Saleté

salete2.jpgSaleté, c’est une tranche de vie nocturne de Sad, émigré irakien clandestin qui a quitté son pays après la guerre du Golfe pour Bassora puis Ankara,  Varsovie, Stockholm, et enfin Vienne où il dort dans un sous-sol, la peu au ventre de se faire repérer par la police. Il a beaucoup d’admiration pour la langue  et la philosophie allemande, Goethe et Schiller et essaye de se persuader que,  malgré sa situation des plus précaires, il n’est pas si malheureux.  » J’ai mes roses, dit-il humblement ,  et mes 58 restaurants », où il les vend pour pouvoir survivre.Il voudrait ne pas se sentir exclu et victime désignée des racistes mais se sent toujours en porte à faux: « Quand je parle allemand, je pense encore en arabe ».Et il se lance à la fin,en buvant du gin  dans une violente diatribe raciste en imitant ceux qui le méprisent et qui le rejettent, lui, l’émigré clandestin, vendeur de roses, admirateur du riche Occident.

A force de parcourir la ville dans tous les sens, il a en effet appris à connaître un  terrain  qu’il sait miné et dangereux; il a pour lui l’intelligence des faibles et des opprimés qui doivent toujours lutter de jour comme de nuit et garder leur sens en éveil face à la haine de l’autre. Le texte est un  monologue assez bavard du romancier autrichien qui ne nous apprend pas grand chose que l’on n’ait un jour ressenti quand on essaye de se mettre dans la peau d’un émigré clandestin. D’autant plus que le comédien autrichien Florian Carove , qui joue Sad, parle un français impeccable, ce qui rend assez peu crédible son personnage.Il aurait sans doute fallu adapter le texte et choisir un comédien africain: après tout, les roses rouges que l’on vend en France sont bien d’origine kenyane… Comme ce monologue , qui ne devrait pas dépasser  trente minutes, dure une heure et quart et qu’il  n’a finalement rien de très passionnant, on décroche assez vite . Mais c’est plutôt bien dirigé par Hans Peter Cloos,  malgré un univers sonore auquel on ne croit pas  une seconde. Mais était- ce bien nécessaire de monter ce texte que l’on a sans doute surévalué depuis qu’il a été publié en 93, on peut se poser la question? Bon spécialiste du théâtre de langue allemande, Hans Peter Cloos pourrait sans doute nous trouver autre chose, les  jeunes auteurs ne manquent pas…

A voir? Non, pas vraiment la peine de vous déranger, on l’a fait pour vous;  mais  le public habituel des Mathurins a peut-être l’impression de voir un spectacle d’avant-garde….

Philippe du Vignal

 

Petit théâtre des Mathurins à 17 heures jusqu’au 15 février.

 


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