Biennale internationale des arts de la marionnette

Biennale internationale des art de la marionnette : Faust3 2360words et Mauvaise graine

image14.jpgFaust, seul, c’est le grand savant, le grand chercheur ; allié à Méphistophélès, c’est le grand magicien. À eux deux : toute connaissance, tout pouvoir. À la scène et aux objets scéniques  la    puissance de suggestion et de dérision.
Les Russes de l’Akhte Théâtre convient devant nous au moins 2360 bidouillages électroniques, produisent des sons littéralement inouïs, des éclats de lumières qui valent tous les “orages désirés“, et tout un petit bricolage manuel avec des bouts de ficelles qui fait les délices de l’art de la marionnette. Un impeccable conteur musicien allume le jeu d’un Faust de foire dépenaillé et grandiose, qui fait sortir de ses doigts de bûcheron minuscules poupées de papier, liquides diversement colorés, flammes froides, tableaux animés… Un beau bordel dont il tire les 2360 ficelles avec une rigueur égale à sa désinvolture. Au fond, un troisième homme incarne un professeur-Méphisto d’autant plus inquiétant qu’il pourrait être Faust. Quant à Marguerite, elle sera bue cul-sec, le mariage étant refusé avec horreur par Méphisto et remplacé par “mille et tre“ fantasmes cosmopolites.

  On aura encore une allusion à Shylock (Faust se tranche le pied, qui pèse une livre).
Ce Faust au cube n’aura été joué que deux fois au Théâtre de la Cité internationale, donc vous ne le verrez pas. Mais cette petite chronique est là  pour donner, outre des regrets, l’envie de courir à la Biennale, y découvrir à quel point le théâtre d’objets est capable de donner de leçons d’émerveillement au théâtre vivant classique.

  Moins convaincant, Mauvaise graine, par la compagnie A (France). C’est l’histoire du vilain petit canard revisitée  dans une  jolie scénographie par une bon accordéoniste et une clownesse timide. De jolis détails, mais le spectacle a le double défaut de tirer en longueur et de tourner court. Conclusion : le théâtre d’objets, ou avec des objets, demande autant de rigueur et d’ambition que le théâtre vivant classique.


Christine Friedel

 


Un commentaire

  1. moonbird dit :

    J’aime assez votre commentaire qui donne (donnait plutôt vu que ce spectacle ne se rejouera pas) et sur la chûte de votre article…

    Du point de vue diables et compagnie, j’ai été voir le 8 mai un spectacle joué près de Reims qui se nommait « C’est malin » (de Fulbert Janin) ; une comédie grinçante se passant dans un presbytère d’un petit village provençal où il se passait des choses pas très catholiques… Quand un apprenti diablotin veut changer de camp et veut se convertir, il demande à un curé de l’aider mais pour ne pas se faire remarquer il a pris forme humaine évidemment…

    J’ai bien aimé le rythme de l’histoire (le début est certes un peu lent ; on aurait aimé que le « l’apprenti diablotin » avoue plus vite afin que le curé soit désarmé plus vite… Par contre le comédien jouant l’apprentin diablotin joue aussi le rôle du naïf du village et là chapeau au comédien qui arrive à jouer 2 rôles complêtement différents… (que ce soit au niveau des intonations que par les mimiques du visage…)

    Je fais partie d’une troupe amateure de théâtre, si vous voulez visiter mon blog pour vous faire une idée des pièces que j’ai joué, je serai honoré.

    Bon prochains spectacles.

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