Au bois dormant

Au bois dormant
Spectacle de Thierry Thieû Niang, Marie Desplechin, Benjamin Dupé avec le regard complice de Patrice Chéreau

parisart16tciniangaubois01g53332.jpg   À l’origine de ce spectacle de danse – théâtre une expérience du chorégraphe Thierry Thieû Niang de danse partagée en duo avec quatre adolescents autistes de l’Institut Médical Éducatif Les Parons à Aix-en-Provence. À partir de cette expérience il crée un solo chorégraphique pour lequel Benjamin Dupé compose la musique, et Marie Desplechin, ayant suivi sa démarche et l’atelier d’improvisation avec les adolescents, dépose dans un texte la perception qu’elle en a eu.
L’enjeu de cette création était de faire vivre sur le même espace et en parallèle le travail du chorégraphe, sa perception textuelle et musicale et « les ponts secrets et imaginaires les reliant encore, en creux, aux quatre adolescents ».
« Quand rien ne vient de la parole il y a toujours quelque chose du corps » explique Thierry Thieû Niang dont la démarche consiste à « chercher du dehors celui qui est dedans », à faire advenir l’être endormi dans le corps.
Sur le plateau juste un tapis coloré au sol. Benjamin Dupé (guitare électrique) et une bande son, accompagnent la danse de Thierry Thieû Niang, s’arrêtant pendant les interventions de Marie Desplechin. De temps à autre les bruits du monde extérieur, des voix d’enfants, etc. font irruption dans cet univers refermé sur lui-même.
Au fond du plateau, telle une ombre solitaire, un être à part, on voit évoluer Bastien Lefevre, danseur invité.
De temps à autre, sur le plateau, Marie Desplechin, son texte à la main, tantôt le dit, tantôt le lit, d’une voix monotone, plate, distanciée. Récit par bribes des souvenirs de ses visites à l’hôpital Maison-Blanche, tentative de traverser la frontière entre le dehors et le dedans, de pénétrer l’aliénation, l’univers obscur d’un être. Puis le récit fragmenté de l’expérience avec les quatre adolescents autistes, coupé parfois par une adresse directe à l’un d’eux ou à Thierry Thieû Niang.
L’espoir, le rêve, l’impression d’ouvrir l’univers clos, silencieux, de ces êtres, de susciter un mouvement, une réaction, un geste vers le dehors, surgissent par moments, tels des instants de lumière dans la nuit.
Quelques belles images poétiques jaillissent dans le spectacle, comme par exemple le volet fenêtre au fond du plateau qui s’ouvre sur les arbres dehors. Beau travail d’éclairages de Bertrand Couderc qui trace les lieux instantanés d’espoir de rencontres, d’un lien. Des instants poétiques surgissent dans le récit souvent plat et abstrait, entre description objective et des sensations, des impressions subjectives. Ainsi par exemple l’évocation de l’instant où le sort est levé sur les personnages des contes qui se réveillent à la vie.
Mais dans l’ensemble le spectacle reste assez abstrait, les correspondances entre le mouvement (langage chorégraphique pauvre et répétitif), la parole (probablement volontairement distanciée) et la musique, peu sensibles. On est face à un univers impénétrable, autiste, c’est le cas de le dire. D’un côté les protagonistes du spectacle, les complices du jeu et de l’autre nous les spectateurs.

Irène Sadowska Guillon

Au bois dormant – danse théâtre
au Théâtre de la Cité Internationale à Paris
du 4 au 9 juin 2009.

 


2 commentaires

  1. Nous vous laissons un nouveau message dès que j’ai la réponse c’est à dire probablement demain

    Cordialement
    Philippe du Vignal

  2. Isabelle Galland dit :

    j’aimerais savoir si ce spectacle va être joué de nouveau ? en provinces? j’aimerais beaucoup le voir
    merci
    I G

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