Je n’ai jamais quitté l’école…

Note de lecture

Je n’ai jamais quitté l’école…
Daniel Mesguich, entretien avec Rodolphe Fouano

 

mescguich.jpg« Je n’ai jamais quitté l’école…» cette citation de Jacques Derrida qui sert de titre au livre résume on ne peut mieux le parcours de Daniel Mesguich. Pourtant depuis presque 40 ans, sans jamais couper le cordon ombilical le reliant au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, toujours en quête d’aventures et de défis nouveaux, Daniel Mesguich n’a cessé d’explorer le vaste champ de l’art de l’acteur et du metteur en scène au théâtre, au cinéma, à l’opéra, en France à l’étranger.
Autant par ses mises en scène que par ses partis pris théoriques, philosophiques, ses passes d’armes avec la critique et ses détracteurs, Mesguich s’était fait une réputation sulfureuse, d’iconoclaste, d’anticonformiste radical, de briseur d’habitudes, d’agitateur d’idées, bref de celui qui met en question, qui dérange les ordres établis.
Entré au Conservatoire en 1970 il y devient dès 1983 le professeur le plus jeune de l’histoire de cette vénérable maison et 25 ans après son directeur. Un loup dans la bergerie ?
Le questionnement de l’enseignement de l’art dramatique : qu’est-ce qu’enseigner ? et de surcroît cette matière qui ne s’apprend pas ?, constitue le fil rouge de ce livre d’entretiens menés à bâtons rompus. Rien à voir avec un traité théorique, c’est une approche d’une pratique pédagogique « conçue comme une lente contamination » en constante déconstruction selon le modèle derridien.
Ce n’est pas non plus une biographie de l’acteur ni une monographie du metteur en scène mais un retour sur certains moments et étapes du parcours de Daniel Mesguich éclairant ses convictions et sa démarche d’homme et d’artiste. Ainsi évoque-t-on son enfance en Algérie, son adolescence à Marseille, son arrivée à Paris pour présenter le concours du Conservatoire, sa « métamorphose » en metteur en scène puis en professeur et directeur du Conservatoire, fonction qu’il a repoussée à plusieurs reprises avant de l’accepter en 2007.
Au fil de la conversation entre Rodolphe Fouano et Daniel Mesguich qui ne perd pas son franc-parler, on découvre son univers : sa fascination pour Antoine Vitez, son admiration pour Pierre Debauche, ses maîtres au Conservatoire, sa famille de pensée : Sartre, Derrida, Cixous, son amour sans bornes de l’œuvre de Shakespeare, ses engagements intellectuels et artistiques, son utopie d’une école et d’un théâtre dépassant la contradiction entre la tradition et la modernité qu’il tente de mettre en œuvre au Conservatoire.
Un livre qui brosse le portrait sans retouches d’un artiste singulier qui ne se prend pas pour maître et n’a de cesse de réinterroger ses convictions, ses partis pris, ses contradictions, de retourner toujours à l’école, d’apprendre plus.
L’entretien est suivi d’une chronologie des mises en scène de Daniel Mesguich et d’une bibliographie.

Irène Sadowska Guillon

Je n’ai jamais quitté l’école… Daniel Mesguich.
Entretien avec Rodolphe Fouano
Éditions Albin-Michel. À paraître le 1er avril 2009

 


Un commentaire

  1. sophie dit :

    Nous aurons le plaisir d’accueillir Daniel Mesguich et Rodolphe Fouano le samedi 4 avril à 17h à la librairie du Rond-Point pour une rencontre autour de ce nouveau livre. Venez discuter avec les auteurs !

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