Tuer la misère


Tuer la misère

C’est le machin d’artiste de l’art qui a fait disparaître la misère.


Détruire la misère c’est pas rien.
C’te sacrée misère, il faut l’arrêter avant qu’il soit trop tard.Et on pourrait même se détruire par nous-même sans s’en rendre compte, il faut contre-attaquer pour détruire la misère.
André Robillard – juin 2008


C’est quoi, cet objet au beau titre ? Un spectacle-concert-performance en liberté, et surtout une rencontre. Chralotte Ranson, Alexis Forestier et ses « endimanchés » – antiphrase pour ces ludions chercheurs qui sont tout sauf « endimanchés » – ont rencontré André Robillard, un type d’une autre génération qui bricole des fusils-jouets et des dessins d’enfant, des « machins d’œuvre », comme il dit, et que les connaisseurs classent dans l’art brut. Ensemble, ils font monter une incroyable mayonnaise où chacun est pleinement soi et pleinement avec l’autre. Ce « machin d’art » différent qu’est le théâtre, ils le font vivre au milieu des machines de Robillard, les spoutniks, les serpents en couleur, et aussi des cages à  canaris, la table aux accessoires, et les outils à musique à vue. Ça s’organise, avec les poèmes de Paul Celan et de Paul Klee, de Brecht – en version originale, pour la musique, mais « les paroles » sont distribuées au public – et des textes de Fernand Deligny et de Karl Brendel, et le premier lied du Voyage d’hiver, autour non pas de l’idée d’humanité, mais du désir d’humanité, en actes, en chair et en os. Tout sur l’espoir. Tout sur la misère, qu’il faut tuer, la vache. Tout sur la fraternité, en actes, ici et maintenant, en chair et en os. C’est drôle parfois – inénarrable duo sur le Paris-Roubaix -, c’est virtuose souvent – la musique d’Alexis Forestier et d’Antonin Rayon, le monologue en langue martienne dévidé par André Robillard -, c’est sérieux, ça avance calmement et ça prend le pouvoir sur l’imagination du public. C’est moderne, donc dur, juste, présent, et pieds sur terre.
Avant le spectacle, on peut se promener dans l’exposition André Robillard, après, on est invité sur le plateau. Les « machins d’art » et la fraternité continuent.
Christine Friedel

L’Echangeur, à Bagnolet-  jusqu’au 5 juin (seulement !).

 


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