George Sand, ma sœur

   George Sand, ma sœur, de Bruno Villien d’après les textes de George Sand, mise en scène de Simone Ben Mussa.image.jpg

   Pas de doute, on est bien dans un théâtre privé: contrôle électronique des billets à code barre, visons et rangs de perles, moquette rouge, cadre de scène doré, ouvreuses en noir et public à l’âge très avancé souvent décoré de la Légion d’honneur ou de l’Ordre national du mérite, applaudissements en cours de spectacle, représentation un dimanche soir à 18 heures trente, bref, cela a un air  exotique …. On se croirait dans un théâtre de province il y a soixante ans du temps des tournées Baret mais non, on est bien en plein Paris en 2009.
  Macha Méril, on la connaît depuis longtemps au cinéma( La Main chaude de Gérard Oury, Un femme mariée de Godard, et chez Deville, Piallat, Lelouch…) comme au théâtre: son parcours artistique  est impressionnant. George Sand ma soeur, avait déjà été créé  il y a des années, puis repris en 2006 et l’actrice, seule en scène, raconte avec un sacré courage les amours tumultueuses de George Sand et du jeune Chopin ,à Paris comme dans sa maison de Nohant ou en Espagne, à partir de textes  de Sand  rassemblés par Bruno Villien  à une époque où l’on voyageait par malle-poste et où les amants éloignés  ne pouvaient  communiquer que par lettres. Lettres que Sand a fait  malheureusement disparaître . Restent de ces textes assez médiocres quelques belles envolées, assez caustiques, où Sand règle ses comptes avec la société et les hommes en particulier.
  La mise en scène avait été faite par Simone Ben Mussa aujourd’hui disparue et que l’on a un peu remise au goût du jour, dit Macha Méril à la fin du spectacle. Mais il n’y a  aucune direction d’acteurs: Macha Méril fait  un peu n’importe quoi et c’est dommage; de plus, par deux fois,  des voix off viennent tout casser .  Une louche de texte puis un morceau de Chopin brillamment  joué par Marc Laforet qui salue, puis de nouveau une louche  de texte, etc.. pendant une heure et demi! Et l’éternité où Chopin, épuisé par la tuberculose va entrer et que George Sand ne reverra pas, c’est long, surtout sur la fin, comme disait Alphonse Allais. Même si Macha Méril évoque avec beaucoup de pudeur et de sensibilité  la douloureuse agonie à 39 ans du compositeur qui va émouvoir le Tout-Paris de l’époque.
  Tout cela dans une scénographie chichiteuse avec, en fond de scène, une grande toile  du peintre américain Jenkins  qui n’a rien à faire là , des rideaux de tulle noir transparent. et une très petite table basse avec une plume d’oie, une feuille de papier et un chandelier que, bien sûr, Macha Méril éteint à la fin! ( Si, si, c’est vrai!).Un spectacle qu’il aurait fallu d’ urgence élaguer et, avant tout ,remettre complètement en forme: on ne sait plus très bien s’il s’agit d’un récital avec texte ou d’un texte avec récital. Enfin, cela fait toujours du bien par où cela passe comme on dit, d’entendre un peu de Chopin, un dimanche hivernal.
  A voir?  Non ,surtout pas, ou alors si vous faites partie des fans inconditionnels de Macha Méril prêts à tout accepter  pour la voir et la saluer à la fin;  on se demande comment ce genre de choses réussit quand même à avoir une existence, ne serait-ce que deux soirs par semaine… .Macha Méril , à la fin, dans une adresse au public souhaite que ce spectacle puisse être joué dans un théâtre public: tous les rêves sont permis … Sans doute, mieux vaut-il regarder un des films où Macha Méril a joué  et écouter  une sonate du Chopin de 29 ans , l’âge des ses amours avec George Sand,  par la grande Martha Argerich.

Philippe du Vignal

Théâtre de la Porte Saint-Martin, les dimanche soir et lundi soir. ( Attention,il y a quelques jours de relâche)


Archive pour 10 février, 2009

14 ème numéro de Frictions

 Lectures:
  14 ème numéro de Frictions

  Le dernier et quatorzième numéro de  Frictions vient de paraître; la revue  a  dix ans déjà- ce que dans le petit monde des revues est un beau record- et   Jean-Pierre Han la dirige avec ténacité  dans des conditions toujours précaires. Pour cet anniversaire, ce numéro rassemble dix textes parus au fil de ces années et un extrait de la dernière œuvre de Philippe Malone SeptembreS.  Le choix du comité de rédaction a été des plus pertinents: il y a d’abord quelques belles pages de Marie-José Mondzain, qui n’était pas aussi connue en 99 que maintenant, avec un essai de définition de l’image par rapport à  ce que l’on pourrait appeler la visibilité ».La vérité de l’image, dit-elle, comme la vérité de l’art, c’est précisément l’imaginaire de la liberté ».  C’est une réflexion qui est toujours d’actualité à un moment où les metteurs en scène font souvent un peu n’importe quoi avec les images de fiction .Il y a aussi un texte très intéressant de Thomas Martin, écrivain et dramaturge allemand qui collabora notamment avec Heiner Muller et Frank Castorf sur le silence au théâtre, une lettre ouverte aux gens de mon âge de Wajdi Mouawad , réflexion sur la guerre et le terrorisme et  sur la construction du bonheur par une société. C’est non seulement fort bien écrit mais d’une vive intelligence.
  Tout comme Le langage de la solitude de l’écrivain uruguayen Carlos Lorcano, auteur de romans et de théâtre  qui propose de raconter, comme il dit ,un voyage aux limites extrêmes de la langue dans une prison où il fut interné dans les années 70-80. La parole y était réprimée et faute de parler on en perdait  évidemment la nécessité et l’on préférait écouter le silence. Carlos Lorcar unit la nécessité de la parole à celle d’une réflexion sur celle de la solitude et de la liberté.
  Il y a aussi- on ne peut pas citer tous les articles- Pessimisme/ Optimisme, une  belle série photo de John de la Crame parue en 2008.

Philippe du Vignal

La revue Frictions est en vente dans les librairies de théâtre ; rédaction, abonnements: 27 rue Beaunier 75014 Paris
 

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