Stuff happens

   Stuff happens de David Hare, mise en scène de Bruno Freyssinet et William Nadylam.stuffhappens2.jpg

       David Hare a 62 ans; c’est sans doute l’un des dramaturges anglais les plus joués dans son pays comme ailleurs. Directeur associé du National Theater de Londres,il est aussi metteur en scène et auteur de nombreux scénarios pour le cinéma et d’adaptations(Pirandello, Brecht, Schnitzler, Lorca…). Mais il dit qu’il  n’ éprouve pas un grand intérêt pour le théâtre contemporain français…A Paris, on  avait pu notamment voir de lui Le malin plaisir monté par Jacques Lassalle, et, en 2006, Mon lit en zinc, mise en scène de Laurent Terzieff. Stuff Happens ( Ce que sont des choses qui arrivent) est l’un des ses dernières pièces .Créée à Londre en 2004, c’est une sorte de chronique historique où, » dit-il, les scènes d’adresse directe au public reprennent les propos de leurs auteurs. C’est seulement  lorsque les portes se sont refermées sur les leaders du monde ou sur leur entourage que j’ai fait appel à mon imagination ».

  L’histoire, on ne la connaît que trop bien puisqu’elle n’est pas encore achevée; en 2001, le nouveau gouvernement américain, obsédé par Sadam Hussein, cherchait un prétexte pour intervenir en Irak , voire au Moyen Orient, avec ou sans l’accord de leur alliés et de l’ONU. Et puis arriva le fameux tragique 11 septembre… Mais  Bush avait évidemment besoin d’arguments pour se lancer dans l’aventure, et puisqu’il fallait en trouver, on en trouva, avec les conséquences dramatiques pour des millions de gens: 1)les armes de destruction massives que les inspecteurs missionnés ne réussiront jamais à trouver;  2) Saddam Hussein est complice de Ben Laden qui avait conduit les opérations du 11 septembre ; 3) il fallait absolument débarrasser la planète de ce dictateur, comme s’il n’en existait aucun autre dans le monde.

  Ce qui devait permettre d’arriver à ce  double syllogisme: une fois Saddam Hussein éliminé, Ben Laden serait vite fragilisé et également éliminé, et les Irakiens, eux en seraient très reconnaissants (« Je suis persuadé, disait avec une belle naïveté, l’ex-vice président Dick Cheney, que nous serions accueillis comme des libérateurs »). Ce pays voterait donc pour la démocratie dans leur pays! On a vu la suite; ce qui est plus difficile à appréhender, c’est que tout un système politique dont les membres sont issus des meillleures universités américaines aient pu être aussi aveugles…

  Dans cette triste affaire , depuis le détournement des quatre avions de ligne qui s’écrasèrent sur le World Trade Center, sur le Pentagone et près de Pittsburg, on oublie un peu trop souvent que c’est d’abord l’ONU qui admit, de facto ,les opérations de 40 armées étrangères (dont la France) en Afghanistan, et on oublie aussi que c’est le Congrès américain qui autorisa Bush à envahir l’Irak, soutenu par huit pays européens. Quant à Colin Powel , il essayera en vain d’entraîner les autres membres du Conseil de Sécurité  dont la France, sur les sentiers de la guerre en Irak.

  Dominique de Villepin, alors premier ministre, prononcera alors à l’ONU un discours assez violent contre la guerre mais Bush , en 2003, après un ultimatum à Sadam Hussein, avec l’appui de Blair , lancera l’opération « Liberté de l’Irak », avec le succès que l’on sait! On ne sait trop comment les choses en sont arrivées là, ni surtout comment Bush, à l’époque, soutenu par son pays, a réussi à convaincre ses compatriotes de la nécessité d’une « guerre préventive », comment Condoleeza Rice, dès 2003 a osé prétendre « punir la France, ignorer l’Allemagne et pardonner à la Russie » . Et on n’oubliera pas non plus le pitoyable Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense, se lancer dans  ce genre de déclarations: « Oussama Ben Laden est soit vivant et en bonne santé, soit vivant et pas très en forme, soit mort ».

  Blair, qui conduit un gouvernement qui n’est en phase ni avec son pays ni avec l’Europe, ni même avec certains de ses camarades de parti persiste, au nom d’on ne sait quelle prétendue solidarité,à être aux côtés de Bush… Il comprendra un peu tard qu’il aurait mieux valu ne jamais accompagner la désastreuse équipée américaine en Irak. Le pauvre Colin Powel, secrétaire d’Etat, finira par admettre en 2004 que les soi-disant preuves de l’existence d’armes de destruction massive , argument jusqu’alors irréfutable pour aller en Irak en 2003, n’ étaient pas vraiment fondées…

  Six ans après une « mission accomplie » comme le prétendait Bush, les Américains sont toujours en Irak et nul ne sait où se trouve Ben Laden. Les grands groupes industriels qui travaillent pour l’armement contribuent toujours à l’économie du pays; bref, les choses ne sont pas si simples et il n’y a plus grand monde pour croire à la guerre , comme rempart contre le terrorisme. Mais, c’est une vieille histoire: une fois la machine lancée,  un pays ne passe pas facilement d’une économie de guerre à une économie de paix: trop d’intérêts sont en jeu et Obama le sait mieux que quiconque.

  C’est tout cela, avec les principaux protagonistes américains: Bush, Condoleeza Rice, Colin Powel, Hans Blix, Donald Rumsfeld et , du côté européen, Blair et de Villepin, que Stuff Happens essaye de raconter dans une sorte de chronique documentaire. La mise en scène de Bruno Freyssinet et de William Nadylam est fondée sur une série de courte séquences, juste ponctuée par un entracte, de près de trois heures. Scénographie bi-frontale, plateau absolument nu, avec quelques éléments de table juste esquissés, deux longs bancs et quelques fauteuils à la forme épurée, donc  rien à voir avec ce que  pourrait être le mobilier de la Maison-Blanche, pour le plus granbd profit du jeu de l’acteur.

  A chaque extrémité de la scène, métaphore du pouvoir, deux grands écrans vidéos chargés de retransmettre en l’amplifiant la parole présidentielle.Il y a très souvent plus d’une dizaine de personnages en scène,et cette espèce d’agitation humaine qu’ont su intelligemment  créer les deux metteurs en scène, montre bien la spirale infernale dans laquelle a été pris le pouvoir politique américain ,quand Bush s’est mis en croisade pour lutter contre » l’axe du mal ». Du côté de la direction  d’acteurs, Freyssinet et Nadylam montrent qu’il savent faire: le ballet est parfaitement réglé.

  Et quand il s’agit de mettre en scène quatorze personnes, les choses sont loin d’être évidentes! D’autant plus que la pièce, qui pèse quand même son poids de minutes ,est une suite de courtes scènes reliées  par le seul fil rouge de cette lutte impitoyable que les Etats-Unis ont mis en place après le 11 septembre. Et, n’en déplaise à M. David Hare qui n’a pas de mots assez durs pour le théâtre contemporain français , Stuff Happens n’ a pas non plus que des qualités et la pièce, assez bavarde,aurait mérité quelques coupes. Les choses vont sans doute un peu mieux dans la seconde partie, où les scènes paraissent plus légères dans leur construction et mieux structurées.

  Mais, côté réflexion politique , on reste un peu sur sa faim… Hubert Védrine, ex-ministre des Affaires étrangères dit qu’il a trouvé » la pièce amusante et bien écrite » mais, de là, à penser comme lui que » Stuff Happens nous permettrait de comprendre les mécanismes de décision de façon intelligente et informée »… Désolé, M. Védrine, la pièce ne nous apprend pas grand chose que l’on sache déjà,  et n’invite tout de même pas le public à une grande réflexion politique de haut niveau . Ce qu’avaient réussi à faire Vinaver, et Eschyle ( Les Perses ) et Shakespeare des siècles avant lui. Mais Bruno Freyssinet et William Nadylam ont en tout cas réussi à  montrer la face cachée des décisions politiques prises au plus haut niveau, ce qui est sans doute le propos de David Hare… 

  Leur  réalisation est d’une grande rigueur, sans effets inutiles ; malgré une distribution un peu inégale qui  reste de bonne qualité (en  particulier :  Daniel Berlioux/ Dick Cheney, Greg Germain/ Colin Powell, Alain Rimoux /Donald Rumsfeld et Arnaud Décarsin / Tony Blair; et Philippe Duclos qui campe un Dominique de Villepin plus vrai que nature. Les deux metteurs en scène ont pris la précaution de ne pas tomber dans la caricature et les Guignols de l’info. Il y a une petite difficulté avec Bush, qu’on a tellement vu en photos ou sur les écrans, qu’il est difficile de le voir autrement qu’il est dans la vie réelle, et Vincent Vinterhalter a un peu de mal à nous convaincre, malgré un excellent travail, qu’il est cette espèce de néo-conservateur qui se croit investi par Dieu pour faire régner le bien sur terre, alors qu’il emmène son pays avec lui dans une suite d’aberrations politiques.        

  Alors, à voir? Oui, malgré les défauts du texte,  et si l’on veut bien rester assis sur les petits sièges coques, étroits et inconfortables, de la salle modulable. Jean-Louis Martinelli, faites quelque chose pour vos gentils spectateurs qui ne méritent quand même pas cela, surtout quand il il s’agit d’assister à une pièce  de plusieurs heures…

Philippe du Vignal

Théâtre Nanterre-Amandiers, jusqu’au 14 juin.


Archive pour 14 mai, 2009

Stuff happens

   Stuff happens de David Hare, mise en scène de Bruno Freyssinet et William Nadylam.stuffhappens2.jpg

       David Hare a 62 ans; c’est sans doute l’un des dramaturges anglais les plus joués dans son pays comme ailleurs. Directeur associé du National Theater de Londres,il est aussi metteur en scène et auteur de nombreux scénarios pour le cinéma et d’adaptations(Pirandello, Brecht, Schnitzler, Lorca…). Mais il dit qu’il  n’ éprouve pas un grand intérêt pour le théâtre contemporain français…A Paris, on  avait pu notamment voir de lui Le malin plaisir monté par Jacques Lassalle, et, en 2006, Mon lit en zinc, mise en scène de Laurent Terzieff. Stuff Happens ( Ce que sont des choses qui arrivent) est l’un des ses dernières pièces .Créée à Londre en 2004, c’est une sorte de chronique historique où, » dit-il, les scènes d’adresse directe au public reprennent les propos de leurs auteurs. C’est seulement  lorsque les portes se sont refermées sur les leaders du monde ou sur leur entourage que j’ai fait appel à mon imagination ».

  L’histoire, on ne la connaît que trop bien puisqu’elle n’est pas encore achevée; en 2001, le nouveau gouvernement américain, obsédé par Sadam Hussein, cherchait un prétexte pour intervenir en Irak , voire au Moyen Orient, avec ou sans l’accord de leur alliés et de l’ONU. Et puis arriva le fameux tragique 11 septembre… Mais  Bush avait évidemment besoin d’arguments pour se lancer dans l’aventure, et puisqu’il fallait en trouver, on en trouva, avec les conséquences dramatiques pour des millions de gens: 1)les armes de destruction massives que les inspecteurs missionnés ne réussiront jamais à trouver;  2) Saddam Hussein est complice de Ben Laden qui avait conduit les opérations du 11 septembre ; 3) il fallait absolument débarrasser la planète de ce dictateur, comme s’il n’en existait aucun autre dans le monde.

  Ce qui devait permettre d’arriver à ce  double syllogisme: une fois Saddam Hussein éliminé, Ben Laden serait vite fragilisé et également éliminé, et les Irakiens, eux en seraient très reconnaissants (« Je suis persuadé, disait avec une belle naïveté, l’ex-vice président Dick Cheney, que nous serions accueillis comme des libérateurs »). Ce pays voterait donc pour la démocratie dans leur pays! On a vu la suite; ce qui est plus difficile à appréhender, c’est que tout un système politique dont les membres sont issus des meillleures universités américaines aient pu être aussi aveugles…

  Dans cette triste affaire , depuis le détournement des quatre avions de ligne qui s’écrasèrent sur le World Trade Center, sur le Pentagone et près de Pittsburg, on oublie un peu trop souvent que c’est d’abord l’ONU qui admit, de facto ,les opérations de 40 armées étrangères (dont la France) en Afghanistan, et on oublie aussi que c’est le Congrès américain qui autorisa Bush à envahir l’Irak, soutenu par huit pays européens. Quant à Colin Powel , il essayera en vain d’entraîner les autres membres du Conseil de Sécurité  dont la France, sur les sentiers de la guerre en Irak.

  Dominique de Villepin, alors premier ministre, prononcera alors à l’ONU un discours assez violent contre la guerre mais Bush , en 2003, après un ultimatum à Sadam Hussein, avec l’appui de Blair , lancera l’opération « Liberté de l’Irak », avec le succès que l’on sait! On ne sait trop comment les choses en sont arrivées là, ni surtout comment Bush, à l’époque, soutenu par son pays, a réussi à convaincre ses compatriotes de la nécessité d’une « guerre préventive », comment Condoleeza Rice, dès 2003 a osé prétendre « punir la France, ignorer l’Allemagne et pardonner à la Russie » . Et on n’oubliera pas non plus le pitoyable Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense, se lancer dans  ce genre de déclarations: « Oussama Ben Laden est soit vivant et en bonne santé, soit vivant et pas très en forme, soit mort ».

  Blair, qui conduit un gouvernement qui n’est en phase ni avec son pays ni avec l’Europe, ni même avec certains de ses camarades de parti persiste, au nom d’on ne sait quelle prétendue solidarité,à être aux côtés de Bush… Il comprendra un peu tard qu’il aurait mieux valu ne jamais accompagner la désastreuse équipée américaine en Irak. Le pauvre Colin Powel, secrétaire d’Etat, finira par admettre en 2004 que les soi-disant preuves de l’existence d’armes de destruction massive , argument jusqu’alors irréfutable pour aller en Irak en 2003, n’ étaient pas vraiment fondées…

  Six ans après une « mission accomplie » comme le prétendait Bush, les Américains sont toujours en Irak et nul ne sait où se trouve Ben Laden. Les grands groupes industriels qui travaillent pour l’armement contribuent toujours à l’économie du pays; bref, les choses ne sont pas si simples et il n’y a plus grand monde pour croire à la guerre , comme rempart contre le terrorisme. Mais, c’est une vieille histoire: une fois la machine lancée,  un pays ne passe pas facilement d’une économie de guerre à une économie de paix: trop d’intérêts sont en jeu et Obama le sait mieux que quiconque.

  C’est tout cela, avec les principaux protagonistes américains: Bush, Condoleeza Rice, Colin Powel, Hans Blix, Donald Rumsfeld et , du côté européen, Blair et de Villepin, que Stuff Happens essaye de raconter dans une sorte de chronique documentaire. La mise en scène de Bruno Freyssinet et de William Nadylam est fondée sur une série de courte séquences, juste ponctuée par un entracte, de près de trois heures. Scénographie bi-frontale, plateau absolument nu, avec quelques éléments de table juste esquissés, deux longs bancs et quelques fauteuils à la forme épurée, donc  rien à voir avec ce que  pourrait être le mobilier de la Maison-Blanche, pour le plus granbd profit du jeu de l’acteur.

  A chaque extrémité de la scène, métaphore du pouvoir, deux grands écrans vidéos chargés de retransmettre en l’amplifiant la parole présidentielle.Il y a très souvent plus d’une dizaine de personnages en scène,et cette espèce d’agitation humaine qu’ont su intelligemment  créer les deux metteurs en scène, montre bien la spirale infernale dans laquelle a été pris le pouvoir politique américain ,quand Bush s’est mis en croisade pour lutter contre » l’axe du mal ». Du côté de la direction  d’acteurs, Freyssinet et Nadylam montrent qu’il savent faire: le ballet est parfaitement réglé.

  Et quand il s’agit de mettre en scène quatorze personnes, les choses sont loin d’être évidentes! D’autant plus que la pièce, qui pèse quand même son poids de minutes ,est une suite de courtes scènes reliées  par le seul fil rouge de cette lutte impitoyable que les Etats-Unis ont mis en place après le 11 septembre. Et, n’en déplaise à M. David Hare qui n’a pas de mots assez durs pour le théâtre contemporain français , Stuff Happens n’ a pas non plus que des qualités et la pièce, assez bavarde,aurait mérité quelques coupes. Les choses vont sans doute un peu mieux dans la seconde partie, où les scènes paraissent plus légères dans leur construction et mieux structurées.

  Mais, côté réflexion politique , on reste un peu sur sa faim… Hubert Védrine, ex-ministre des Affaires étrangères dit qu’il a trouvé » la pièce amusante et bien écrite » mais, de là, à penser comme lui que » Stuff Happens nous permettrait de comprendre les mécanismes de décision de façon intelligente et informée »… Désolé, M. Védrine, la pièce ne nous apprend pas grand chose que l’on sache déjà,  et n’invite tout de même pas le public à une grande réflexion politique de haut niveau . Ce qu’avaient réussi à faire Vinaver, et Eschyle ( Les Perses ) et Shakespeare des siècles avant lui. Mais Bruno Freyssinet et William Nadylam ont en tout cas réussi à  montrer la face cachée des décisions politiques prises au plus haut niveau, ce qui est sans doute le propos de David Hare… 

  Leur  réalisation est d’une grande rigueur, sans effets inutiles ; malgré une distribution un peu inégale qui  reste de bonne qualité (en  particulier :  Daniel Berlioux/ Dick Cheney, Greg Germain/ Colin Powell, Alain Rimoux /Donald Rumsfeld et Arnaud Décarsin / Tony Blair; et Philippe Duclos qui campe un Dominique de Villepin plus vrai que nature. Les deux metteurs en scène ont pris la précaution de ne pas tomber dans la caricature et les Guignols de l’info. Il y a une petite difficulté avec Bush, qu’on a tellement vu en photos ou sur les écrans, qu’il est difficile de le voir autrement qu’il est dans la vie réelle, et Vincent Vinterhalter a un peu de mal à nous convaincre, malgré un excellent travail, qu’il est cette espèce de néo-conservateur qui se croit investi par Dieu pour faire régner le bien sur terre, alors qu’il emmène son pays avec lui dans une suite d’aberrations politiques.        

  Alors, à voir? Oui, malgré les défauts du texte,  et si l’on veut bien rester assis sur les petits sièges coques, étroits et inconfortables, de la salle modulable. Jean-Louis Martinelli, faites quelque chose pour vos gentils spectateurs qui ne méritent quand même pas cela, surtout quand il il s’agit d’assister à une pièce  de plusieurs heures…

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