Chióve – Il pleut

Chióve – Il pleut de Pau Miro, mise en scène Francesco Saponaro, Teatri Uniti de Naples. (En italien/napolitain sous-titré)
Dans le cadre du Standard Idéal à la M. C. 93 de Bobigny

 

chiove.jpgLa version italienne de Il pleut, pièce du jeune auteur catalan Pau Miró, transpose l’action de Barcelone à Naples dans le décor hyper réaliste d’un appartement d’un immeuble insalubre dans un quartier populaire. On pourrait raconter cette histoire comme un conte urbain. Il était une fois un couple : une jeune et belle prostituée Lali et son fiancé souteneur Carlo. Elle tapine, lui glande. À leurs moments de loisirs ils boivent du Coca-Cola, se nourrissent de hot-dogs, lisent et commentent les bouts de poèmes et les aphorismes, citations de Rimbaud, Dante, Nietzsche inscrites sur les petits papiers entourant les chocolats dont raffole Carlo. Une façon originale de s’instruire.
Lali qui a quelques aspirations culturelles « recrute » sa clientèle à l’Université et dans les musées. La routine de leur existence médiocre est perturbée par un client très spécial, Davide, libraire de profession. Cultivé, bonnes manières, il a quelque chose d’un Pygmalion pervers, séduisant et s’attachant Lali en lui donnant le goût de la lecture, de l’art, bref l’illusion d’être normale. Mais Carlo n’entend guère être exclu de l’affaire et réclame sa part dans le partage de Lali dont la rétribution d’employée à la librairie de Davide inclut le service sexuel à celui-ci devenu son unique client. Et ils vécurent ainsi heureux ?…
Un appartement délabré reproduit sur scène jusqu’aux moindres détails : meubles défraîchis, lit, chaise, vieux fauteuil, téléphone, photos au mur, au fond frigo et porte d’entrée.
Des bons acteurs Chiara Baffi (Lali), Enrico Ianniello (Davide), Carmine Paternoster (Carlo) s’appliquant à jouer vrai, excellent dans le naturalisme le plus pur. Comme à la télé. Pour faire plus vrai Carlo, jeune souteneur, parle le dialecte napolitain alors que Davide s’exprime en italien plus soigné.
L’auteur et son metteur en scène prétendent dénoncer dans Il pleut l’injustice sociale, le sort fait aux jeunes laissés pour compte, sacrifiés par le système, manipulés, exploités, dépossédés de leurs rêves, de leurs désirs. Mais ni la pièce simpliste et naïve ni sa mise en scène ne dépassent guère l’anecdote superficielle racontée au premier degré, regorgeant de clichés et de bons sentiments.

Chióve- Il pleut de Pau Miró, mise en scène Francesco Saponaro dans le cadre du Standard Idéal
du 24 janvier au 8 février 2009 à la M. C. 93 Bobigny.

Irène Sadowska Guillon


Archive pour 9 février, 2009

Chióve – Il pleut

Chióve – Il pleut de Pau Miro, mise en scène Francesco Saponaro, Teatri Uniti de Naples. (En italien/napolitain sous-titré)
Dans le cadre du Standard Idéal à la M. C. 93 de Bobigny

 

chiove.jpgLa version italienne de Il pleut, pièce du jeune auteur catalan Pau Miró, transpose l’action de Barcelone à Naples dans le décor hyper réaliste d’un appartement d’un immeuble insalubre dans un quartier populaire. On pourrait raconter cette histoire comme un conte urbain. Il était une fois un couple : une jeune et belle prostituée Lali et son fiancé souteneur Carlo. Elle tapine, lui glande. À leurs moments de loisirs ils boivent du Coca-Cola, se nourrissent de hot-dogs, lisent et commentent les bouts de poèmes et les aphorismes, citations de Rimbaud, Dante, Nietzsche inscrites sur les petits papiers entourant les chocolats dont raffole Carlo. Une façon originale de s’instruire.
Lali qui a quelques aspirations culturelles « recrute » sa clientèle à l’Université et dans les musées. La routine de leur existence médiocre est perturbée par un client très spécial, Davide, libraire de profession. Cultivé, bonnes manières, il a quelque chose d’un Pygmalion pervers, séduisant et s’attachant Lali en lui donnant le goût de la lecture, de l’art, bref l’illusion d’être normale. Mais Carlo n’entend guère être exclu de l’affaire et réclame sa part dans le partage de Lali dont la rétribution d’employée à la librairie de Davide inclut le service sexuel à celui-ci devenu son unique client. Et ils vécurent ainsi heureux ?…
Un appartement délabré reproduit sur scène jusqu’aux moindres détails : meubles défraîchis, lit, chaise, vieux fauteuil, téléphone, photos au mur, au fond frigo et porte d’entrée.
Des bons acteurs Chiara Baffi (Lali), Enrico Ianniello (Davide), Carmine Paternoster (Carlo) s’appliquant à jouer vrai, excellent dans le naturalisme le plus pur. Comme à la télé. Pour faire plus vrai Carlo, jeune souteneur, parle le dialecte napolitain alors que Davide s’exprime en italien plus soigné.
L’auteur et son metteur en scène prétendent dénoncer dans Il pleut l’injustice sociale, le sort fait aux jeunes laissés pour compte, sacrifiés par le système, manipulés, exploités, dépossédés de leurs rêves, de leurs désirs. Mais ni la pièce simpliste et naïve ni sa mise en scène ne dépassent guère l’anecdote superficielle racontée au premier degré, regorgeant de clichés et de bons sentiments.

Chióve- Il pleut de Pau Miró, mise en scène Francesco Saponaro dans le cadre du Standard Idéal
du 24 janvier au 8 février 2009 à la M. C. 93 Bobigny.

Irène Sadowska Guillon

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