BEAUCOUP DE CHOSES A VOUS DIRE

BEAUCOUP DE CHOSES A VOUS DIRE  Sautes d’humour Tarmac 29 juillet Solo de Souâd Belhaddad, regard extérieur d’Anne-Laure Liégeois

Souâd Belhaddad est journaliste, écrivain. Elle se lance dans de petites chroniques de la vie quotidienne en Algérie et en France, traitant du voile et de l’intégration dans la société française, caricaturant les bourgeoises, passant avec une grande aisance d’un accent à, l’autre. C’est un peu décousu, pas vraiment passionnant, l’assistance est pliée de rire, pas moi.

Edith Rappoport


Archive pour juillet, 2009

MARGOT

MARGOT  Paris Quartier d’été Pantin

Théâtre Dromesko, texte de Jean-Paul Wenzel haché menu par Dromesko, avec Lily, Monique Brun, Fernand Émile, un orchestre hongrois avec Igor à l’accordéon

dromesko.jpgMargot, comme tous les spectacles de Dromesko est un spectacle insolite et chaleureux, du grand art de l’inattendu. Annoncé comme un spectacle autour de la reine  Marguerite de Navarre, c’est en fait l’annonce d’une panne retenant les acteurs faite par Monique Brun en costume d’époque qui ouvre le spectacle. Qu’importe, en les attendant on va écouter l’orchestre et déguster le pot prévu par la municipalité abondamment remerciée comme tous les sponsors et financeurs. On dispose des petites tables dans les gradins, tout le monde boit un coup, Lily rousse hiératique en très hauts talons entonne des chansons et on la voit dans un numéro étonnant avec son marabout, les autres avec des chiens, un coq, un cochon. Après un faux final, le cadre de scène s’ouvre sur un château devant un grand lac et trois personnages emperruqués marionnettes vivantes accompagnés aux violons, dialoguent autour des jouissances corsées qu’ils se donnent les un aux autres. C’est à mourir de rire, le public fait un triomphe à ce spectacle créé il y a trois ans en Bretagne, destiné à tourner localement qui a beaucoup été joué hors de France.

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LETTRE PLEINE DE NOUVELLES DE L’UNITÉ PLUS OU MOINS IMPORTANTES.

JUILLET 2009.

Beaucoup trop de morts.
Pina Bausch, Augusto Boal, Roger Planchon
C’est une époque qui s’en va. La relève, je ne la vois pas.


Cris de joie lors de sa mort.
Au km 111 de l’A 11, le boxer Unité a coulé sa bielle, le 13 juillet 2009 à 15h45. Il devait encore effectuer une traversée de la France en diagonale en septembre. Il était redoutable, surchauffé, poussif, bruyant. Sa mort fait neuf heureux. Il avait 250 000 Kms au compteur.

J’étais à Nantes estuaire 2009.
C’est l’Art comme je l’aime, hors des musées, hors de lieux qui sont faits pour lui. Des oeuvres nichées dans l’estuaire de la Loire, on embarque à 9h30, on revient à 18h . 3 heures de bateau. La maison au sommet de la cheminée, on peut y dormir 70€ la nuit, mais c’est très demandé.
Nantes, ils prennent des risques, mais ils sont récompensés. 100 000 visiteurs rien que pour la maison -cheminée.


On nous a mis Mitterrand.
Ce n’est pas une mauvaise chose que la Présidence se décide à mettre la culture en visibilité.
Ce sera peut-être de la culture-paillette, mais au moins il y aura peut-être une ligne, un sens, une écoute. J’ai toujours un peu d’espoir, mais je me trompe, dès son premier discours sur la loi Hadopi on a senti un nouvel « étriqué » de service.


Le grand périple.
C’est un immense projet. Le théâtre de l’Unité entraîne une douzaine de compagnies dans une itinérance insensée. L’idée est de rejoindre le Niger, via l’Espagne, le Maroc, la Mauritanie, le Mali, le Burkina. À chaque étape, on joue, on fait la fête. 7500 Kms. C’est pour décembre 2010, janvier 2011. Mais ce serait trop facile de descendre, au retour on ramène une dizaine de compagnies africaines pour le voyage Sud-Nord. Un projet qui fait rêver, un des derniers grands voyages, puisque dans dix ans, il n’y aura plus de pétrole.
Quarante ans que j’y pense, là, je passe à l’abordage. 375 000€ à trouver. Une broutille.


Le matériel est en pleine méditerranée.
La brigade s’en va en Israël jouer dans un festival à Tel-Aviv. Quoi ? nous disent certains, vous allez jouer chez les massacreurs de palestiniens ! Je réplique « et toi en France tu vis bien dans un pays rempli de camps de rétention, tu vis dans un pays où un jeune vient de perdre son oeil à la suite d’un tir de flash ball d’un policier zélé. » Si on devait demander partout où l’on joue un certificat d’impunité d’Amnesty International on arrêterait toute activité. Nous allons jouer et aussi diriger un stage avec des acteurs israéliens, et puis nous discuterons et nous nous ferons notre avis tout seul. Font partie du voyage, :Youssri, notre corse d’origine marocaine, David, notre Kosovar, Catherine notre polonaise, Jacques notre français juif russe, Faustine notre toulousaine et Hervée, française depuis Adam et Ève.

Les 80 ans de ma mère.
On parle sans arrêt des jeunes des quartiers, mais un problème social encore plus grave, ce sont nos aînés, pour lesquels notre civilisation du jetable n’a aucun respect contrairement aux pays africains ou d’Extrême Orient où les anciens font l’objet d’un véritable culte. Alors nous allons attirer l’attention sur toutes ces personnes âgées qui vivent trop souvent dans l’isolement et la solitude. Nous montons dès la rentrée un projet concernant cette catégorie de population. Vous pouvez vous impliquer à nos côtés. C’est grâce à Montbéliard- agglo que ce projet peut voir le jour, nous sommes heureux de vous l’apprendre.


Oncle Vania à la campagne.
Franchement on peut être fiers. 57 représentations déjà, et tous ceux que l’on rencontre poussent des « Ah Vania, quel immense souvenir » !
Donc cela devient un incontournable. « Avoir vu le Vania de l’Unité ». Amis de Montbéliard, ça y est, nous avons la date de la représentation. Le 8 juin 2010. dans l’immense pré au bord de l’Allan près des ateliers municipaux. Précipitez vous en masse, comme ça on sera obligés d’en faire une seconde.

On a beaucoup d’autres dates, en Ardèche fin juillet.
À Choisy-le-Roi à la rentrée, puis dans les Pyrénées.
Franchement on se plaint tout le temps, mais il y a tout de même une justice.

Tout le monde dit que c’est de notre faute si Chaneaux revient.
Nous avons juste insisté : quitte à changer de majorité, l’agglo devrait en profiter pour écrire Chaneaux c’est l’adjoint à la culture de Montbéliard dans les années 90, celui qui nous a fait venir, il a fait partie du cabinet de Toubon, il a un passé chez Peugeot que les gens se racontent le soir au coin du feu. et s’inventer une politique culturelle originale. Alors est arrivée l’ère des audits, la maladie des municipalités, et Chaneaux, qui a répondu à un appel d’offres a été choisi et doit faire des propositions d’ici septembre.
Pour vivre dans ce pays de Montbéliard depuis 18 ans, je sais ce dont il a besoin, il a besoin de culture décoiffante et décalée, d’une culture de fantaisie, de drôlerie pour contrer ou compléter ce que nous appelions les 3 P « Peugeot, Protestantisme, Puritanisme ».


La grande enquête SOFRES sur le pays de Montbéliard.

L’avenir de ce pays nous intéresse, nous participons activement au conseil de développement. Inventer l’avenir d’une agglomération c’est passionnant et pas facile. Donc l’Agglomération a commandé une enquête, ça coûte 400 000€ une telle enquête avec questionnaire, et décryptage des réponses des habitants. Le directeur de la SOFRES s’est déplacé en personne pour annoncer les résultats de cette méga enquête. On a ainsi appris que la première préoccupation des habitants c’était l’emploi et qu’ils avaient tous un sentiment d’appartenance au pays de Montbéliard. Mais voilà, les jeunes ne s’intéressent guère à ce genre d’enquête, encore moins les jeunes des quartiers. Ainsi donc nous avons une photo du pays de Montbéliard, vue par ce qu’Hervée a appelé publiquement «les vieux cadres blancs». En résumé une image qui ne nous semble pas si juste que ça.


Et Facebook ?
Encore une posture d’Internet hyper dangereuse. Tous les hommes politiques y sont. Ils acceptent ou non d’être vos amis. Vous leur écrivez, mais ce qui est unique, c’est qu’ils répondent. Est ce leur secrétariat ou eux-mêmes ? Difficile de savoir. Je viens d’avoir une petite passe d’arme par ce biais avec Moscovici sur la participation du Pays de Montbéliard à Interville. Était-ce un choix judicieux ? J’aime l’échange et la polémique, j’aime me mêler de tout. C’est sûr, Hervée et moi, nous irritons avec notre libre parole. Mais si nous, nous ne parlons pas, qui le fera ? Le problème, c’est que cela peut coûter très cher. Pour Jean notre président qui n’a pas Internet, voilà notre calendrier.
29 juillet : Oncle Vania à la campagne à Laveyron (26), organisé par l’APSOAR
31 juillet : Oncle Vania à la campagne à Bogy (07), organisé par l’APSOAR
2 août : Oncle Vania à la campagne à Boulieu (07), organisé par l’APSOAR
Du 18 au 28 août : Workshop et interventions Brigade d’Intervention Théâtrale au Bat Yam International Street Theater en Israël 5 septembre : Oncle Vania à la campagne à Choisy-le-Roi (94), organisé par le
Théâtre Paul Eluard
11 septembre : Brigade d’Intervention Théâtrale à la filature Japy d’Audincourt (25) pour les 20 ans de l’association Femmes Actives 15 septembre : Princesse Limousine à Gradignan (33), organisé par le Théâtre des 4 saisons, ville de Gradignan 17 et 18 septembre : Oncle Vania à la campagne à Oloron Ste Marie (64), organisé par la
Communauté de Communes du Piémontais Oloronais
20 septembre : Brigade d’Intervention Théâtrale au Parc Naturel des Landes de Gascogne (33) (en discussion) 23 septembre : Princesse Limousine et Brigade d’Intervention Théâtrale à Eysine (33),
organisé par la ville d’Eysine et l’IDDAC
24 septembre : Gourmandisiaque à Eysine (33), organisé par la ville d’Eysine et l’IDDAC 25 septembre : Brigade d’Intervention Théâtrale à Eysine (33), organisé par la ville d’Eysine et l’IDDAC
3 octobre : Kapouchnik au studio des 3 oranges à Audincourt (25), on réserve le 21 septembre 6 octobre : 2500 à l’heure à Bayonne (64), organisé par la Scène nationale Bayonne – Sud Aquitain
7 octobre : 2500 à l’heure à Gradignan (33), organisé par le Théâtre des 4 saisons, ville de Gradignan 8 et 9 octobre : 2500 à l’heure à Périgueux (24), organisé par l’Odysée, scène conventionnée de Périgueux
31 octobre : Kapouchnik au studio des 3 oranges à Audincourt (25), on réserve le 19 octobre
21 novembre : Kapouchnik au studio des 3 oranges à Audincourt (25), on réserve le 9 novembre 11, 12, 13 décembre : Les Chambres d’Amour à Grande Synthe (59), organisé par la ville de Grande Synthe
19 décembre : Kapouchnik au studio des 3 oranges à Audincourt (25), on réserve le 7 décembre

Ecrit par Jacques Livchine le 23 juillet 2009.

Théâtre de l’Unité : Jacques Livchine, Hervée de Lafond, Claudine Schwarzentruber, Nathalie Mielle et Aurélien Pergolesi.
9 allée de la filature BP 95168
25405 Audincourt cedex
Tel : 03 81 34 49 20
Fax : 03 81 34 14 37
mail : info@theatredelunite.com
site : http://www.theatredelunite.com

Compagnie conventionnée par la DRAC et la région Franche-Comté, aidée par le Conseil
Général du Doubs et hébergée par la ville d’Audincourt

 

Chalon dans la rue par Edith Rappoport

image4copie.jpgLE PASSAGE ET PEDIGREE  Chalon dans la rue Compagnie Pernette/Association NA, musique de Franck Gervais
Sur une table de dissection, un savant fou manipule deux corps, les tord, les malaxe, les transforme. Dans cette belle cour, le public se laisse fasciner par la précision desgestes des quatre danseurs, la subtilité avec laquelle il se laissent malaxer. La musique de Franck Gervais, à la manière d’Artaud donne une dimension étrange à ce court spectacle qui nous emmène très loin. Nathalie Pernette donnait aussi les miniatures, séquences de quelques minutes dans différents endroits de Chalon, que je n’ai pas pu voir.

 

SOURCE  CHALON DANS LA RUE Parcours organique et sonore de Tricyclique Dol (Besançon), conception de Ben Farey
Décidément la Franche-Comté engendre de prolifiques artistes. On est convoqués place ronde pour suivre des bruits, des rythmes émanant de tuyaux, de poubelles, de portes-bagages de bicyclettes. On suit ce dédale à travers les rues de ce quartier tranquille pour arriver dans un beau jardin, sous les arbres, une installation à l’intérieur d’un grillage circulaire, un système complexe de gouttes à gouttes arrosant des plantes. C’est l’origine des bruits que l’on entend sur le parcours et en même temps très beau. Comme Camille Perreau, cette bande d’inventeurs étranges laisse des images fortes.

 

CAUSE TOUJOURS BARBE BLEUE  Chalon dans la rue de et par Titus
Titus, c’est un pseudonyme de cet étonnant comédien qui fait partie de la bande d’OPUS, il a aussi longtemps accompagné Yannick Jaulin, raconte à sa manière l’histoire de Barbe bleue en se moquant des conteurs qu’il connaît bien. Il roule des mécaniques, éructe, joue faux, se moque, nous sommes pliés de rire !

 

MEMENTO Chalon dans la rue Komplex Kapharnaüm, conception Pierre Duforeau
Comme son nom l’indique, cette troupe bizarre met les villes sans dessus dessous. Après SquareE, vu sur les flancs des HLM de Calais et PlayRec sur la disparition d’une usine de velours dans les rues d’Amiens, ce Memento aborde les résistances à l’oppression abjecte qui frappe les immigrés de tous bords. L’équipe de 8 interprètes se déplace rapidement dans les rues avec des petits chariots projetant sur les murs des textes et des photos sur des affiches collées à toute allure. On y lit les raisons des poursuites, « a sifflé l’hymne national,, a hébergé des gens …» ou encore « embrasser tout ce qui a le visage de la colère et n’élève pas la voix ». On peut aussi voir un film, Chaban-Delmas venant inaugurer les HlM de Nanterre après laz destruction des bidovilles des années 60. Une belle force poétique et social


2 UN ÉTAT DES LIEUX  Chalon dans la rue Cheftaine d’idées et patchworkeuse d’installations Camille Perreau, artistique supervisor Servane Deschamps, compagnie Entre chien et loup.
Camille Perreau a le sens des installations, elle sait créer des univers étranges qui vous embarquent dans des voyages intérieurs bouleversants. J’avais vu en 2002, (dans quel festival ?) Les lampes de Paulette Wolkenwürze dont je conserve un souvenir très fort, sans pour autant pouvoir le restituer…Cet État des lieux précédé du chiffre 2, comme celui qui nous est attribué partout, à la sécurité sociale comme ailleurs, partout derrière les hommes, c’est une installation dans un appartement sur la place de l’hôtel de ville, avec des photos, des objets, des enregistrements, notamment sur l’orgasme à l’intérieur d’un petit igloo blanc. Marie Pascale Grenier s’assied sur une balançoire pour raconter posément le calvaire d’une femme battue et violentée par son mari pendant plus de 20 ans. On en sort remués, troublés, c’est du grand art qui ne dit pas son nom

 

JAMAIS 203  Chalon dans la rue  Générik Vapeur, trafic d’acteurs et d’engins
Pierre Berthelot et Cathy Avram ont voulu après 17 ans, rendre hommage au tour de France qu’ils avaient célébré avec « La petite reine » en 1992. Sur les bords de la Saône, une immense caravane publicitaire plus vraie que nature avec un empilement de vélos sur de grands camions, une caricature des comportements absurdes et des vociférations publicitaires. Nous suivons  quelques instants sans assister au final.

 

ALTERNATIVE LIVRE  Cour du musée Niepce Chalon dans la rue  Compagnie les chercheurs d’air (Franche Comté)
Un couple de militants associatifs en grande tenue milite sous une bannière « Arrêter de lire, c’est possible ! ». Le plus sérieusement du monde, ils expliquent que la lecture est la source de tous les maux dans notre société. Jusqu’à ce que l’assistante, bascule dans la fascination de la lecture d’un texte à perte de vue…Dominique Comby et Dominique Lemaître qui mènent depuis une quinzaine d’années un beau parcours dans le théâtre de rue, dernièrement avec Le S.A.M. et Ramdam, font preuve d’une belle présence dans ce duo insolite.

 

UN ROI ARTHUR  Cour du musée Niepce Chalon dans la rue Opéra pour fanfare et trois chanteurs d’après Henry Purcell, arrangements d’Antoine Rosset et Serge Serafini, mise en scène Étienne Grebot,
les Grooms Nés en 1985 dans le train Paris-Pékin 450 jeunes à la rencontre de la Chine dans le sillage du Théâtre de l’Unité, les Grooms ont égayé les foules dans les rues sur quatre continents. Après La flûte en chantier, La tétralogie de quat’sous, deux opéras pour la rue qu’ils ont beaucoup joué en particulier en Angleterre, le Royal National Theater et le Kultursommer Rheinlandplatz en Allemagne leur ont passé commande d’une mise en scène de cet étrange et célèbre opéra de Purcell, sur un livret de Dryden. Avec leur savoir-faire consommé dans les adresses ironiques aux spectateurs, les cinq grooms interpellent le public pour brosser à gros traits l’essentiel de la fable obscure du Roi Arthur , un affrontement entre Saxons et Bretons au 4e siècle de notre ère. Et l’opéra s’ouvre sur les cuivres, l’entrée du roi Arthur contre-ténor et d’Emmeline émouvante soprano. Interprété avec des accessoires de bric et de broc, des fausses barbes, un traitement en cinéma muet avec des pancartes déployées par le trompettiste, une scène de pastorale où des moustiques de bande dessinée viennent déranger la couronne de fleurs du contre-ténor, la grande cape enveloppant le méchant Osmond, bon ténor en même temps que saxophoniste , ce Roi Arthur qui doit encore trouver ces marques, est prometteur. Entre ironie et émotion, on retrouve à travers les rires la vraie beauté de cet opéra dont Klaus Nomi a popularisé le Chorus of cold people

 

Edith Rappoport

Les pointes et le hip-hop

Daniel Agésilas est directeur des études chorégraphiques au CNSMDP (Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris). Il explique pourquoi et comment, selon lui, un jeune danseur doit être ouvert à tous les langages chorégraphiques de son temps.

Le corps et la morphologie

agesilassmall.jpgDanseur ? Une carrière courte et sportive.
«Tout le monde est de plus en plus exigeant avec les danseurs, comme avec les sportifs d’ailleurs, constate Daniel Agésilas. Si l’on se réfère aux années 50, les corps ont changé. On est aujourd’hui plus grand, plus fort, et les performances ont changé elles aussi. Ce qu’on demande à un danseur, aujourd’hui, c’est la morphologie, mais aussi le sens de l’interprétation, la curiosité. Certains vont à l’université, ce que peu de danseurs faisaient autrefois. Et 100% ont leur bac, ce qui n’était pas le cas jadis.»
Les danseurs doivent également connaître le fonctionnement de leur corps dans le mouvement, sans quoi toute maîtrise de la danse est impossible. «Inversement, nous nous préoccupons aussi de leur santé, de leur nutrition. Un nutritionniste, un ostéopathe et un kinésithérapeute travaillent avec nous à plein temps.»

Danse classique ou danse contemporaine ?

«J’ai deux missions, explique Daniel Agésilas : une mission de conservation, une mission d’innovation. Nous nous souvenons tous de Noella Pontois, de Lisette d’Arsonval et d’Yvette Chauviré, qui étaient des artistes hors du commun et faisaient partie de l’élite d’une époque, mais nous formons désormais des danseurs interprètes, c’est-à-dire des danseurs au service de l’interprétation. Et les chorégraphes, de plus en plus, souhaitent recevoir des propositions de la part des danseurs.»
L’une des questions principales concerne le lien entre la pédagogie et le spectacle vivant : faut-il mettre les deux en adéquation ? «Je répondrai à la fois oui et non ! On ne peut pas concevoir notre pédagogie uniquement en fonction des chorégraphes d’aujourd’hui. J’ai récemment vu un spectacle de danse qui faisait appel au kung-fu, sans qu’il y ait véritablement d’écriture chorégraphique ; eh bien, je n’ai pas la possibilité de former mes jeunes danseurs à ce type d’esthétique. En revanche, nous prenons en compte tous les acquis de la danse contemporaine.»
Au Conservatoire de Paris, la manière d’enseigner est différente de celle qui prévalait autrefois. Depuis le début des années 90, c’est-à-dire depuis le déménagement du Conservatoire de la rue de Madrid à La Villette, existent deux cursus : danse classique et danse contemporaine. L’Opéra de Paris abrite une école de danse qui a pour vocation de former des danseurs pour sa propre compagnie ; le Conservatoire, lui, doit former de jeunes danseurs pour toutes les compagnies (y compris celle de l’Opéra !), pour les centres chorégraphiques régionaux, mais aussi pour des institutions situées à l’étranger.
«Nous proposons une formation supérieure organisée sur cinq ans, continue Daniel Agésilas. L’âge de départ étant de quatorze ans pour la danse classique, de quinze ans pour la danse contemporaine. La sélection est rigoureuse : sur plusieurs centaines de candidats, nous en prenons chaque printemps une vingtaine en première année sur audition. Les deux premières années sont appelées Cycle préparatoire supérieur ; les trois suivantes, qui proposent une spécialisation, Cycle supérieur ; après quoi les jeunes danseurs peuvent intégrer le Junior Ballet.»


Parois étanches ou parois poreuses
?

Daniel Agésilas est lui-même danseur classique et danseur contemporain. Il a obtenu un premier prix de danse classique au Conservatoire, il s’est produit au sein de la compagnie de l’Opéra de Paris puis, comme Brigitte Lefebvre (directrice de la danse à l’Opéra), comme Élisabeth Platel (directrice de l’école de danse de l’Opéra), a fait d’autres choix par la suite. «Au Conservatoire de Paris, j’ai souhaité croisé les formations, c’est là ma réforme principale. Les danseurs contemporains étudient la danse classique, et inversement. Il me paraît tout à fait possible de faire de la danse contemporaine sans avoir jamais étudié la danse classique, car la danse contemporaine est une discipline à part entière, avec des techniques qui ont fait leur preuve, mais le fait d’avoir reçu les deux formations est un atout supplémentaire. Après tout, il y a de grands pianistes qui ne savent pas lire une partition !»
Il est vrai aussi que la danse classique, telle qu’elle est illustrée par William Forsythe ou par Thierry Malandain, a elle aussi évolué. Il ne faut pas confondre danse classique et danse académique !
Question subsidiaire : peut-on être chorégraphe sans avoir dansé ? «Oui, car les danseurs sont aujourd’hui une force de proposition. Des directeurs de centres chorégraphiques nationaux qui n’ont pas beaucoup dansé, deviennent, grâce à leurs danseurs, chorégraphes, ou plutôt metteurs en scène de ballet. Frédéric Flamand, actuel directeur du Ballet de Marseille, n’était pas un danseur au départ.


Carrière et pédagogie

La pédagogie menée au Conservatoire ? Une pédagogie évolutive. «Il faut avoir une vision, dit Daniel Agésilas, imaginer quel devra être le profil du danseur dans quinze ou vingt ans, pour que nos jeunes élèves ne soient pas alors à la traîne. Les danseurs doivent savoir travailler au sol, ce qui est nouveau. C’est ainsi que l’an prochain j’inviterai un chorégraphie hip hop,auquel on a d’ailleurs confié la direction du centre chorégraphique de Créteil, à faire un ballet.»
Le département des études chorégraphique réunit une trentaine de professeurs, dont deux qui enseignent la danse-jazz – avec sa gestuelle propre, ses syncopes, etc. – dans des cours dits complémentaires. (La comédie musicale, en revanche, n’est pas inscrite au programme.). La plupart sont d’anciens danseurs titulaires d’un diplôme d’État. «Selon moi, reprend Daniel Agésilas, on ne peut transmettre que ce qu’on a vécu. Un danseur étoile n’est pas nécessairement un pédagogue, mais il me paraît difficile d’enseigner si on n’a pas fait de carrière.»
Le Conservatoire abrite par ailleurs une classe de composition et d’improvisation qui a pour but d’initier à la chorégraphie : on y enseigne les notions d’espace, d’écriture du mouvement, etc. On y donne des outils sans que ce soit une école de chorégraphie.

La musique et la danse

La musique est-elle importante pour les danseurs ? Ou n’est-elle pour eux qu’un support qui leur donne un rythme, un tempo ? «Dès mon arrivée, raconte Daniel Agésilas, j’ai souhaité, avec Alain Poirier, le directeur du Conservatoire, établir des passerelles entre les deux disciplines. Il y a des moments “musique danse” dans le parcours des jeunes danseurs, c’est-à-dire des chorégraphies en direct avec des musiciens, avec de futurs chefs d’orchestre. Tous nos cours sont accompagnés au piano, sachant que les méthodes des uns et des autres sont malgré tout différentes, et que les musiciens sont plus âgés.»

En France et à l’étranger

Le fait qu’il existe en France un ministère de la Culture distinct du ministère de l’Éducation nationale, crée une situation particulière. Comment y remédier ? «Comme le Conservatoire ne peut pas délivrer de diplôme de licence, de master ou de doctorat, répond Daniel Agésilas, nous avons mis sur pied un partenariat avec l’Université Paris VIII, qui tient compte de l’enseignement qu’ont reçu les jeunes danseurs et leur offre les unités de valeur complémentaires qui leur permettent d’atteindre le grade de la licence. Par ailleurs, depuis mon arrivée à la tête du département des études chorégraphiques, il y a six ans, j’ai souhaité aller à la rencontre des grandes écoles, partout en France et en Europe, à Copenhague, à la Scala, à Dresde, au Mariinski de Saint-Pétersbourg, au Bolchoï de Moscou. Le Junior Ballet a dansé à Vilnius, à la London Contemporary Dance School, etc. Et nous avons signé un partenariat avec la Juilliard School de New York : les élèves de cette école sont venus jouer dans notre théâtre il y a deux mois, et bientôt le Junior Ballet contemporain ira danser à New York avec notamment des pièces signées Jean-Claude Gallotta et Christine Bastin.»
Il ne s’agit pas évidemment d’imiter ce qui se fait ailleurs, mais de confronter les méthodes. D’ailleurs, les Français ont fait leurs preuves : la danse classique est française, les mots qu’on utilise («pas de deux», «ballet», etc.) sont là pour le dire.
Et puis, autre souci d’ouverture, Daniel Agésilas aimerait créer des liens avec le Conservatoire d’art dramatique. Il est vrai que musique, art dramatique et danse étaient unis autrefois, dans le bâtiment situé au 2bis, rue du Conservatoire ! «J’aimerais que nos élèves puissent aussi s’exprimer avec la voix. On m’avait d’ailleurs conseillé autrefois de prendre des cours de chant», raconte Daniel Agésilas. En effet : de même que les chorégraphes utilisent la vidéo, les écrans, etc., tous les moyens d’expression sont utiles aujourd’hui pour un jeune danseur.

Propos recueillis par Anne Rodet

• A lire : Frédéric Puilaude, Le Désœuvrement chorégraphique, Étude sur la notion d’œuvre en danse (éd. Vrin, 430 p., 2009).

Les cauchemars du Gecko

Les cauchemars du Gecko, de Jean-Luc Raharimanana,

Pourquoi le gecko ? Parce que lui, au moins, ne ferme jamais les yeux. Nous, si. Ce qui révolte Thierry Bédard : il a mal au monde, et qui a mal au monde a mal à l’Afrique. D’où cette urgence à développer un nouveau travail : le cycle des étrangers(s). C’est ainsi qu’il a passé commande à Jean-Luc Raharimanana de ce qui est devenu Les cauchemars du gecko.
La façon même dont le nom de l’auteur est écrit dit déjà la situation : sur le programme du festival, c’est Raharimanana, le pur nom malgache. Dans les entretiens avec Thierry Bédard, c’est Jean-Luc, l’ami, l’alter ego de l’artiste occidental. En deux mots la déchirure et la richesse d’un monde mondialisé. Donc, l’auteur de Za – roman lu en musique, à minuit à l’École d’art deux soirs de suite – a écrit une série de textes, une suite de cauchemars, au sommet desquels se trouvent les massacres au Rwanda, mais aussi les discours de GW Bush. Le cauchemar n’est pas tant qu’il y ait des méchants, mais que ces méchants soient en nous, qu’il y ait du sale, du lâche. Ça rend violent : « souvent dans ne phrase Jean-Luc peut-être très violent – tout en rendant ça très drôle par un jeu syntaxique – et, dans la même phrase, ce qui est porté comme un coup, on entend que cela fait mal aussi à celui qui porte le coup » (T.B., juin 09). Il s’agit de mettre en théâtre le triple cercle infernal : colonisation, indépendance, mondialisation. Trois marches vers le “progrès“, triple source d’inextinguibles cauchemars. Thierry Bédard a dressé  face à nous un joyeux rideau de sacs en plastiques – neufs ! -, Rija Randrianovosoa crée un fond musical obstiné, très vivant et très moderne, peut-être ce qui dans le spectacle traduit le mieux la volonté, le désir de vivre, de se sortir de tout ça, de ne pas oublier le passé  sans en faire un refuge, un fond, non pas une musique de fond, sur lequel le discours peut marcher solidement. Les essais de bribes de comédie musicale ne fonctionnent pas très bien : tous ces textes, de nature, de rythmes différents, sont trop graves, même dans l’ironie. Tous sont proférés dans le même axe, face public, ce qui les uniformise. On sourit quelquefois, on ne rit pas. On est d’accord, forcément. Il y a là un problème de théâtre non résolu : trop de théâtre s’il s’agit de dire au public et rien d’autre, trop peu s’il s’agit d’ouvrir dans les mots une brèche (une Brecht ? ) qui interroge encore plus. Ici, on dirait que l’artiste s’est à demi effacé devant sa propre conscience. Quelques  huées à la fin du spectacle ont du rassurer le metteur en scène autant que les vifs applaudissements de tout le reste du public

 

Christine Friedel

 

Avec Rodolphe Blanchet, Mame Fama-Ly, Mélanie Menu, Moustapha Mohamed Mouctari, Phil Darwin Nianga, Véronique Sacri.

Fada rive droite

Fada rive droite (divertissement africain à trois fins)

cielabarracavisuel.jpg   Un rade, un endroit où l’on peut être en rade entre amis, au moins. Avec même une dose très limitée d’espoir qui monte avec la fumette, et la musique. Dansons la danse mélancolique des filles séduites, des enfants morts, des “père Noël“qui font pleuvoir les stylos Bic et soyez contents, et de la pluie qui tombe trop ou pas assez, au gré de la magie des marabouts, un coup de chance, un coup d’pas d’chance. Margouillats et magouilleurs : le margouillat – le lézard – fuit l’homme, et l’homme,  à la vue du magouilleur, devrait prendre ses jambes à son cou. Cours, camarade !
La petite bande du Fada est gaie et triste, mais plutôt gaie quand même, parce que le copain a promis qu’il écrira, et qu’il écrit. On ne vous révélera pas la trouvaille qu’il a faite pour vous permettre d’“exoder“ en UE, elle vaut son pesant de sacs de riz (devant les caméras).
La pièce d’Arezki Mellal est d’autant plus gaie qu’elle ne ment jamais, que chacun en prend pour son grade, et son fait, et qu’elle ne console de rien. Mieux que ça : à toute vitesse et sans passer sur rien, elle avance, en une langue dansée, rythmée, vers une réjouissante lucidité. Toujours cette question : qu’est-ce qu’on applaudit ? On applaudit la danse, on danse, et puis on se tait, on sait que tout ne finit pas par des chansons. On a  compris quelque chose du monde, ensemble, et on applaudit. Au Fada, le théâtre populaire se porte bien.

Christine Friedel
Le Gilgamesh, à 17h45, jusqu’au 31 juillet. Mise en scène de Nabil el Azan, avec Jean-Baptiste Anoumon, Frédéric Kontogom, Nina Nkundwa, Dramane Dembélé (musicien).

Cailloux

Cailloux, concerto pour marionnette et contrebasse

Pas de « Il était une fois » : Cailloux se joue au présent, et en présence d’un merveilleux contrebassiste (Jean-Luc Ponthieux) et de trois interprètes peu ou pas du tout causants, Yasuyo Mochizuki et Claire-Monique Sherer, les deux filles complices, avec ce que cela comporte de coups tordus et chiens-de-ma-chienne, et Brice Coupey, le garçon qui n’a pas de chance, qui se cogne partout et a mal à sa marionnette.
Car  chacun porte sa pierre, dans un petit sac de toile. C’est lourd, ça vous tire vers le bas, tandis que les cintres du théâtre s’envolent. Ça vit, surtout, devenu marionnette, avec des visages de dessins d’enfants, à égalité avec les acteurs, l’émotion, l’action passant de l’un à l’autre, et pas forcément dans le sens du “manipulateur “. Cailloux est une lumineuse réflexion théorique sur l’art de la marionnette en même temps qu’un concentré de questions et de réponses sans paroles. Poids le la tête et légèreté de la musique, répétition du « aïe » d’un pied par ailleurs virtuose, toc-toc du doigt contre une toile, l’illusion et son “truc“ dans le même geste : voilà de la philosophie en actes, à la portée des enfants, et à leur hauteur. C’est ce que dit leur rire.

Christine Friedel
Espace Alya, 10h30, jusqu’au 31 juillet. Spectacle de pierre Blaise, marionnettes de Véronika Door, gréements Andrew Kulesza, Lumières Gérald Karlikow.

Monsieur de Pourceaugnac


Monsieur de Pourceaugnac

Isabelle Starkier est une habituée du festival d’Avignon Off. Cette année, pas moins de quatre mises en scène à l‘affiche : deux spectacles pour enfants (Quichotte et Scrooge), Le Bal de Kafka et Monsieur de Pourceaugnac. Une spectatrice, à la sortie de ce dernier spectacle, a parfaitement résumé l’impression reçue : «  je n’ai pas beaucoup ri, mais ça m’a plu. Peut-être, à certains moments, ça criait trop. Mais ça m’a plu ». Étrange plaisir, en effet, que de voir dans sa parfaite cruauté une pièce de Molière peu jouée, pour cette raison même. Le pauvre Limousin (Pierre, Michon, nous pensons à vous !) venu épouser une jeune Parisienne est torturé par la médecine, pillé et menacé par une justice sans foi ni loi, déchiré par deux prétendues épouses délaissées, Molière reprenant au bénéfice de deux mystificatrices la scène de Dom Juan entre Charlotte et Mathurine. Tout cela joué en sous-main par les amoureux et leurs agents à gages.
Le coup d’audace, la réussite, et aussi le problème, sont là : à l’exception de monsieur de Pourceaugnac, seul être humain normal et raisonnable, tous les rôles sont tenus par quatre comédiens qui passent en virtuoses des amoureux aux médecins, de la vieille mère autoritaire et dupe (elle aussi…) à la servante aux poches grandement ouvertes, du Napolitain de service – on devrait dire de sévices – à tel ou tels des tortionnaires du pauvre provincial. Le travail est d’une précision réjouissante : masques, gestes, intonations, tout s’ajuste dans un rythme impeccable. Mais, mais, mais… Ce n’est pas pour le plaisir de n’être jamais tout à fait content, non. C’est juste une ou deux questions : faut-il vraiment que les méchants aient à ce point une tête de méchants ? Défoulement ? Consolation du fait que, dans la vie, ils ont une tête comme vous et moi et qu’on ne les reconnaît pas au premier coup d’œil ? Et si c’était un plaisir propre au théâtre, ce tiraillement entre la compassion pour la victime et les délices de notre propre sadisme ?

Christine Friedel
Fabrik’ théâtre, à 16h30, jusqu’au 31 juillet. Avec Eva Castro, Daniel Jean, Pierre-Yves Le Louarn, Stéphane Miquel, Sarah Sandre.
Quichotte et Scrooge à la Salle Roquille, Le Bal de Kafka au Théâtre de Halles.

Pas de prison pour le vent

Pas de prison pour le vent

Ça souffle : dans cette villa de la Guadeloupe, Gerty Archimède, avocate et députée, et sa sœur Raymonde, sœur Suzanne en religion, attendent le cyclone. Arrive un autre cyclone : Angela Davis, en escale venant de Cuba, arrêtée avec ses compagnons portoricains par un douanier trop zélé. Et voilà en présence, sous l’aile bienveillante d’un “homme de maison“ peu causant mais doté de guitares sensibles, trois forces, trois vents. Gerty-la-révolte sait se taire quand il faut, plier, contourner, sans jamais mentir ni lâcher quoi que ce soit : elle se sert à fond de l’outil qu’elle a créé en se faisant avocate. Inébranlable. Angela-la-forte révèle ses faiblesses : le traumatisme insurmontable de la prison, de l’amour massacré, de l’écrasant déni de justice. Alain Foix ne nous présente pas la femme leader, mais la femme écorchée, à bout, impatiente. Mais, naturellement, c’est Sœur Suzanne-la douce qui va dénouer les choses, en les ramenant à leur petite dimension  pratique – où l’on voit que le Ciel conduit au terre-à-terre -. Et dehors, le vent souffle, tandis que se construit cette dialectique qui unit nos trois voix.
La mise en scène d’Antoine Bourseiller a la force de sa simplicité (encore que le démarrage de la pièce, très lyrique, fasse un peu pléonasme avec le texte), et les interprètes mènent remarquablement l’affaire, captivant de plus en plus le spectateur au fil de la représentation.

Christine Friedel
Au Petit Louvre (Templiers), à 12h40, jusqu’au 31 juillet. Avec Sonia Floire, Marian Mathéus, Mylène Wagram et Alain Aithnard.

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