Laissez-moi seule-Let me alone

  Laissez-moi seule-Let me alone , texte et mise en scène de Bruno Bayen.

La pièce, ou du moins, l’espèce de brouet concocté par Bruno Bayen est une sorte de paraphrase des aventures de Lady Di et du Prince Charles, et de Camilla Parker Bowles. Comme vous vous en doutez , c’est absolument passionnant. …. Bruno Bayen a voulu traiter les choses sur un mode ironique et distancié, à la façon B. D.  mais s’est d’abord complètement égaré sur le langage qu’il fallait adopter pour traiter ce genre de choses. Les dialogues sont d’une platitude effrayante, comme s’ils avaient été écrits sur le coin d’une table ; ils n’ont  pas les vertus d’un canevas d’improvisation sur lequel les comédiens auraient pu broder. On pense avec nostalgie à ce qu’aurait pu faire Alfredo Arias autrefois avec trois francs six sous, mais avec une intelligence scénique à couper au couteau… Ici,  tout mais tout est d’une tristesse abyssale. Quant aux personnages, ils sont  inexistants que ce soit le Prince Charles, Lady Di ou Camilla Parker Bowles, et, dès les dix premières minutes,-et encore nous sommes généreux,-un ennui  de premier ordre commence à plomber le spectacle dont il ne pourra se relever. Et cela dure presque deux heures !
D’autant plus que Bruno Bayen  a commis une seconde erreur monumentale, c’est de vouloir signer la mise en scène de ce chef d’oeuvre; et là où quelqu’un d’autre aurait -peut-être mais avec des efforts surhumains- sauver ce qui pouvait encore l’être, il s’enfonce un peu plus et cela devient pathétique: il y a un décor  imposant d’escaliers de chaque côté de la scène qui dessert le jeu des comédiens,  le but d’une scénographie maîtrisée étant au contraire de les y aider au maximum, et qui a  dû coûter très cher! La seconde erreur est d’avoir choisi cet immense plateau pour cette pochade !
Quant aux acteurs,  qui ne sont absolument pas dirigés,  ils  ne peuvent pas faire dire au texte plus que ce qu’il donne, mais dans ce désastre de mise en scène, comme on en voit rarement sur une grande scène publique , ils font preuve d’un courage exemplaire qu’il faut saluer: en particulier, Dominique Valadié,  formidable comédienne qu’on ne se lasse jamais de revoir, ( et qui a dû souffrir),  arrive , non pas à inverser l’ordre naturel des choses- à l’impossible nul n’est tenu-  mais à faire en sorte que le spectacle ne s’effondre pas; et quand elle apparaît sur le plateau, elle arrive quand même , avec sa voix inimitable, à nous dire , en filigrane bien sûr,  de rester coûte que coûte;  avec Axel Bogousslavsky en Prince Charles déjanté et  Clotilde Hesme ( Lady Di),  et  les autres comédiens, très courageusement, très humblement aussi, ils  font tous preuve d’une conscience professionnelle exemplaire et  tentent de sauver les apparences, même si on  se doute qu’avec tout leur métier acquis depuis des années, ils ne sont pas dupes… Avant que cela ne  tourne à la catastrophe pourtant programmée.

  Et la catastrophe , grâce à eux  et à l’équipe technique, n’arrive pas. Mais , on suppose que ,dans les coulisses,cela ne devait pas être la franche gaieté! En tout cas, Bruno Bayen – et nous espérons qu’il  en a conscience- leur  doit la vie de cette chose improbable qu’il voudrait nous présenter comme un travail théâtral mais où rien n’est dans l’axe… Et le public dans tout cela? Assez décontenancé par autant de  médiocrité, il arrivait vendredi soir quand même parfois  à sourire, comme s’il  voulait se dire qu’il avait dépensé 27 euros ( sic) pour quelque chose; les jours précédents, nombre de spectateurs s’étaient  enfuis dès la première demi-heure; vendredi soir, le public est resté jusqu’au bout  mais,  il a fait son boulot de public: il a remercié  poliment les comédiens qui le méritaient bien ,mais, après  quelques maigres applaudissements, a  fait comprendre à Bruno Bayen, auteur et metteur en scène  de cette mauvaise plaisanterie  qu’il s’était fait rouler et  a vite quitté la salle…

  Message reçu, Bruno Bayen ? Et qu’on n’aille pas dire qu’il n’ a pas eu les moyens nécessaires. La question que l’on est en droit de se poser, c’est comment et pourquoi, on en est arrivé là… Comment,  au départ déjà, Alain Françon ne s’est pas rendu compte qu’on ne pouvait pas arriver à grand chose avec un texte aussi pauvre et aussi dénué de toute vertu théâtrale? L’erreur est humaine mais quand même. Enfin, on restera sur le souvenir de La Cerisaie… dans cette même salle il y a deux mois. Alors à  voir? Devinez…

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre de la Colline, jusqu’au 21 juin.

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Let me alone – Laissez-moi seule
 par Christine Friedel
Il était tentant, une douzaine d’années après sa mort, de faire de Lady Di – lady died – un personnage de fiction. Il était tentant de donner à cela un décor majestueux, royal. Il était tentant de choisir l’acteur éternellement enfant Axel Bougoslavsky pour jouer le rôle reconnaissable par tous (quoique nommé dans la pièce par sur surnom d’enfance, Plum pudding, à retrouver dans les mythologies de Barthes, au chapitre Paris-Match, ça ne nous rajeunit pas) du prince Charles, éternel non-roi d’Angleterre.
Mais voilà, mieux vaut ne pas succomber à la tentation, ne pas occuper à tout prix le grand plateau de la Colline. Pas même à la fidélité ni à l’amitié : Michel Millecamps a fait pour Bruno Bayen il y a longtemps et depuis longtemps, de beaux décors, et peu praticables. Celui-ci, encombrant, n’est pas praticable du tout, et contraint les comédiens à piétiner dans de tout petits espaces. Un seul beau moment : celui où, dans un grand escalier rouge, la reine de music-hall, la « queen » travestie, roule de marche en marche, encore et encore, avec la grâce d’une extrême théâtralité.
Ni premier degré, ni second, les « interstices » de l’actualité sont trop minces pour donner appétit au spectateur, malgré la grâce des jeunes comédiennes et la réjouissante garce dessinée avec une belle et précise énergie par Dominique Valadié.


Texte et mise en scène de Bruno Bayen. Théâtre de la Colline jusqu’au 21 juin

 


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