La Rage

« La Rage » de Michelle Riml, traduction en français de Sarah Migneron, mise en scène de Joel Beddows. Théâtre la Catapulte, Ottawa

rage97.jpgLa Rage, (la colère, et non la maladie)  est une œuvre de Michelle Riml, auteur dramatique de  Colombie Britannique, dont la traductrice  Sarah Migneron vit maintenant à Ottawa. La pièce est présentée par le Théâtre la Catapulte, une troupe franco-ontarienne, établie  dans une belle salle du centre ville, équipée de tous les dispositifs  technologiques  nécessaires. Cette pièce  vise les adolescents mais peut aussi concerner les parents et les  adultes en général.

  Elle s’inspire  des actes de violence actuels,  massacres,  prises d’otages et  suicides qui se déroulent dans les écoles. Une toile de fond très violente donc, avec un dialogue à propos d’Hitler qui n’est ici qu’un prétexte et la discussion vire à une confrontation tragique  qu’on pressent dès les premiers moments. Laura est  travailleuse sociale dans une école,  et Raymond, un élève de 17 ans est sur le point d’être expulsé à cause d’une rédaction sur Hitler, où il doit entrer dans la peau du monstre pour mieux comprendre ses motivations.  Raymond voit dans le personnage d’Hitler, malgré tout, quelqu’un qui avait une mission, une vision claire de la vie, à l’opposé des adultes qui l’entourent où il  ne perçoit qu’ hypocrisie , absence de sens éthique, indifférence, ce qui suscite chez lui  un sentiment d’abandon.

  Face à cette logique perverse, Laura, prise de panique, lui oppose des arguments pacifistes, au moment où Raymond prend son revolver et lui pose le choix de sa vie : quelqu’un doit mourir, ce sera lui ou elle! Raymond lui donne l’arme ; dans son désespoir, il est prêt à mourir mais mais, elle, pacifiste,  est incapable de tirer.

  Choix sartrien? Certainement pas: la jeune femme a peur, tout simplement, et ne se comprend  pas elle-même. La scène  dépasse le  mélodrame  et le jeune acteur nous fait ressentir la profondeur de son trouble psychique, et sa grande intelligence face à cette adversaire plutôt faible. Toutefois,  la discussion sur Hitler n’est qu’un prétexte : l’échange devient  vite un cri de douleur du jeune homme qui a besoin d’aide et ne trouve  personne capable de  l’écouter. Défaillance du système scolaire, confusion paranoïaque de l’ élève, et médiocrité de la travailleuse sociale crachant des clichés sur la fraternité et la bonne entente… Mais elle perd son calme et hurle des obscénités au jeune homme , quand il  est sur le point de l’attaquer physiquement. Cette joute violente aboutit à un échec sur tous les plans: Laura  comprend que ses principes sont insuffisants face à une violence réelle,  et  Raymond ne survivra pas à sa révolte. 

  Joel Beddows,  a fait un travail méticuleux avec les deux jeunes comédiens, qui expriment très bien  un paroxysme de colère, de douleur et de terreur dans cette confrontation qui nous tient en haleine pendant  quatre vingt dix minutes, et  provoque la discussion et qui devrait interpeller tous les jeunes.

Alvina Ruprecht

Théâtre la Catapulte

Présentée dans un premier temps en anglais sur la côte Ouest du Canada (Vancouver); représentations actuellement en Ontario francophone dans cette nouvelle production, associée au festival du Centre national des Arts d’Ottawa.


Archive pour mai, 2009

La Rage

« La Rage » de Michelle Riml, traduction en français de Sarah Migneron, mise en scène de Joel Beddows. Théâtre la Catapulte, Ottawa

rage97.jpgLa Rage, (la colère, et non la maladie)  est une œuvre de Michelle Riml, auteur dramatique de  Colombie Britannique, dont la traductrice  Sarah Migneron vit maintenant à Ottawa. La pièce est présentée par le Théâtre la Catapulte, une troupe franco-ontarienne, établie  dans une belle salle du centre ville, équipée de tous les dispositifs  technologiques  nécessaires. Cette pièce  vise les adolescents mais peut aussi concerner les parents et les  adultes en général.

  Elle s’inspire  des actes de violence actuels,  massacres,  prises d’otages et  suicides qui se déroulent dans les écoles. Une toile de fond très violente donc, avec un dialogue à propos d’Hitler qui n’est ici qu’un prétexte et la discussion vire à une confrontation tragique  qu’on pressent dès les premiers moments. Laura est  travailleuse sociale dans une école,  et Raymond, un élève de 17 ans est sur le point d’être expulsé à cause d’une rédaction sur Hitler, où il doit entrer dans la peau du monstre pour mieux comprendre ses motivations.  Raymond voit dans le personnage d’Hitler, malgré tout, quelqu’un qui avait une mission, une vision claire de la vie, à l’opposé des adultes qui l’entourent où il  ne perçoit qu’ hypocrisie , absence de sens éthique, indifférence, ce qui suscite chez lui  un sentiment d’abandon.

  Face à cette logique perverse, Laura, prise de panique, lui oppose des arguments pacifistes, au moment où Raymond prend son revolver et lui pose le choix de sa vie : quelqu’un doit mourir, ce sera lui ou elle! Raymond lui donne l’arme ; dans son désespoir, il est prêt à mourir mais mais, elle, pacifiste,  est incapable de tirer.

  Choix sartrien? Certainement pas: la jeune femme a peur, tout simplement, et ne se comprend  pas elle-même. La scène  dépasse le  mélodrame  et le jeune acteur nous fait ressentir la profondeur de son trouble psychique, et sa grande intelligence face à cette adversaire plutôt faible. Toutefois,  la discussion sur Hitler n’est qu’un prétexte : l’échange devient  vite un cri de douleur du jeune homme qui a besoin d’aide et ne trouve  personne capable de  l’écouter. Défaillance du système scolaire, confusion paranoïaque de l’ élève, et médiocrité de la travailleuse sociale crachant des clichés sur la fraternité et la bonne entente… Mais elle perd son calme et hurle des obscénités au jeune homme , quand il  est sur le point de l’attaquer physiquement. Cette joute violente aboutit à un échec sur tous les plans: Laura  comprend que ses principes sont insuffisants face à une violence réelle,  et  Raymond ne survivra pas à sa révolte. 

  Joel Beddows,  a fait un travail méticuleux avec les deux jeunes comédiens, qui expriment très bien  un paroxysme de colère, de douleur et de terreur dans cette confrontation qui nous tient en haleine pendant  quatre vingt dix minutes, et  provoque la discussion et qui devrait interpeller tous les jeunes.

Alvina Ruprecht

Théâtre la Catapulte

Présentée dans un premier temps en anglais sur la côte Ouest du Canada (Vancouver); représentations actuellement en Ontario francophone dans cette nouvelle production, associée au festival du Centre national des Arts d’Ottawa.

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