter.

Second élément, la forme du propos. Il m’est arrivé pendant la représentation de la rêver radiophonique. Pourquoi ? Parce que les corps, pourtant toujours en mouvement semblent systématiquement plombés par le verbe : il n’y résistent pas (à l’exception de Martin, remarquable dans ce registre). Quand le corps en scène ne produit que peu de sens, il y a lieu de s’interroger sur nature du parti pris de mise en scène.

Troisième élément, la scénographie oscille systématiquement entre métaphore émotionnelle et dénotation de l’action. On se perd, pris entre une image qui symbolise tantôt une sensation éprouvée par un personnage, tantôt un lieu où se déroule l’action. Ce procédé fini par lasser, et c’est dommage, car cette idée associée à une scénographie censée provoquer un mouvement, était plutôt astucieuse.

Jean-Pierre Garnier demeure un excellent metteur en scène, et cela continue à se sentir. Cependant, il me semble qu’il s’est laissé trop peu de marges de liberté par rapport au roman. Ce texte est cependant magnifique et le jeu ne le dessert pas.

Si l’on est un peu déçu par cette rencontre dont le potentiel est supérieur au résultat, ce travail mérite toutefois d’être rencontré.

Jérôme Robert

Théâtre de la Tempête, Cartoucherie de Vincennes T: 01-48-28-36-36, jusqu’au 15 février. Navette depuis le métro Château de Vincennes.


Archive pour 24 janvier, 2009

Sweet home

image61.jpgSweet home , mise en scène de Jean-Pierre Garnier.

Inutile de répéter  l’intrigue, Philippe Duvignal l’a parfaitement rappelée à l’occasion de sa critique datée du 19 janvier. Bien qu’allant dans un sens similaire, mon avis est plus mesuré que celui de notre ami. En écho à sa critique, je souhaiterais mettre l’accent sur trois dimensions ayant particulièrement retenu  mon attention.

Première élément, et non le moindre, ce spectacle démontre une vraie vision de metteur en scène, par ailleurs respectueux du texte initial. Mais à trop vouloir adapter, on ne fait que respecter. En d’autres termes, oui il s’agit de théâtre – avec de très bons comédiens – et quelque ingéniosité permettant d’éviter trop de statisme, mais la théâtralité demeure réduite à sa plus simple expression. Rien de très problématique me direz-vous, sauf lorsque cela semble témoigner d’une trop grande déférence à l’endroit du roman qu’il ne faudrait pas prendre le risque d’interpréter.

Second élément, la forme du propos. Il m’est arrivé pendant la représentation de la rêver radiophonique. Pourquoi ? Parce que les corps, pourtant toujours en mouvement semblent systématiquement plombés par le verbe : il n’y résistent pas (à l’exception de Martin, remarquable dans ce registre). Quand le corps en scène ne produit que peu de sens, il y a lieu de s’interroger sur nature du parti pris de mise en scène.

Troisième élément, la scénographie oscille systématiquement entre métaphore émotionnelle et dénotation de l’action. On se perd, pris entre une image qui symbolise tantôt une sensation éprouvée par un personnage, tantôt un lieu où se déroule l’action. Ce procédé fini par lasser, et c’est dommage, car cette idée associée à une scénographie censée provoquer un mouvement, était plutôt astucieuse.

Jean-Pierre Garnier demeure un excellent metteur en scène, et cela continue à se sentir. Cependant, il me semble qu’il s’est laissé trop peu de marges de liberté par rapport au roman. Ce texte est cependant magnifique et le jeu ne le dessert pas.

Si l’on est un peu déçu par cette rencontre dont le potentiel est supérieur au résultat, ce travail mérite toutefois d’être rencontré.

Jérôme Robert

Théâtre de la Tempête, Cartoucherie de Vincennes T: 01-48-28-36-36, jusqu’au 15 février. Navette depuis le métro Château de Vincennes.

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