20e/ PREMIÈRE

20e/ PREMIÈRE, spectacle de sortie de la 20e promotion de l’École nationale des arts du cirque (vu à L’Espace chapiteau de La Villette).
Il n’est pas aisé de rendre compte d’un tel spectacle, tantôt le considère-t-on uniquement comme un spectacle de sortie d’une grande école, tantôt comme une création signée par Georges Lavaudant (mise en scène) et Jean-Claude Gallotta (chorégraphie) et se donnant à voir dans l’un des lieux au monde les plus importants de la scène circassienne de création (La Villette).
Certes, se poser cette question n’est déjà pas très bon signe, alors autant le dire d’emblée, le rendez-vous n’est pas à la hauteur des attentes (qui s’amenuisent depuis un moment concernant les spectacles de sortie du CNAC, du reste).
Le fil conducteur (cinématographique) semble tenir sur un post-it si bien que ce travail semble menacer de s’effondrer à tout instant. « Semble » seulement, car par chance, nombre des artistes présents sur le plateau le repêchent, à coup de petites trouvailles qui font grandement plaisir… Et l’on se prend à accepter à considérer la valeur de l’instant présent, comme l’on goûtait avant un « programme de variétés », picorant ici et là, se dispersant à d’autres moments. Certains de leur regroupement sont du reste très réussis ; ils prennent visiblement du plaisir et nous offrent des tableaux foisonnants absolument jubilatoires.
À coup sûr, certains de ces interprètes sont déjà leurs propres auteurs, et avec talents, tandis que d’autres n’ont peut-être pas eu autant d’espace pour mettre en valeur la mise en forme de leurs compétences artistiques.
Si vous y allez pour passer un bon moment et encourager de jeunes artistes prometteurs, foncez ! Si vous désirez partir à la rencontre d’un spectacle « signé », passez votre chemin ; il faut croire que le metteur en scène était un peu paresseux sur cette affaire…

Par Jérôme Robert

Pour en savoir plus et découvrir les lieux où découvrir ce spectacle :

http://www.cnac.fr/page_ecole.asp?rec=26


Archive pour 26 janvier, 2009

20e/Première

20e/Première, mise en scène Georges Lavaudant
spectacle de la vingtième promotion des étudiants de l’École nationale supérieure des arts du cirque de Châlons-en-Champagne

Ça sonne comme un clap de film, ils font irruption sur la piste comme une volée de grains jetée à une volée de moineaux, ça résonne des bruits de la ville et de la vie : une belle énergie juvénile, d’entrée. La mise en piste a les qualités et les défauts du “nouveau cirque“ : à savoir, peu d’exploits, ou des exploits presque “en douce”, à l’opposé des roulements de tambour du cirque traditionnel, pas de costumes rutilants, mais des tenues de travail ou des impers et talons aiguilles qui renvoient aux mythologies du cinéma américain, un remarquable travail collectif dans la danse.
Mais, mais, mais… Malgré de superbes envols collectifs à la bascule, d’une précision étonnante, malgré un numéro très original de dressage de bicyclettes, le problème est que le vocabulaire technique des élèves est assez limité, et que le spectacle fait repasser les plats, au fil, à la corde, au tissu, au mât chinois, au numéro hip-hop… Le spectacle pouvait être plus court, plus dense, s’offrir un peu plus de silence, et l’on pouvait espérer de l’école plus de diversité et un peu plus d’exigence de virtuosité. Reste le charme tenace de ce collectif.

Christine Friedel
Espace chapiteaux à la Villette, jusqu’au 15 février
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BoumKœur

BoumKœur, d’après le roman de Rachid Djaïdani, mise en scène Habib Naghmouchin. Avec Tony Mpoudja et Salim Kechiouche.

On pourrait entendre « boum cœur » et on serait dans du Charles Trenet, ou « bunker » et on serait dans l’image de la banlieue donnée par La Haine (le film). Troisième voie : un naïf, sous prétexte d’écrire les histoires vraies de sa banlieue, tombe dans les pattes d’un méchant “gremlin“ qui lui bricole un vrai-faux enlèvement on verra pourquoi. Il y a de jolis intermèdes sur les joies du supermarché et l’ennui de “tenir les murs“. Les deux acteurs sont parfaits, le décor impeccable. Une déception : le texte ne nous a pas paru à la hauteur de l’enthousiasme du metteur en scène : trop sage dans ses deux langues, le “relevée“ et la “verte“, même si le jeu entre les deux fait sourire.

Christine Friedel

Théâtre de la Boutonnière – Paris 11e
Du 6 au 31 janvier 2009

 

Montaigne

Montaigne, adaptation et mise en scène Thierry Roisin

Philosopher, c’est être en route. Donc, notre Montaigne d’aujourd’hui prend non l’avion mais le tapis roulant de l’aéroport, où il croise, suit, découvre, arrête les objets – et même de vraies valises – que déposent des magiciens-bagagistes cachés en coulisses. Chemin faisant, défaisant, rebroussant, il philosophe, donc. Pour son spectacle, Thierry Roisin n’a pu prendre que l’écume de la somme que sont les Essais, et cette écume est Montaigne lui-même, curieux, savant sans vanité, soucieux d’exactitude avant tout sur lui-même et sur ses limites, capable de se mettre à nu très simplement – pour changer de costume et d’époque -, et de s’indigner du gâchis mondial propagé par le vieux monde ou de l’inacceptable torture.
Il est accompagné, vraiment accompagné, comme par deux amis – pas La Boétie, c’est trop tard, celui-ci ne nous est connu que perdu -, une flûte et une clarinette, proches et sensibles. Autrement dit, Yannik Choirat, le comédien qui nous emmène sans jamais la ramener pas, et les deux musiciens, Agnès Raina et Samuel Maître.
On sort de là heureux de se sentir intelligent, et pas tout seul.


 

Christine Friedel

Au Nouveau Théâtre de Montreuil, jusqu’au 6 février.

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