Le voyage du P’tit Zygo

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Le Voyage du P’tit Zygo de Chloé Houdart

Dix heures trente à Montreuil, dans la banlieue de Paris, une grosse ville peuplée de dizaines de nationalités,  où il y a beaucoup d’enfants. Ils sont là, se tenant par la main, sagement assis et paisibles dans le hall du théâtre. Plutôt réconfortant, cette France de demain, si mélangée…

 Le voyage du P’tit Zygo , comme nombre de spectacles pour enfants, fondé sur une sorte de promenade initiatique, est l’histoire d’un muscle: le petit zygo, celui qui fait sourire et qui habite dans le corps d’un petit garçon de six ans et demi. Mais le dit petit garçon vient d’avoir une petite soeur et il en a perdu le sourire. le p’tit Zygo va donc l’emmener faire un voyage à l’intérieur du corps humain pour lui apprendre à grandir.

Ils vont d’abord voir  Sa Majesté le Cerveau, ici figuré par un petit castelet  d’ombres de tout format, puis ils affrontent à un étrange personnage: Monsieur Stomac, représenté par un aquarium rond empli d’eau, puis rendent visite aux poumons, figurés par une sorte de sculpture en fils de cuivre suspendue à un cadre noir, et enfin à Monsieur le Cœur, une petite marionnette sur table. L’histoire est racontée par Chloé Houdart, à la fois interprète et manipulatrice des différentes marionnettes ou figurines, et qui a conçu ce spectacle au croisement d’une histoire écrite pour les enfants, d’une exploration des mécanismes du vivant qui, c’est vrai,  fascine toujours les humains et en particulier les enfants, puisqu’ils ne connaîtront jamais, sauf exception pour les médecins et surtout les chirurgiens, l’intérieur de leur propre corps, alors qu’ils en sont les uniques propriétaires.
 Oui, mais voilà: on nous annonce en fanfare un spectacle inspiré par « les œuvres d’Annette Messager, René Magritte ou (pourquoi ce ou?) Salvador Dali ». Désolé, les figures et diverses sculptures d’Annette Messager ont une invention et une véritable charge poétique qui n’ont rien à voir avec ce qui est installé sur le plateau et quant aux deux célèbres peintres surréalistes, on ne voit pas très bien non plus pourquoi on a sollicité leur bénédiction post-mortem…

 Chloé Houbart a une excellente diction et est une bonne manipulatrice  mais on reste sur sa faim: le texte est d’une platitude et d’une mièvrerie affligeante, et les images, assez pauvres,  n’ont guère d’intérêt. Le compte n’y est vraiment pas du tout. Un mois de prison avec sursis, dirait Jacques Livchine. Heureusement, la mauvaise plaisanterie ne dure que quarante minutes mais c’est déjà beaucoup trop. A voir?  la réponse est évidemment  non…. Y emmener des enfants ? SURTOUT PAS.

Mieux vaut retrouver cette série de dessins animés des années 80 sur l’exploration du corps humain qui s’appelait Il était une fois la vie où enfants et adultes peuvent apprendre plein de choses, même si c’est parfois un peu difficile à appréhender. Les enfants devraient bénéficier du plus magnifique des cadeaux théâtraux, mais… bien obligé de constater que c’est rarement le cas.

  Il y avait autrefois dans des temps moyenâgeux ( c’est à dire dire vers 1968! ) une jeune femme: Catherine Dasté, la fille de Jean et Marie-Hélène Dasté et la petite-fille de Jacques Copeau. Elle avait créé,  avec sa compagnie de la Pomme verte, des spectacles pour enfants d’une incroyable force théâtrale : L’Arbre sorcier, Jérôme et la Tortue, etc… Elle avait la foi des humbles, la probité scrupuleuse des artisans et une sorte de génie pour emmener les enfants dans des voyages merveilleux, avec des images d’une grande beauté.. Une occasion de lui rendre l’hommage qui lui est dû.

Philippe du Vignal

Spectacle vu à Montreuil; puis en tournée…


Archive pour 19 février, 2009

Le voyage du P’tit Zygo

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Le Voyage du P’tit Zygo de Chloé Houdart

Dix heures trente à Montreuil, dans la banlieue de Paris, une grosse ville peuplée de dizaines de nationalités,  où il y a beaucoup d’enfants. Ils sont là, se tenant par la main, sagement assis et paisibles dans le hall du théâtre. Plutôt réconfortant, cette France de demain, si mélangée…

 Le voyage du P’tit Zygo , comme nombre de spectacles pour enfants, fondé sur une sorte de promenade initiatique, est l’histoire d’un muscle: le petit zygo, celui qui fait sourire et qui habite dans le corps d’un petit garçon de six ans et demi. Mais le dit petit garçon vient d’avoir une petite soeur et il en a perdu le sourire. le p’tit Zygo va donc l’emmener faire un voyage à l’intérieur du corps humain pour lui apprendre à grandir.

Ils vont d’abord voir  Sa Majesté le Cerveau, ici figuré par un petit castelet  d’ombres de tout format, puis ils affrontent à un étrange personnage: Monsieur Stomac, représenté par un aquarium rond empli d’eau, puis rendent visite aux poumons, figurés par une sorte de sculpture en fils de cuivre suspendue à un cadre noir, et enfin à Monsieur le Cœur, une petite marionnette sur table. L’histoire est racontée par Chloé Houdart, à la fois interprète et manipulatrice des différentes marionnettes ou figurines, et qui a conçu ce spectacle au croisement d’une histoire écrite pour les enfants, d’une exploration des mécanismes du vivant qui, c’est vrai,  fascine toujours les humains et en particulier les enfants, puisqu’ils ne connaîtront jamais, sauf exception pour les médecins et surtout les chirurgiens, l’intérieur de leur propre corps, alors qu’ils en sont les uniques propriétaires.
 Oui, mais voilà: on nous annonce en fanfare un spectacle inspiré par « les œuvres d’Annette Messager, René Magritte ou (pourquoi ce ou?) Salvador Dali ». Désolé, les figures et diverses sculptures d’Annette Messager ont une invention et une véritable charge poétique qui n’ont rien à voir avec ce qui est installé sur le plateau et quant aux deux célèbres peintres surréalistes, on ne voit pas très bien non plus pourquoi on a sollicité leur bénédiction post-mortem…

 Chloé Houbart a une excellente diction et est une bonne manipulatrice  mais on reste sur sa faim: le texte est d’une platitude et d’une mièvrerie affligeante, et les images, assez pauvres,  n’ont guère d’intérêt. Le compte n’y est vraiment pas du tout. Un mois de prison avec sursis, dirait Jacques Livchine. Heureusement, la mauvaise plaisanterie ne dure que quarante minutes mais c’est déjà beaucoup trop. A voir?  la réponse est évidemment  non…. Y emmener des enfants ? SURTOUT PAS.

Mieux vaut retrouver cette série de dessins animés des années 80 sur l’exploration du corps humain qui s’appelait Il était une fois la vie où enfants et adultes peuvent apprendre plein de choses, même si c’est parfois un peu difficile à appréhender. Les enfants devraient bénéficier du plus magnifique des cadeaux théâtraux, mais… bien obligé de constater que c’est rarement le cas.

  Il y avait autrefois dans des temps moyenâgeux ( c’est à dire dire vers 1968! ) une jeune femme: Catherine Dasté, la fille de Jean et Marie-Hélène Dasté et la petite-fille de Jacques Copeau. Elle avait créé,  avec sa compagnie de la Pomme verte, des spectacles pour enfants d’une incroyable force théâtrale : L’Arbre sorcier, Jérôme et la Tortue, etc… Elle avait la foi des humbles, la probité scrupuleuse des artisans et une sorte de génie pour emmener les enfants dans des voyages merveilleux, avec des images d’une grande beauté.. Une occasion de lui rendre l’hommage qui lui est dû.

Philippe du Vignal

Spectacle vu à Montreuil; puis en tournée…

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