CELLE DES ÎLES

CELLE DES ÎLES  Tarmac
Théâtre en lecture de Koulsy Lamko présenté par Écritures en partage, interprété par Olivier Cherki, Koulsy Lamko et Odile Sankara

Koulsy Lamko né au Tchad, a passé sa jeunesse au Burkina Faso, il a travaillé au Rwanda, il vit actuellement au Mexique. Musicien, auteur de théâtre et de romans, poète, il avait été invité il y a des années au Festival des Francophonies de Limoge par Monique Blin alors directrice, initiatrice d’Écritures en partage. Celle des îles met en scène deux personnages, la conteuse, chanteuse de cabaret et le peintre fils du propriétaire du restaurant Le petit bateau négrier. Un dialogue vif et ambigu se tisse entre les deux personnages, entre blessure de la colonisée et désir amoureux.

Edith Rappoport


Archive pour 23 juin, 2009

La rue est à Amiens


AUTOPSIE, PARFUM DE GUERRE POUR UNE FANFARE  Amiens
Conception Marjorie Heinrich, Krache théâtre

Cette autopsie, c’est celle des guerres, de toutes les guerres et des morts, l’obsession de Marjorie Heinrich qui décline ce thème, spectacle après spectacle. Le public est rassemblé sur les trois côtés du triangle de la place Marie sans chemise, Gaëtan Noussouglo entame un long et puissant lamento sur les guerres et les morts oubliés du Rwanda et du monde entier. D’autres personnages apparaissent, une violoncelliste et un accordéoniste en proie à des soubresauts mortels, deux anges musiciens, un échappé des camps de concentration remorquant un chariot technique. Les regards des spectateurs qui se dispersent sur la place,se concentrent avec le défilé funèbre qui traverse la ville, ce rituel étrange a une belle puissance en devenir.

 

LES FRÈRES FINCK La rue est à Amiens 21 juin
Spectacle de Jacques Auffray, Edilic compagni
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Comédien, chanteur lyrique, compagnon des Grooms depuis des années, Jacques Auffray travaille depuis 3 ans sur ce spectacle sur la mort, dont il avait présenté une ébauche, il y a 3 ans à l’Opéra des rues dans le parc de Bercy. Ces frères Finck c’est d’abord l’histoire d’une famille d’entrepreneurs de pompes funèbres dont la fortune périclite avec l’écrasement de la pyramide des âges. Une procession funéraire s’organise avec la mise en bière d’un spectateur, la reconstitution d’un défilé funéraire avec les spectateurs jusqu’au fourgon mortuaire. Et puis, là on perd le fil de la famille qui n’existe que par la voix de Jacques Auffray, bon ténor, comédien rompu à l’interpellation du public, mais dont les partenaires sont des musiciens, mais pas des comédiens. Malgré quelques moments de grâce comme le chorus of cold people du Roi Arthur de Purcell, ou le rock endiablé qui clôt le spectacle, ces Frères Finck ont encore besoin d’un œil extérieur qui imposerait un axe précis.

 

PLACE DES ANGES  La rue est à Amiens
de Pierrot Bidon, Stéphane Girard et Ana Rache, Studios cirque de Marseille

Sur des filins accrochés à l’immense tour surplombant la ville d’Amiens au-dessus de la gare, des formes blanches et angéliques opèrent une descente vertigineuse, dispersant autour d’eux des nuées de plumes au son d’une musique céleste. Une bande d’artistes spéléologues se sont investis dans  cette aventure folle stupéfiant l’énorme foule. Le spectacle laissera des traces jusqu’au fond des parkings, des milliers et des milliers de plumes blanches marquant les mémoires.

 

1789 ”  La rue est à Amiens
de Frédéric Michelet, mise en scène Manu Moser, CIA (compagnie Internationale Alligator)

Six comédiens battent le rappel du public à l’entrée d’une rue attenante au Palais de justice pour évoquer les six premières années de l’ébranlement de la Révolution française. Vêtus de simples chemises avec quelques ornements plus riches pour les nobles, ils surplombent la foule en jouant sur des échelles et sur les toits, se portant à dos d’homme, avec vigueur et une belle virtuosité. Les grandes conquêtes révolutionnaires noyées dans le bain de sang de la terreur sont lancées devant une foule étonnée qui recueille la Déclaration des Droits de l’Homme qu’on lui distribue à la fin du spectacle. De la belle ouvrage de la part de cette compagnie de Villeneuve les Maguelone engagée depuis plus d’une vingtaine d’années.

 

LE MUSÉE BOMBANA DE KOKOLOGO  La rue est à Amiens
Office des Phabricants d’Univers Singuliers (OPUS), mise en scène Pascal Rome

Depuis plusieurs années, Pascal Rome issu des 26000 couverts fondés avec Philippe Nicolle, explore des patrimoines imaginaires à partir d’un conservatoire des curiosités où se croisent théâtre et arts plastiques. Pascal a séjourné au Burkina Faso, il y a rencontré Athanase Cabré, alias Monsieur Bakary, qui nous fait pénétrer dans son ministère des affaires inutiles, dans une jolie enceinte circulaire placardée de dessins naïfs , où il commente avec humour les exploits de Bakary Modibo son grand père qui a fait fortune en installant des poulets Bakary sur toutes les églises. S’ensuivent une série de commentaires des dessins agrémentés de dictons, » le grain de maïs n’a jamais eu raison de la poule » ou « qui trie bien prie bien » à partir d’objets introuvables dignes de Carelmann. La visite de ce musée Bombana et un moment délicieux grâce à la présence de ce généreux acteur qui porte la force de vie de son pays.

 

CIRQUE CYNIQUE ET MARITIME  La rue est à Amiens
Ronan Tablantec

Ronan Tablantec, alias Sébastien Barrier de Paimpol, revêtu d’un ciré jaune, une boîte de sardines attachée sur la tête devant le coffre ouvert de sa voiture d’où il sort une valise remplie de vieux papiers, harangue la foule, prend à partie  les petits enfants avec une aisance et un bagout d’enfer. Il parle de tout et de rien, de sa ville natale, de ses parents, de ses tournées, fait de mauvais jeux de mots dont il rit pesamment. Et ça marche, ce voltigeur des mots sait se faire écouter, il y a même une certaine poésie malgré quelques longueurs dues à des redites inévitables dans ces improvisations.

 

Edith Rappoport

SENSORAMA

SENSORAMA Ferme du Buisson

Spectacle performance imaginé par Luk Van der Dries, Louis Chardon et Lawrence Malstaf
Sensorama c’est une promenade artistique au sein des  Sens cibles, étonnante manifestation dans tous les espaces de la Ferme, conçue par ce groupe d’artistes belges hors normes, venu d’Anvers. On est accueillis par groupe de 6 personnes à l’Abreuvoir, on remet nos manteaux, nos sacs, avant de pénétrer dans le caravansérail où une jeune femme nous demande d’enlever nos chaussures et de rester silencieux. On  doit d’abord s’étendre par deux sur des matelas, ayant revêtu d’étranges lunettes qui nous font nous voir nous-même dans une position inversée par rapport à notre voisin ce qui donne un léger mal de cœur. On s’étend ensuite sur le dos sur un immense tapis roulant qui vous masse agréablement à l’aller et au retour, où un aveugle vous chuchote à l’oreille des mots gentils, vous remet un bandeau avant de vous guider jusqu’à l’entrée d’une vaste tente blanche qui tient du cocon ou de l’utérus et là, des mains vous frôlent, vous palpent, vous émeuvent bizarrement. On peut ensuite aller retrouver sa photo sur une boîte de conserve dans une alvéole entourée d’un rideau noir, converser avec de troublantes créatures derrière une vitre sur le bonheur ou la souffrance. Cette visite insolite  fait partie d’autres installations dans les différents lieux de la ferme,  visibles jusqu’au 12 juillet, elle fait beaucoup de bien.

Edith Rappoport

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