Oui, aujourd’hui j’ai rêvé d’un chien

Oui, aujourd’hui j’ai rêvé d’un chien de Daniil Harms, mise en scène de Marie Ballet 

Alors qu’ailleurs on serre les boulons, Jean-Marie Hordé, lui, multiplie les ouvertures aux artistes venant d’horizons divers, au méconnu, ose l’effroi et le transversal » Il renforce cette démarche en initiant dès 2009 un hors-Série, et en offrant aux artistes invités dans ce cadre des conditions confortables pour aboutir et présenter leurs créations : répétitions, technique, communication.
Avec  de bonnes et de mauvaises surprises. Oui, aujourd’hui j’ai rêvé d’un chien de Daniil Harms, mis en scène par Marie Ballet, est un montage intelligemment composé de divers textes de l’écrivain russe (1905-1942) un des meilleurs de l’avant-garde futuriste et auteur de poèmes « transrationnels », saynètes, aphorismes, et d’un Journal.   Dans ces fragments brillamment agencés, se dessinent l’univers poétique de Daniil Harms, son humour caustique, son désespoir sublimé en ironie, le regard qu’il promène sur son environnement immédiat et sur le monde qui ressemble étonnamment au nôtre, «un monde qui ne trouve son unité que dans la démultiplication et la superposition d’images et de sons ».
Une mise en scène d’une grande simplicité avec juste un fauteuil, un banc, un portemanteau et une petite table pour quelques accessoires. Dans une belle harmonie, Boutaïna El Fekkak et Jean-Christophe Folly  avec un ton et une distance justes, d’évocation et non pas d’incarnation, tantôt se partagent le texte, tantôt jouent ensemble  des extraits de saynètes. Une très bonne maîtrise de l’espace, des mouvements, du rythme qui ne faiblit jamais.
Quelques souffles musicaux de Wax Taylor et de John Coltrane s’inscrivent dans le spectacle. À voir absolument dès qu’il réapparaîtra sur d’autres scènes.

Tâtez là si j’ai le cœur qui batimage4.jpg d’après Anton Tchekhov, mise en scène d’Aurélie Leroux

Soyons clairs: le spectacle est à fuir! Aurélie Leroux, la metteuse en scène et ses acteurs,  disent-ils, ont potassé  pièces, nouvelles et correspondance du grand auteur, et se sont trouvés « à côté de Tchekhov, vers Tchekhov – à la fois en direction de, et dans sa proximité » ! ? Comprenne qui pourra !
Bref, de ce travail «de mémoire, de passage, de traversée», resteraient des traces.En réalité, dans ce spectacle prétentieux qui tient de la mascarade, et fait de pauvres clichés, ils pompent, sans vergogne et maladroitement, les esthétiques de Tadeusz Kantor, Pina Bausch, Bob Wilson, Wladylslaw Znorko , etc.
Un réalisme appuyé règne dans un décor qui encombre la scène : tables, chaises, plusieurs meubles, armoire, lit à roulettes qui ne sert à rien, tourne-disque, portes qui s’ouvrent, etc.  mais aussi dans le jeu des acteurs qui mangent une vraie soupe dans de vraies assiettes puis du melon en pique-niquant. Et, comme pour contredire ce réalisme, ils se mettent à grimacer, à produire une gestuelle indigeste…

Le rythme lent, parfois des plages de silence, parfois des morceaux de dialogues ou de récits superposés et incompréhensibles, des chansons, dont une en pseudo russe, un pot-pourri de musiques: tango, cha-cha-cha, etc. Et Tchekhov dans tout ça ? Quelques brèves citations, quelques personnages campés par des acteurs, caricaturés, dérisoires, et d’autres évoqués par leur nom dans une ronde grotesque. Et pour couronner le tout,  à la fin, comme la cerise sur le gâteau, la belle neige bien russe qui tombe des cintres.
Un spectacle où il y a de tout pour ne rien dire. D’emblée, on a bien compris qu’il ne s’agissait ni de Tchekhov ni de son œuvre mais de ce qui en reste pour les artisans de ce spectacle. C’est à dire pas grand-chose ! Pas la peine de s’en vanter et de proposer au public cette misère intellectuelle et artistique.

Irène Sadowska-Guillon

Théâtre de la Bastille « Hors Série » du 2 au 13 février. T: 01 43 57 42 14


Archive pour 7 février, 2009

Oui, aujourd’hui j’ai rêvé d’un chien

Oui, aujourd’hui j’ai rêvé d’un chien de Daniil Harms, mise en scène de Marie Ballet 

Alors qu’ailleurs on serre les boulons, Jean-Marie Hordé, lui, multiplie les ouvertures aux artistes venant d’horizons divers, au méconnu, ose l’effroi et le transversal » Il renforce cette démarche en initiant dès 2009 un hors-Série, et en offrant aux artistes invités dans ce cadre des conditions confortables pour aboutir et présenter leurs créations : répétitions, technique, communication.
Avec  de bonnes et de mauvaises surprises. Oui, aujourd’hui j’ai rêvé d’un chien de Daniil Harms, mis en scène par Marie Ballet, est un montage intelligemment composé de divers textes de l’écrivain russe (1905-1942) un des meilleurs de l’avant-garde futuriste et auteur de poèmes « transrationnels », saynètes, aphorismes, et d’un Journal.   Dans ces fragments brillamment agencés, se dessinent l’univers poétique de Daniil Harms, son humour caustique, son désespoir sublimé en ironie, le regard qu’il promène sur son environnement immédiat et sur le monde qui ressemble étonnamment au nôtre, «un monde qui ne trouve son unité que dans la démultiplication et la superposition d’images et de sons ».
Une mise en scène d’une grande simplicité avec juste un fauteuil, un banc, un portemanteau et une petite table pour quelques accessoires. Dans une belle harmonie, Boutaïna El Fekkak et Jean-Christophe Folly  avec un ton et une distance justes, d’évocation et non pas d’incarnation, tantôt se partagent le texte, tantôt jouent ensemble  des extraits de saynètes. Une très bonne maîtrise de l’espace, des mouvements, du rythme qui ne faiblit jamais.
Quelques souffles musicaux de Wax Taylor et de John Coltrane s’inscrivent dans le spectacle. À voir absolument dès qu’il réapparaîtra sur d’autres scènes.

Tâtez là si j’ai le cœur qui batimage4.jpg d’après Anton Tchekhov, mise en scène d’Aurélie Leroux

Soyons clairs: le spectacle est à fuir! Aurélie Leroux, la metteuse en scène et ses acteurs,  disent-ils, ont potassé  pièces, nouvelles et correspondance du grand auteur, et se sont trouvés « à côté de Tchekhov, vers Tchekhov – à la fois en direction de, et dans sa proximité » ! ? Comprenne qui pourra !
Bref, de ce travail «de mémoire, de passage, de traversée», resteraient des traces.En réalité, dans ce spectacle prétentieux qui tient de la mascarade, et fait de pauvres clichés, ils pompent, sans vergogne et maladroitement, les esthétiques de Tadeusz Kantor, Pina Bausch, Bob Wilson, Wladylslaw Znorko , etc.
Un réalisme appuyé règne dans un décor qui encombre la scène : tables, chaises, plusieurs meubles, armoire, lit à roulettes qui ne sert à rien, tourne-disque, portes qui s’ouvrent, etc.  mais aussi dans le jeu des acteurs qui mangent une vraie soupe dans de vraies assiettes puis du melon en pique-niquant. Et, comme pour contredire ce réalisme, ils se mettent à grimacer, à produire une gestuelle indigeste…

Le rythme lent, parfois des plages de silence, parfois des morceaux de dialogues ou de récits superposés et incompréhensibles, des chansons, dont une en pseudo russe, un pot-pourri de musiques: tango, cha-cha-cha, etc. Et Tchekhov dans tout ça ? Quelques brèves citations, quelques personnages campés par des acteurs, caricaturés, dérisoires, et d’autres évoqués par leur nom dans une ronde grotesque. Et pour couronner le tout,  à la fin, comme la cerise sur le gâteau, la belle neige bien russe qui tombe des cintres.
Un spectacle où il y a de tout pour ne rien dire. D’emblée, on a bien compris qu’il ne s’agissait ni de Tchekhov ni de son œuvre mais de ce qui en reste pour les artisans de ce spectacle. C’est à dire pas grand-chose ! Pas la peine de s’en vanter et de proposer au public cette misère intellectuelle et artistique.

Irène Sadowska-Guillon

Théâtre de la Bastille « Hors Série » du 2 au 13 février. T: 01 43 57 42 14

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