Arlequin

Arlequin
Vie et aventures de Tristano Martinelli, acteur
de Siro Ferrone
traduit de l’italien par Françoise Siguret

image12.jpgNous connaissons tous la figure d’Arlequin, personnage emblématique de la commedia dell’arte, mais nous ignorons son origine : qui, quand et où l’a créé, l’a incarné et l’a immortalisé au point que ce malicieux et insolent personnage a été érigé en icône d’art théâtral depuis quatre siècles ?
S’appuyant sur des documents d’archives, correspondances, sources littéraires et iconographiques, actes des notaires, lettres de prince et de comédiens de l’époque, Siro Ferrone, professeur d’histoire du théâtre à l’Université de Florence, reconstruit la biographie de l’acteur Tristano Martinelli inventeur et premier Arlequin de l’histoire. Cet ouvrage sur la vie, l’art, les inventions et les techniques de Tristano Martinelli, acteur, acrobate, funambule, improvisateur, né à Mantoue en 1557 et mort en 1630, se lit comme un roman d’aventures.
Il n’y a pas de textes littéraires permettant de dater précisément l’apparition d’Arlequin du fait que l’art de Tristano Martinelli, consistant en actions, gestes et paroles improvisés, créés sur la scène, n’a pas été transféré sur une page écrite.
Arlequin tire son origine des Zanni, personnages très anciens transmis par la tradition médiévale, créatures grossières, bouffons balourds, protagonistes des spectacles populaires improvisés sur les places et les scènes de théâtre éphémères. Contrairement aux personnages supérieurs s’exprimant, dans le spectacle, en florentin littéraire, les Zanni baragouinent en bergamasque. On retrouve cet antagonisme linguistique et social dans la commedia dell’arte.
À partir de ces archétypes populaires Tristano Martinelli construit son personnage d’Arlequin qu’il fait découvrir et impose avec succès en Europe lors des voyages de sa troupe à Francfort, Londres, Madrid, Orléans, Paris où elle arrive en 1584.
Siro Ferrone replace la carrière de Tristano Martinelli, alias Arlequin, dans le contexte des événements politiques, guerres civiles, alliances princières etc. en citant de nombreux documents et les registres, brossant ainsi un tableau passionnant de la situation du théâtre à l’époque, de la condition des comédiens et de leurs rapports avec le pouvoir politique et religieux.
Un important cahier d’illustrations inséré dans l’ouvrage apporte des précisions sur la diffusion de l’art d’Arlequin et sur la représentation du personnage, protagoniste de la commedia dell’arte. Ainsi des cartes représentant les haut-lieux d’Arlequin dans la ville et dans la région de Mantoue, à Paris (Hôtel de Bourgogne, place de grève, palais du Louvre, Pont-Neuf, quartier des comiques italiens, foire Saint-Germain…). De nombreuses planches représentent Arlequin amoureux, Arlequin à cheval, Zanni, Horacio, Pantalone, le Capitaine Matamoros, des scènes de spectacles, des estampes des œuvres, etc..
Depuis sa création par Tristano Martinelli Arlequin ne cesse de se réincarner sur scène. Siro Ferrone dresse la généalogie théâtrale des Arlequins célèbres depuis le XVIIe s. jusqu’aux plus récents : Marcello Moretti (1910 – 1961) et Ferrucio Soleri, Arlequin fétiche de Strehler.
En annexes : bibliographie, index des noms et chronologie comparée, complètent cette histoire passionnée d’un acteur immortalisé dans son personnage.

Irène Sadowska Guillon

Arlequin
vie et aventures de Tristano Martinelli, acteur
de Siro Ferrone
collection « Les voies de l’acteur » Éditions Entretemps, 2008
250 pages, 25 €

 


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