PERFORMANCE

PERFORMANCE  Studio des 3 oranges Audincourt

 

De Jean-François le Scour the croûte.com
Étrange personnage que ce Jean-François le Scour ! Photographe de profession, il est obsédé par la publicité, les affiches recouvertes 100 fois qui polluent notre environnement urbain en grande banlieue et finissent par former des croûtes. Cette fois, il déploie une installation de boîtes qui contiennent un joli petit catalogue d’affiches, des grands panneaux de vieilles affiches qu’il déploie, avec d’aléatoires projections sur une inauguration à Neuilly. Il fait filmer des interventions intempestives des spectateurs. Dans ce grand désordre du vraiment faux, entre art plastique et théâtre Jean-François le Scour se perd encore dans un grand désordre auquel les petits enfants ne sont pas insensibles.

Edith Rappoport


Archive pour 20 février, 2009

L’USINE ET LES PETITS BOULOTS

L’USINE ET LES PETITS BOULOTS. Lycée du Grand Chesnois Montbéliard

Théâtre de la Jacquerie avec Véronique Joly et Olivier Lupperes
En 1999, le Théâtre de l’Unité qui dirigeait le Centre d’Art et de Plaisanterie de Montbéliard avait confié la direction au Théâtre de la Jacquerie pendant plusieurs mois. La compagnie y avait lancé un travail d’interview réalisé par Elsa Quinette qui avait rencontré les habitants et créé A mon bel amour. Ces rencontres ont donné naissance à toute une série de spectacles légers présentés en décentralisation dans de petits lieux. Celui-là est né à Vitry le François autour d’une enquête sur le travail. Les deux comédiens interprètent une trentaine de personnages avec une virtuosité étonnante. On y voit notamment la lutte d’un couple enchaîné depuis des années à un dur labeur qu’ils aiment dans une entreprise familiale, puis la lente déchéance de ce travail, jusqu’au licenciement. Ils parviennent néanmoins à élever leurs enfants qui leur offrent un voyage à Paris, la tour Eiffel, le bateau-mouche et le Moulin rouge. Le jeune public, les enseignants présents comme le petit groupe des professionnels sont émus jusqu’aux larmes.

Edith Rappoport

LE CABARET DES HOMMES PERDUS

 

Le Cabaret des hommes perdus de Christian Siméon, mise en scène Jean-Luc Revol, musique de Patrick Laviosa


Dicky, jeune garçon bien fait de sa personne, échoue dans un cabaret gay au terme d’une chasse au pédé. Il est pris en main par Destin, le maître des lieux qui va lui ouvrir une carrière royale dans des films porno homosexuels, compte tenu de l’étonnante taille de son membre !

Mais tout est bien qui finira mal, et Dicky sombrera dans la déchéance ! Cette étrange comédie musicale à l’américaine est interprétée avec une belle énergie et un vrai savoir faire par quatre acteurs et bons chanteurs, accompagnés au piano par le compositeur.

Le cabaret des hommes perdus créé au Théâtre du Rond Point a déjà connu une belle carrière avec 160 représentations. Au sein de cette MALS, autrefois réputée pour un répertoire et un public traditionnel et plutôt puritain, nous avons été surpris par la réaction chaleureuse   du public  dans cette grande salle qui était pleine.

Spectacle vu au MALS de Sochaux

Edith Rappoport

BORIS VIAN, JUSTE LE TEMPS DE VIVRE


BORIS VIAN,  JUSTE LE TEMPS DE VIVRE, chansons et textes, montage François Bourgeat, mise en scène Jean-Louis Jacopin.

Boris Vian, né en 1920, est mort  d’unvian.jpg arrêt cardiaque en 59, quelques minutes après  qu’ait commencé la première projection du  film  J’irai cracher sur vos tombes , son roman, écrit sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, qui fut très vite condamné pour outrage aux bonnes moeurs. A l’origine, Boris Vian ,élève au lycée Condorcet comme Gainsbourg et… du Vignal , sortit Ingénieur de Centrale, puis devint le parolier de plus de 500 chansons et poèmes chantés, dont la célèbre Le déserteur, en 1954; la liste de ses interprètes donne le tournis : Serge Reggiani, Henri  Salvador,  Jacques Higelin, Mouloudji, Michel Piccoli, Enrico Macias, Judith Magre, Jean Rochefort, Christiane Legrand, Serge Gainsbourg, Les Têtes raides, Bernard Lavilliers, etc…
 Compositeur, chanteur , acteur à l’occasion… La chanson, il la connait bien, puisqu’il travailla dans une maison de disques.Il écrivit aussi ces romans qui le rendirent célèbre dans les années 68:  L’Automne à Pékin, L’Ecume des Jours et l’Arrache-coeur. Passionné de jazz , il écrivit aussi quelques pièces comme L’Equarissage pour tous, le Goûter des généraux et les Bâtisseurs d’empire qui ne sont plus guère jouées . Il fut aussi traducteur de textes américains: tout cela, en ayant eu quand même deux enfants,  et , en quelque à peine vingt ans à peine.. Ainsi,  fut la courte vie de Boris Vian, dans le Paris encore bohème du Saint-Germain-des-Prés de l’époque, mort il y a déjà cinquante ans. Juste , ou plutôt à peine, le temps de vivre,comme dit le titre du spectacle.
 Une  lumière rouge est allumée face public….Silence:on assiste à l’enregistrement d’une émission sur Boris Vian. Ils sont trois sur scène: Gabrielle Godart, Arnaud Laurens et Susanne Schmidt qui chantent  tous les trois ensemble , en duo ou en solo mais elles jouent aussi du piano, de l’accordéon, et lui, du saxo et de la guitare électrique. Les chansons se succèdent: celles que l’on connaît depuis toujours: « Fais moi mal , Johny »,  « On n’est pas là pour se faire engueuler », « Je bois pour oublier » , « Je voudrais pas crever « ,  « Je suis snob avec ce dernier vers étonnant: « Et quand je serai mort, je veux un suaire de chez Dior. ».. et d’autres moins connues et quelques citations de poèmes, pages de romans et extraits de son  inachevé Traité du civisme, pas toujours aussi convaincants. Il y a aussi de merveilleuses pubs d’époque dites en voix off: Omo lave plus blanc, La pointe Bic avec ses trois kilomètres d’écriture, et  Cette chanson vous était offerte par Frigidaire.
  Atteint de rhumatismes articulaires quand il était enfant, Boris Vian eut vite des complications  côté coeur, et on le sent obsédé par ce gros muscle défaillant chez lui -il intitule un de ses romans L’arrache-coeur-  et par la mort qui rôde à chaque instant : la plupart de ses chansons en portent la marque et il se savait sans doute condamné à courte échéance. Le spectacle , dont le montage est dû à François Bourgeat , qui a été mis en scène par Jean-Louis Jacopin, est du genre réjouissant et il y  a un très  beau travail musical qui mérite d’être salué.

Les colères, l’humour corrosif et la poésie de Vian sont en tout cas bien là. Côté éléments de décor et costumes, c’est beaucoup plus  approximatif mais,  bon… Dans les conditions difficiles qu’imposent une salle et une scène médiocres,  les trois interprètes, au solide métier,  réussissent pourtant à s’imposer: il y a encore quelques longueurs et baisses de rythme mais tout cela devrait pouvoir se caler après quelques représentations.
 A voir? Oui, si vous avez envie de retrouver Boris Vian chanté devant vous, là- haut à Ménilmontant.

Philippe du Vignal

Théâtre de Ménilmontant, jusqu’au 15 mars 2009.

Parmi plusieurs biographies de Boris Vian,  citons la dernière: V comme Vian de Marc Lapprand aux Presses de l’Université Laval, 2006; quant aux oeuvres de Boris Vian, elle sont éditées pour la plupart chez Fayard; pour les chansons, vous avez l’embarras du choix dans les disques édités.

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