LA CHARRUE ET LES ÉTOILES

LA CHARRUE ET LES ÉTOILES  Théâtre 71 de Malakoff

De Sean O’Casey, texte français et mise en scène de Irène Bonnaud, scénographie de Claire Le Gal, production  déléguée de Théâtre Dijon-Bourgogne


Irène Bonnaud dont j’avais vu Music-Hall 56 de John Osborne à Montreuil et Lenz de Bûchner au Studio théâtre de Vitry, continue d’explorer un vrai théâtre politique, « qui appuie là où ça fait mal, les contradictions d’une politique qui avance sur des cadavres et s’allie aux pires valeurs réactionnaires, le nationalisme et le fanatisme religieux ». La charrue et les étoiles, c’est le nom d’un pub où se retrouvent les militants de l’IRA pendant l’insurrection de Pâques 1916.
Jack a quitté sa jeune femme Nora qu’il vient d’épouser, pour aller participer à un meeting qui dégénère. Elle le cherche vainement dans les rues de Dublin, finit par rentrer dans son immeuble où la vieille Bessie qui a perdu son fils dans les rangs de l’armée britannique, clame sa haine rageuse de la lutte pour l’indépendance des Irlandais. Tout le monde se retrouve au pub pour écluser des whiskies, et l’on voit la vie de l’immeuble où Madame Gogan, la concierge, tente de mettre de l’ordre et de calmer les affrontements violents des locataires.
Nora enceinte, retrouvera son Jack qui la quittera à nouveau pour finir  dans les combats, elle perdra son enfant, et au bord de la folie, sera prise en charge par la vieille Bessie et mourra, victime d’une balle perdue. Ce spectacle un peu mélodramatique et sentimental, met en scène une belle équipe d’acteurs où Bernard Escalon campe notamment un barman irlandais plus vrai  que nature, Martine Schambacher  une Bessie étincelante , et Edmond Vuillioud,  un généreux Fluther à l’écart de la lutte.

 

Edith Rappoport


Archive pour 5 mars, 2009

L’OPÉRA DE QUAT’SOUS

L’OPÉRA DE QUAT’SOUS  École nationale de musique de Mantes la Jolie

De Bertolt Brecht, mise en scène Frédéric Fachena, Collectif 12

Le Collectif 12 travaille depuis dix ans à  Mantes la Jolie, ils animent nombre d’ateliers et ont réalisé plusieurs spectacles à partir d ‘un lieu  vivant ouvert sur l’international aménagé dans une ancienne fabrique entre Mantes et Mantes la jolie fondé par Catherine Boskowitz et 11 autre artistes. Celle-ci a quitté le groupe il y a un an, Frédéric Fachena a pris le relais, il s’est lancé depuis plusieurs mois dans la réalisation de cet Opéra de quat’sous avec la complicité de l’École nationale de musique sous la direction de Jean-Christophe André. Ils sont 22 comédiens sur le plateau, 9 comédiens professionnels accompagnés par un chœur d’amateurs issu de leur ateliers, accompagnés par 9 musiciens qui nous offrent un vrai régal. La modernité étonnante de cette œuvre écrite au lendemain de la crise de 1929, m’a fait croire à une adaptation, quand j’ai entendu « il vaut mieux être banquier que bandit » dans le final au moment de l’exécution annulée de Mackie le surineur. Peachum qui fait fortune sur une entreprise de faux mendiants veut se venger de Mackie qui vient d’épouser sa fille Polly. En dépit de l’amitié d’enfance qui lie le bandit Mackie à Tiger Brown le chef de la police, le bandit se fera surprendre au bordel où il est allé retrouver Jenny des lupanars qui le dénoncera. L’exécution n’aura pas lieu et Mackie triomphera. Malgré des flottements et quelques imperfections en cette matinée de première, cet Opéra de quat’sous qui impose de véritables acteurs chanteurs complets, la partition de Kurt Weill est respectée et chantée avec une vraie maîtrise, s’avère un spectacle généreux de premier ordre.

 Edith Rappoport

 

Prochaines représentations 6, 7, 13, 14 mars à 20 h 30, 15 mars à 16 h à l’École nationale de musique de Mantes, 21 mars au théâtre de Saint Germain en laye

A LA MEMOIRE DE TADEUSZ KANTOR

 La dernière fois que j’ai vu Tadeusz  Kantor, c’était à l’automne 99 où j’étais allé à Toulouse faire une conférence sur son travail.Il y répétait son dernier  spectacle au Théâtre Garonne , qu’il devait créer quelques mois après ; il ne paraissait pas ses soixante quinze ans; très actif , attentif au moindre détail , il avait des journées interminables mais son visage trahissait souvent une inquiétante anxiété,  et il m’avait dit plusieurs fois qu’il se sentait très fatigué.
Je ne l’ai jamais revu,  et Aujourd’hui, c’est mon anniversaire  fut créé sans lui à Cracovie où il est mort subitement en décembre 99 mais j’ai mis longtemps, très longtemps à croire qu’il pouvait être mort; nous nous voyons en effet  régulièrement deux à trois fois par an depuis 1971, quand il avait créé La poule d’eau à Nancy puis à Malakoff. Nous nous rencontrions  l’occasion d’une création, d’une reprise ou d’un colloque  à Paris, ou à Barcelone ou Milan… ; à l’époque, il était encore peu connu et je me souviens d’une représentation des Mignons et des Guenons au Théâtre national de Chaillot où nombre de chaises étaient vides, et où certains spectateurs  n’hésitaient pas à quitter la salle avant la fin…Ses comédiens venaient en car par économie et logeaient chez des parents ou amis polonais…
Je me souviens de son immense culture et  de son impeccable français; je me souviens des longs entretiens qu’il m’accordait avec générosité pour l’Art Vivant, pour Art-press ou pour d’autres magazines ou quotidiens; je me souviens de son épouse Maria Stangret; je me souviens de tous ses comédiens, en particulier,  les deux jumeaux Waclaw et Leslaw Janicki, la comtesse ,comme l’appelait Tadeusz , Maria  Krasicka; le vieux surveillant de La Classe morte , Kasimierz Mikulski, Lech Stangret, le neveu de Maria, Anna Halczak qui fut un temps la compagne de Kantor, Myra Rycklicka…
Beaucoup l’ont depuis  rejoint au  royaume des morts. Je me souviens de ses colères mémorables, oubliée une demi heure après ;je me souviens aussi  des cadeaux qu’il m’a faits et que je garde précieusement dont plusieurs dessins.
Je me souviens surtout qu’à chaque fois que j’ai parlé de son œuvre théâtrale et plastique- et la dernière fois c’était à l’Institut polonais,-il y avait toujours beaucoup d’émotion , alors que personne dans la salle  ne l’avait rencontré… Chacune des promotions de L’Ecole du Théâtre National a eu, bien sûr, droit à quelques conférences, ce qui était frappant, lorsque je projetais La Classe morte, je ne  donnais la date ( 1975),pas plus que celle du fameux 1789 du Théâtre du Soleil, ( 1970), et jamais les élèves  n’avaient envie de la demander comme si ce spectacle datait d’hier, alors qu’il avait déjà au minimum déjà quinze ans..  Je commençais aussi toujours par rappeler qu’il avait fait partie du jury de recrutement de la première promotion, et comme il avait dû partir avant la fin, il m’avait laissé la liste des quelques candidats qu’il voulait absolument voir retenus, et je dois dire qu’il ne s’était pas trompé. Kantor, longtemps après sa mort , m’a aidé et m’aide encore à vivre,et je suis  vraiment content que Michaël Filller,  élève de la dernière promotion de l’Ecole et son ami, Alexandre Moisescot, comédien et réalisateur, aient pu réaliser un projet qui leur tenait à cœur.

N’hésitez pas à y aller: ce n’est pas tous les jours que vous pourrez faire connaissance avec une œuvre théâtrale d’une telle importance qui continue encore d’influencer nombre de créateurs.

Philippe du Vignal

 

   A LA MEMOIRE DE TADEUSZ KANTOR
rétrospective dédiée à Tadeusz Kantor et au Cricot 2
du 24 au 27 mars 2009 aux Caves Esclangon (Paris) organisée par la Compagnie Gérard Gérard


      Nous avions cinq et six ans quand Tadeusz Kantor est mort. Nous n’avons jamais assisté à un spectacle du Cricot 2. Nous ne sommes pas professeurs, pas chercheurs, encore moins savants, experts ou journalistes. Si notre discours semble décousu, brouillé, sachez que c’est peut être notre intention, mais ce n’est en rien pour vous fâcher. Jacquie Bablet et Patrick Penot viendront nous aider à prendre la parole, Caroline Rose à nous souvenir en mots et en images, des films aussi, et quelques interviews, des traces de notre voyage. Pour vous accueillir, nous avons choisi deux longues caves. Avec quelques ampoules au plafond.
      La rétrospective que nous organisons a pour but de retranscrire cette quête d’un théâtre disparu de la manière dont nous l’avons vécue, de reconstituer le voyage que Kantor nous a permis de réaliser, un voyage dans le temps, à travers des gens, dans une Pologne qui s’efface aujourd’hui peu à peu. C’est pourquoi, nous avons voulu placer cette rétrospective sous le signe de l’évocation, du partage des mémoires, de l’échange et essayer de faire vivre le souvenir de représentations éphémères. Et dans ce fouillis de souvenirs, dans ce hasard de rencontres, dans ces contradictions de paroles et ce décalage de regards, peut-être parviendrons-nous à toucher un instant ce qu’a été le théâtre impossible de Tadeusz Kantor.

Alexandre Moisescot et Michaël Filler
Cie Gérard Gérard

Une rétrospective

La Compagnie Gérard Gérard propose de cheminer dans l’œuvre foisonnante de Tadeusz Kantor en abordant progressivement l’univers de l’artiste à travers la projection de captations des spectacles, des reportages, des enregistrements de happenings, la présence d’invités, des témoignages vivants ou filmés, un concert et une exposition de photographies. L’accent est mis sur l’œuvre théâtrale de Tadeusz Kantor.
En plus des séances publiques, chaque film peut être diffusé sur demande dans la seconde cave Esclangon, conjointe, qui sert d’espace d’exposition et de consultation libre. C’est là que se tiendra l’exposition des photographies de Caroline Rose.
L’intégralité de la manifestation est gratuite et est prioritairement destinée aux étudiants. Les places sont limitées, s’inscrire est fortement recommandé.

Les intervenants

Jacquie Bablet, photographe et réalisatrice (CNRS)
Patrick Penot, directeur du Théâtre des Célestins (Lyon)
Caroline Rose, photographe

le groupe Yankele

Le programme

Au fil de ces séances, nous projetterons les témoignages de B.Renczynski, M.Vayssière, J.J.Lerrant, M.Bataillon, J.P Leonardini, A.Crombecque, J.M.Boeglin, G.Delahaye, W.Znorko, N.Zarzecka, Ph.Du Vignal et A.Ptaszkowska, que nous avons filmés lors du colloque organisé par le Théâtre des Célestins à Lyon en 2006.

retrospectivekantordp.jpgMARDI 24 MARS
10h         Tadeusz Kantor, parcours d’un artiste total
invité : Patrick Penot, directeur du Théâtre des Célestins (Lyon)
14h        « Le Théâtre de Tadeusz Kantor » (1988), 1ère partie
Documentaire de Denis et Jacquie Bablet
16h        « La Classe Morte » (1975) : présentation d’une séance dramatique
18h         Un cricotage : « Où sont les Neiges d’Antan » (1979)
20h         Caroline Rose : confidences de théâtre

MERCREDI 25 MARS
10h        Happenings, Deménagements et Emballages
11h        “Kantor est là” de Dietrich Mahlow (1969)
14h        « Le Théâtre de Tadeusz Kantor » (1988), 2ème partie
15h        “Wielopole Wielopole” (1985)
21h         Soirée concert avec le goupe klezmer Yankele

JEUDI 26 MARS
10h        “Kantor” de Andrzej Sapija (1985)
11h        “Qu’ils crèvent les artistes !” (1987)
15h        “Je ne reviendrai jamais” (1989)
17h         “Kantor en répétition : un portrait” (1984-2006) »
19h         Le spectacle « Je ne reviendrai jamais » et son évolution
séance exceptionnelle présentée par Jacquie Bablet

VENDREDI 27 MARS
10h         Carte blanche à la Cie Gérard Gérard
14h         Entretiens avec Tadeusz Kantor” de Denis Bablet (1977)
16h        “Des répétitions, rien que des répétitions” (1990)
18h        « Aujourd’hui, c’est mon anniversaire » (1991)
20h         Soirée polonaise

infos pratiquesquilscreventcarolinerose.jpg

RETROSPECTIVE GRATUITE
destinée prioritairement aux étudiants
ouvert de 10h à 20h sauf pour le concert de Yankele et la soirée polonaise (jusqu’à 23h)

CAVES ESCLANGON
Campus de Jussieu
Bâtiment Esclangon, derrière la Tour 66
en sous-sol (prendre l’escalier à droite dans le hall)
2 place Jussieu / Paris 5ème
Métro : Jussieu (7), Cardinal Lemoine (10)
Bus 47, 67 et 89 : arrêts Jussieu et Cardinal Lemoine

La jauge est limitée. Pour vous inscrire, il suffit d’envoyer un mail à contact@ciegerardgerard.fr, précisant les séances que vous avez choisies. L’inscription est obligatoire pour les groupes et les classes.

Ce projet a reçu le soutien du Théâtre des Célestins (Lyon), de la Cricoteka (Krakow) et des universités La Sorbonne (Paris 4), Pierre et Marie Curie (Paris 6) et Denis Diderot (Paris 7). L’exposition des photographies de Caroline Rose est co-organisée par l’association Le Retour d’Ulysse.

www.ciegerardgerard.fr

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