Les artistes de Wallonie Bruxelles font leur festival d’Avignon
Au Théâtre des Doms
Les artistes de Wallonie Bruxelles font leur festival d’Avignon
du 8 au 28 juillet 2009
Pour promouvoir la création des artistes de la scène wallonne et bruxelloise francophones, le Gouvernement de la Communauté Française de Belgique achète en 2001 le Théâtre de l’Escalier des Doms à Avignon. Sa direction est confiée à Philippe Grombeer qui ,dès 2002, imprime à ce lieu de 120 places l’identité d’un espace de diffusion et d’action culturelle, pluridisciplinaire, en offrant un panorama de la création artistique actuelle de Wallonie Bruxelles. Le théâtre des Doms fonctionne dans l’esprit de partenariat et de projets fédérateurs avec une programmation sur toute l’année et des temps forts parmi lesquels le Festival des Doms au Festival d’Avignon.
Sa devise « pas de produits formatés à l’usage consumériste, ni de postures d’isolement, élitaires et nihilistes ».
Pour ce Festival d’Avignon , dix spectacles dont six dans la salle, un dans le jardin, une chorégraphie présentée au Studio des Hivernales, un spectacle de cirque sur l’île Piot et du théâtre itinérant à « Villeneuve en scène ». Spectacles qui tous, souvent avec humour et sous des formes insolites, inventives, accessibles à tous les publics, pointent les problèmes et les inquiétudes de notre société.
Du théâtre dramatique avec Chatroom d’Enda Walsh, mise en scène par Sylvie de Braekeleer, création du Théâtre de Poche à Bruxelles (à 15 h 15), sur six adolescents dont le jeu du « chat » sur le net dérape, les entraînant dans une spirale de manipulations, alimentées par l’ennui et les frustrations, conduisant l’un d’eux à commettre un acte irréparable.
Le Rideau de Bruxelles présente à 20 heures sa création de Hamelin de Juan Mayorga dans une mise en scène exemplaire de Christophe Sermet, spectacle qui a fait l’événement en janvier à Bruxelles. À travers la référence au conte du joueur de flûte de Hamelin des frères Grimm, la pièce parle des rapports difficiles et parfois pervers entre les adultes et les enfants et met à jour la mauvaise conscience d’une société qui refoule ses réalités sordides : la misère morale, les arrangements pour la survie, le commerce sexuel des enfants etc.
Sans ailes et sans racines (à 13 h 30) écrit et interprété par Hamadi et Soufian El Boubsi (compagnie La charge du rhinocéros). Histoire d’une fracture entre le père, arrivé à sept ans avec ses parents à Bruxelles, totalement intégré, athée, rejetant le fanatisme et son fils né, élevé en Europe, qui en quête de ses origines se tourne vers l’islam militant dans un repli communautaire.
Spectacle jeune public avec Ficelles (à 17 h 30) théâtre d’objets mis en scène par Véronique Dumont avec Valérie Joyeux et Vincent Raoult (Foule théâtre).
La compagnie Le corridor propose Le diable abandonné (11 h) théâtre pictural conçu par Patrick Corillon, interprété par Dominique Roodthoof, spectacle inclassable entre théâtre, arts plastiques et poésie.
Dans le Salon du théâtre des Doms, à 21 h 30 : Causerie sur le lemming mise en scène d’Élisabeth Ancion ,qui, partant du lemming, étrange micromammifère de l’Arctique, nous entraîne dans un voyage énigmatique au-delà des mots, des apparences du monde connu.
Enfin, à 22 heures L’atelier 2010 propose L’héroïsme aux temps de la grippe aviaire, mis en scène par Alexandre Drouet. Spectacle drôle et amer, portrait d’un « super héros » du quotidien, fou de films de Kung-fu et de musique de John Williams, chômeur tentant de survivre à la misère sociale ordinaire.
Enfin trois spectacles « décentralisés ». Dans le cadre des collaborations du Théâtre des Doms. Manteau long en laine marine porté sur un pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures pointues en nubuck rouge, pièce chorégraphique interprétée par Nadine Fuchs et Marco Delgado (10 h 30 au Studio des Hivernales), La légende merveilleuse de Godefroy de Bouillon, théâtre itinérant, mis en scène par Bernard Massuir présenté à 19 h 30 à « Villeneuve en scène » et dans le cadre de « Midi-Pyrénées fait son cirque » Slip Inside spectacle de clowns acrobatiques présenté à 22 h 15 à l’île Piot. Il y aussi une série de rencontres, débats, « Apper’auteurs », animés par Émile Lansman dans le jardin du Théâtre des Doms pour les professionnels du théâtre et le public durant tout le festival.
Irène Sadowska Guillon
« Nom de Doms » au Théâtre des Doms
du 8 au 28 juillet 2009
1 bis rue des escaliers Sainte-Anne
04 90 14 07 97
www.lesdoms.eu

La pièce est la première de ce curieux théâtre d’Alfred de Musset qui continue d’enflammer les écoles de théâtre mais disons-le tout de suite, celle ci n’ a rien de fabuleux; il s’agit de l’histoire d’un jeune homme, quelque peu déboussolé au sortir de l’adolescence. Le malheureux Frank pourrait être un adolescent d’aujourd’hui, en proie à un profond mal-être que l’on enverrait sûrement consulter vite fait un psychiatre. Le texte de Musset , dit Maxime Kerzanet, « nous interroge sur notre rapport au monde et sur notre identité, sur ce que nous pouvons faire de notre vie, et la pièce est fondée sur l’envie de confronter nos projets à la réalité ».
Et malheureusement, ce n’est ni la mise en scène ni la direction d’acteurs assez flottantes ni la scénographie non signée qui peuvent arranger les choses: c’est sans doute vue, par Maxime Kerzanet, la chambre d’un jeune homme d’aujourd’hui: soit un joyeux foutoir avec un matelas par terre, et un tas d’objets divers un peu partout: et il faut être bien naïf pour penser comme lui » que la scénographie consistera à symboliser l’univers quotidien d’un adolescent actuel » ????? et » que chaque élément de la chambre pourra se transformer en en un accessoire nécessaire au déroulement de l’histoire de Frank ». Désolé, une vraie scénographie est d’abord fondée sur une dramaturgie solide .Entre la coupe et les lèvres, il reste encore de la place pour un malheur dit le proverbe que cite Maxime Kerzanet.Cette mise en scène n’a rien d’un vrai malheur mais n’aurait jamais dû arriver là. Daniel Mesguisch, nouveau directeur du Conservatoire national, dont sort ce jeune homme , peut multiplier les cours de dramaturgie ; cela contribuera peut-être à faire réfléchir les élèves avant de se lancer dans la mise en scène et à écrire des notes d’intention un peu moins prétentieuses… Une petite consolation: une diction tout à fait correcte du texte, ce qui est quand même la moindre des choses-mais qui n’est pas toujours le cas- et la belle présence d’Aurore Paris, jeune et intelligente comédienne.
