La Jalousie du barbouillé, Le Médecin volant et Les Précieuses ridicules

 La Jalousie du barbouillé, Le Médecin volant et Les Précieuses ridicules de Molière, mise en scène de Christian Schiaretti.

moliereneo1copie2.jpg Le directeur du T.N.P. de Villeurbanne  a mis en scène deux programmes consacrés à Molière: l’un qui regroupe Sganarelle ou le Cocu imaginaire et  L’Ecole des maris, et l’autre, les  trois petites pièces citées plus haut jouées  sur une petite scène à tréteaux , avec fausse chandelles sur le devant ( c’est peut-être du second degré?) posée sur le plateau du Théâtre 71, ce qui est sans doute une fausse bonne idée;  ce n’est en effet ni très beau ni très efficace mais bon!  La Jalousie du barbouillé est une  courte  farce inspirée de celles du Moyen- Age où un  mari jaloux met dehors sa femme Angélique, après s’être confié à un docteur aussi ignorant que prétentieux. Il lui ferme la porte mais elle trouve , à son tour, le moyen de le laisser dehors.

Il y a un tirade formidable qui préfigure celle du Sganarelle de Don Juan , où le Barbouillé consulte  un  médecin vantard et  prétentieux qui prononce  une série de courtes phrases- valises assez étonnantes , et comme  la langue de Molière à ses débuts est déjà savoureuse, et que  c’est du genre plutôt bien joué , on ne boude pas son plaisir (malgré des costumes bien laids), notamment par Jérôme Quintard ( Le barbouillé) , Julien Gauthier ( le docteur) et Laurence Besson ( Angélique). On sent qu’il y a un véritable esprit de troupe, ce qui fera plaisir à Edith Rappoport,, puisque les dix comédiens sortent tous de l’Ensatt,  (deux d’entre eux:  Borle et Quintard, n’en déplaise à M. Goldenberg, ex-directeur du Théâtre national de Chaillot ont d’abord été à l’Ecole …de Chaillot).
Mais la mise en scène  manque singulièrement de rythme et de force. Comme si la mise en scène de Schiaretti, pour reprendre l’expression du grand Bernard Dort, notre maître à beaucoup, avait perdu ses boulons en route, et la remarque vaut pour les trois pièces. C’est méchant? Oui, mais c’est la vérité.
 Le Médecin volant  raconte l’histoire de deux amoureux ,Valère et Lucile dont  Georgibus, son père veut absolument la marier à Villebrequin; Lucile fait semblant d’être malade et Sabine,  sa chère cousine s’en va  chercher un médecin- ridicule et ,comme dans La Jalousie du barbouillé, assez prétentieux , et qui n’est autre que Sganarelle, le valet de  Valère. Finalement Gorgibus, même trompé par cette double identité, reconnaîtra avoir été trompé et  acceptera le mariage des deux amoureux. Le canevas vient tout droit de la commedia del arte et , là aussi, c’est plutôt bien joué , notamment par Olivier Borle et Jeanne Brouaye mais la petite pièce, rarement montée  nous laisse un peu sur notre faim. Et là, on ne peut pas reprocher grand chose à Christian Schiaretti, sinon de l’avoir choisie….
 Quant aux Précieuses ridicules, c’est une belle erreur d’installer  sur cette même petite scène à tréteaux où, par définition, il n’y a guère de place. Dès lors, les comédiens passent  et repassent on ne sait trop pourquoi par le châssis en ferraille qui sert de fond aux deux pièces précédentes, et, très franchement, on n’en voit pas bien l’intérêt: les comédiens ne semblent pas  à l’aise sur un espace aussi limité. Et, Jeanne Brouyaie et Clémentine Verdier, qui jouent Magdelon et Cathos, les deux  jeunes provinciales snobinardes ne semblent pas au mieux de leur forme: elles criaillent et on comprend souvent mal ce qu’elles disent, d’autant plus que le texte est bourré de termes qu’il aurait absolument traduire. Les linguistes ont peut-être les bonnes réponses, mais la pièce a a un vocabulaire  beaucoup moins compréhensible  que celui des grandes  oeuvres comme  Tartuffe ou Don Juan, pour qui n’a pas  étudié au lycée la littérature de cette époque.
 Cela dit, les collégiens, sans être enthousiastes, n’avaient pas l’air de s’ennuyer; peut-être avaient-ils été auparavant cornaqués par leurs profs…
Alors, à voir? Pas sûr, le rapport qualité/ prix n’est pas évident ( 21 euros plein pot!) , sauf si vous avez envie de voir les débuts  du grand Molière, celui dont on continue à dire que, quel que soit le texte, quand les élèves d’un cours d’art dramatique en entendent par hasard une bouffée, ils en reconnaissent aussitôt l’auteur.Et c’est vrai que c’est écrit dans une langue   admirable. Quant au Programme 1, ((Sganarelle ou le Cocu imaginaire, et L’Ecole des Maris) , deux pièces plus longues mais assez mineures, du coup, cela ne donne pas vraiment envie d’y aller  voir. Maintenant , si le coeur vous en dit… Si nous en avons le temps, nous irons nous rendre compte…

Philippe du Vignal

Théâtre 71,  Malakoff jusqu’au 10 avril ( les intégrales des deux programmes n’ont plus lieu, ouf!)

 


Un commentaire

  1. martine s dit :

    j’avais vu les mêmes à Lyon, à domicile, au TNP et les jeunes comédiens s’en donnaient à coeur joie, quant aux élèves présents (forcément), ils étaient debout, applaudissant avec enthousiasme, à la fin.

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