Mehmet Ulusoy

Nouvelle salle Mehmet Ulusoy au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis

Aux salles portant les noms de figures « inclassables » du théâtre, Jean-Marie Serreau, Roger Blin, vient de s’ajouter la salle Mehmet Ulusoy (1942 -2005) dont le baptême a eu lieu le 12 février dernier.
Cette salle modulable de 120 places, construite à l’initiative d’Alain Ollivier par Patrick Bondain, opérationnelle depuis 2003, destinée au départ aux répétitions, aux rencontres et aux ateliers, aura une double fonction : lieu de travail de création, en amont des spectacles et salle de spectacle.
L’inauguration de la salle Mehmet Ulusoy  par Christophe Rauck, directeur du TGP, a été l’occasion pour évoquer, à travers des souvenirs, anecdotes et témoignages, de ses amis, collaborateurs proches, et d’acteurs qui ont accompagné son travail, la figure de cet artiste, poète de la scène à tous les égards hors normes. Acteur, metteur en scène et directeur de compagnie, Mehmet Ulusoy commence à faire du théâtre très jeune en Turquie qu’il quitte en 1963 fuyant l’oppression policière et intellectuelle. Il se forme chez Roger Planchon à Villeurbanne puis au Berliner Ensemble et au Piccolo Teatro de Milan auprès de Giorgio Strehler dont il devient l’assistant.
En 1968 il retourne en Turquie où il fonde le Théâtre de recherche et de rue, militant, avec lequel il fait une vingtaine de créations jouées sur des places de villages, dans des usines en grève et dans des meetings. Avec l’arrivée au pouvoir de la junte militaire en 1971 Mehmet Ulusoy s’exile de nouveau en France et crée sa compagnie Théâtre de Liberté qui réunit des comédiens turcs, français et d’autres nationalités. C’est au Théâtre de Saint-Denis que José Valverde accueille la première création de Mehmet Ulusoy Légendes à venir, montage de textes des poètes Nazim Hikmet, Yannis Ritsos, Pablo Neruda et de contes populaires turcs et français. Entre 1971 – 75 il travaille comme comédien avec Antoine Vitez et joue dans l’Électre de Sophocle, Mère courage de Brecht et dans Vendredi ou la vie sauvage d’après Michel Tournier.
Son parcours est fait d’un tissage des textes de poètes, de contes populaires et de la tradition des cultures orales de l’Orient et de l’Occident.
Parmi ses créations les plus marquantes : Nuage amoureux d’après Hikmet, Le cercle de craie caucasien de Brecht, Dans les eaux glacées du calcul égoïste (textes de Marx, Maïakovski), joué dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes au Festival d’Avignon, Macbeth de Shakespeare, Une saison au Congo de Césaire et enfin, bouclant la boucle, son dernier et inoubliable spectacle d’après les textes de Roland Topor, présenté au Théâtre Essaïon chez José Valverde.
On ne peut que saluer la belle initiative de Christophe Rauck de faire vivre la mémoire de Mehmet Ulusoy en donnant son nom à une salle de création et de spectacle dans le théâtre qui fut le premier à lui ouvrir ses portes.

Irène Sadowska Guillon


Archive pour 14 février, 2009

Mehmet Ulusoy

Nouvelle salle Mehmet Ulusoy au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis

Aux salles portant les noms de figures « inclassables » du théâtre, Jean-Marie Serreau, Roger Blin, vient de s’ajouter la salle Mehmet Ulusoy (1942 -2005) dont le baptême a eu lieu le 12 février dernier.
Cette salle modulable de 120 places, construite à l’initiative d’Alain Ollivier par Patrick Bondain, opérationnelle depuis 2003, destinée au départ aux répétitions, aux rencontres et aux ateliers, aura une double fonction : lieu de travail de création, en amont des spectacles et salle de spectacle.
L’inauguration de la salle Mehmet Ulusoy  par Christophe Rauck, directeur du TGP, a été l’occasion pour évoquer, à travers des souvenirs, anecdotes et témoignages, de ses amis, collaborateurs proches, et d’acteurs qui ont accompagné son travail, la figure de cet artiste, poète de la scène à tous les égards hors normes. Acteur, metteur en scène et directeur de compagnie, Mehmet Ulusoy commence à faire du théâtre très jeune en Turquie qu’il quitte en 1963 fuyant l’oppression policière et intellectuelle. Il se forme chez Roger Planchon à Villeurbanne puis au Berliner Ensemble et au Piccolo Teatro de Milan auprès de Giorgio Strehler dont il devient l’assistant.
En 1968 il retourne en Turquie où il fonde le Théâtre de recherche et de rue, militant, avec lequel il fait une vingtaine de créations jouées sur des places de villages, dans des usines en grève et dans des meetings. Avec l’arrivée au pouvoir de la junte militaire en 1971 Mehmet Ulusoy s’exile de nouveau en France et crée sa compagnie Théâtre de Liberté qui réunit des comédiens turcs, français et d’autres nationalités. C’est au Théâtre de Saint-Denis que José Valverde accueille la première création de Mehmet Ulusoy Légendes à venir, montage de textes des poètes Nazim Hikmet, Yannis Ritsos, Pablo Neruda et de contes populaires turcs et français. Entre 1971 – 75 il travaille comme comédien avec Antoine Vitez et joue dans l’Électre de Sophocle, Mère courage de Brecht et dans Vendredi ou la vie sauvage d’après Michel Tournier.
Son parcours est fait d’un tissage des textes de poètes, de contes populaires et de la tradition des cultures orales de l’Orient et de l’Occident.
Parmi ses créations les plus marquantes : Nuage amoureux d’après Hikmet, Le cercle de craie caucasien de Brecht, Dans les eaux glacées du calcul égoïste (textes de Marx, Maïakovski), joué dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes au Festival d’Avignon, Macbeth de Shakespeare, Une saison au Congo de Césaire et enfin, bouclant la boucle, son dernier et inoubliable spectacle d’après les textes de Roland Topor, présenté au Théâtre Essaïon chez José Valverde.
On ne peut que saluer la belle initiative de Christophe Rauck de faire vivre la mémoire de Mehmet Ulusoy en donnant son nom à une salle de création et de spectacle dans le théâtre qui fut le premier à lui ouvrir ses portes.

Irène Sadowska Guillon

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