L’ÎLE DES ESCLAVES

 

L’ïle des esclaves de Marivaux, mise en scène Stéphanie Chevara


Stéphanie Chevara campe une île des esclaves plutôt contemporaine, sur une épave de bateau dans laquelle est encastré un piano occupant la totalité du plateau du minuscule Plateau 31. Hocine Choutri joue un étrange Trivelin bienveillant et pédagogue, Emmanuelle Bougerol une Cléanthis agressive et nerveuse, Sylvain Ferrandes un Arlequin raisonnable. Malgré un problème de niveau sonore- on n’entend pas toujours très bien ce texte d’une étrange actualité-, cette vision de l’île des esclaves a une belle prégnance.

Edith Rappoport


Archive pour 4 avril, 2009

Le Pas de l’Homme

Le Pas de l’Homme, texte et mise en scène de Farid Paya.

pasdelhomme.jpg  Farid Paya nous avait déjà asséné des monuments d’ennui mais cette fois c’est encore pire. »Ce texte a été écrit rapidement, comme s’il était déjà prêt en moi. Bien qu’étant un récit, le retour qui m’a été le plus donné est la qualité théâtrale de ce texte », écrit-il avec superbe. On ne sait de qui est venu ce retour, sans doute d’amis très proches mais, pour qu’il y ait un véritable retour comme il dit, aurait-il encore fallu qu’il y ait …un aller, ce qui est loin d’être le cas .

En effet, Farid Paya, dans son texte,  fait souvent référence à l’Apocalypse, à Marc ou à Job, et ne se prive pas de dire que ses guides secrets ont été René Char et Saint-John Perse. Désolé, mais on est très très loin du compte et à relire  Eloges  paru il y a déjà quelque cent ans ou Anabase qui date de 1924, on est bien loin du compte et la prose de M. Paya fait figure de très mauvais pastiche. De Saint-John Perse, on admire encore la merveilleuse dimension incantatoire des versets d’un poète qui s’identifiait à la nature, au désert comme à l’océan et qui avait gardé de ses voyages en Chine le goût de l’infini. Un siècle après, ces pages font encore rêver . La prose de Paya, elle,  distille un ennui de premier ordre, sans doute parce qu’il y manque , et le souffle indispensable, et une véritable écriture. Bourrée d’ adjectifs, ce qui n’est jamais  bon signe, cette bouillie insipide fait  semblant d’être de la poésie. Mais il y a tromperie sur la marchandise. Il s’agit de trois récits et si on a bien compris, où l’on dit la violence pour aller vers une certaine paix intérieure.

  Mais,  comme Paya enfile les formules toutes faites, les stéréotypes , et n’arrive même pas à mettre en cadence ses pauvres phrases, on est ,dès les premières minutes envahi et cassé  par une espèce de logorrhée qui dure plus de deux heures… la terre, le sexe, les marées, le désert, le sang répandu, le soleil couchant, les viandes,la nuit, les pierres, etc… mais ce que disent la Bible ou Homère en trois mots justes et précis, Paya nous le tartine pendant de longues minutes…

  Et c’est sans espoir, et quand il n’y a aucun espoir au théâtre, on s’ennuie tout de suite. Et dire que Paya prétend  s’entourer de trois conseillers à la dramaturgie…. Tous aux abris! Il y a sur les côtés de la  scène ,quatre groupes de trois masques posés au sol aux couleurs et aux formes plus que médiocres, mais cela commence plutôt bien et on est agréablement  surpris par ce ciel d’aurore où l’on voit se mouvoir des silhouettes d’être humains. C’est à la fois simple et beau, comme peut l’être une image du grand Bob Wilson…

Mais on ne perd rien pour attendre,  et dès que les neuf comédiens entrent en scène, on comprend  que l’on va vivre deux heures de souffrance.Habillés dans des espèces de robes/ pantalons faites de cuir et de tissu- brodé pour certains, avec beaucoup de foulards, ( du sous-sous Christian Lacroix d’une rare laideur, ils prennent des poses, surjouent, roulent des yeux en récitant leur texte façon chant grégorien mais là aussi sans aucune grâce ni harmonie , soit en solo soit en groupe.Et Paya ,qui ne doute de rien,  ne nous épargne rien non plus : hurlements, minauderies, petits pas rythmés, halètements, mimiques ridicules, gestes des mains  vaguement inspirés par la danse indienne bahrata natyam.

  Seuls la musique de Bill Mahder et quelques chants en choeur parviennent à nous tirer de notre hébétude.Et à la fin, il y a un petit film tourné dans un désert par Farid Paya: c’est assez banal et sans grand intérêt  mais au moins cela distrait, même s’il faut encore subir le texte prétentieux de Paya récité par ses neuf comédiens assis sur les côtés. Plus jamais Paya, plus jamais…. Il  nous disait avant le spectacle , et non sans aplomb , que c’était un texte qui divisait: on aimerait savoir dans quelles proportions!  D’autant plus qu’il n’y avait pas foule ce vendredi soir.. On aimerait bien savoir aussi si la Ville  de Paris, Le Ministère de la Culture et le Conseil Régional d’Ile-de-France vont encore aider longtemps Paya à produire des spectacles du même tonneau!  Alors que beaucoup de jeunes troupes auraient bien besoin qu’on s’occupe d’elles. Voilà c’est dit; de toute façon, vous n’irez pas  puisque cela se termine le 5 avril mais si le spectacle est repris, prenez garde…

 

Philippe du Vignal

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