SACRIFICES

SACRIFICES

  Solo de Nouara Naghouche coécrit et mis en scène par Pierre Guillois

J’avais déjà vu les prémisses de ce solo à Bussang au Théâtre du Peuple où Pierre Guillois qui l’avait distribuée dans le rôle de Père Ubu en 2007, lui avait demandé de se jeter devant le public qui sortait de la salle, puis l’avait fait jouer dans des salles communales, des maisons d’arrêt, des établissements scolaires. Nouara qui a travaillé dans le secteur social à Colmar, sait de quoi elle parle. Elle en a vu de toutes les couleurs avec Rachid son mari, qui la séquestre, qui la bat quand il est saoul, qui prend son plaisir avec elle, bien qu ‘elle n’en ait aucune envie. Mais Nouara a une magnifique force de vie, elle va se libérer. Elle passe de l’arabe à l’alsacien, se transforme, garde un humour, une force de vie triomphante. Entre le rire et les larmes, Nouara Naghouche s’impose comme une très grande actrice qui suscite tout un monde sur ce plateau nu.

Edith Rappoport

voir aussi la critique de Philippe du Vignal sur cette artiste à l’occasion de son passage à Paris au Théâtre du Rond-Point en mars 2000:

http://theatredublog.unblog.fr/2009/03/12/sacrifices/


Archive pour juillet, 2009

Festival En compagnie(s) d’été

Festival En compagnie(s) d’été
du 21 juillet aux 29 août 2009
au Théâtre 14 Jean-Marie Serreau à Paris

 

  Il n’y a pas que Paris Plage en juillet, août, il y a aussi du théâtre. Depuis huit ans le festival « En compagnie(s) d’été » dirigé par Susana Lastreto (compagnie G. R. R. R. Groupe Rire Rage Résistance), a pris ses marques au Théâtre 14 et s’est gagné un public fidèle.
À l’affiche de sa 8e. édition : théâtre contemporain, cabaret, comédie musicale, spectacle jeune public. La priorité réaffirmée à la création et à l’ouverture à la diversité culturelle au sein de l’Europe avec des pièces d’auteurs d’Italie et de Bulgarie.
Pour commencer (du 21 au 25 juillet) La Rosa Blanca inspiré du roman de l’auteur mexicain B. Traven, une magnifique création d’Adel Hakim avec Maryse Aubert, interprète hors normes, surprenante et bouleversante qui incarne les personnages de l’histoire de la spoliation des Indiens Totomnaques, peuple maya de la région Huasteque, de leurs terres agricoles par la puissante compagnie pétrolière américaine Condors Oïl.
Dans La frontière de Kalin lliev (Bulgarie) mise en scène par Alexandre Tchobanov (du 21 juillet au 1er août) une erreur informatique sur l’identité sexuelle de Tedi et Bobi dans les ordinateurs de la police frontalière déclenche des problèmes insurmontables et des péripéties les plus absurdes impliquant le gouvernement et la machine bureaucratique européens. Trois comédiens interprètent avec fougue et l’humour irrésistible six personnages de ce conte contemporain grinçant et pittoresque.
Les belles nuits d’Arsène Folazur conçu et mis en scène par Emmanuel Depoix (du 28 juillet au 1er août) est un chant à la poésie, une ode à la différence et surtout une performance de Dominique Gras qui joue avec le langage, le tord, le disloque, raconte, chante des histoires extraordinaires, des poèmes empruntés à ses amis libres penseurs : Caussimon, Serizier, Charles Cros, Pierre Louki.
Nunzio (du 4 aux 8 août) de Spiro Scimone, mis en scène par Marcello Scuderi, (compagnie Noved Land) donne à voir la Sicile de nos jours à travers l’histoire de deux amis : Pino qui fait de mystérieux déplacements à l’étranger et gagne beaucoup d’argent et Nunzio qui ne pose jamais aucune question.
La compagnie Lez’Armuse présentera du 4 aux 8 août une comédie musicale Irma la douce ou la jalousie du fripé mise en scène et adaptée par Sophie Plattner d’après les textes d’Alexandre Breffort, avec des chansons de Marguerite Monnot. De l’humour, de la chanson, du plaisir de théâtre garanti.
Peut-on quitter son époque qu’on déteste comme M. Follentin pour qui tout va mal ? C’est ce qu’on va voir du 17 aux 29 août dans À la recherche de l’âge d’or adapté d’après L’âge d’or de Feydeau et mis en scène par Susana Lastreto (compagnie  G. R. R. R.).
La compagnie Fleming Welt proposera du 17 aux 29 août Concerto en yaka majeur cabaret concert de chansons françaises des années 1930 à nos jours dont les sujets seront des prétextes à des numéros musicaux, interprétés par un quatuor d’excellents acteurs chanteurs.
Enfin le spectacle tout public à partir de sept ans de la compagnie 3mètres33 Mademoiselle J’affabule et les chasseurs de rêves ou l’aventure intergalactique d’un train de banlieue à l’heure de pointe de Luc Tartar mis en scène et interprété par Anne Leblanc et Pascal Mailler (les 25, 27, 28 et 29 août).

 

Irène Sadowska Guillon

 

Festival En compagnie(s) d’été
au Théâtre 14 à Paris
20 avenues Marc Sangnier, 75014 Paris
réservations : 01 42 05 72 67
site :www.grrrcompagnie.com

Turandot ou le congrès des blanchisseurs

image23.jpgTurandot ou le congrès des blanchisseurs, mise en scène de Mirabelle Rousseau.

turandot228x300.jpg C’est la dernière pièce -inachevée- de Brecht mais, disons le tout de suite, pas vraiment la meilleure, et c’est un euphémisme… Il y a parfois quelques délicieuses senteurs d’Arturo Ui mais, si la pièce s’inscrit dans la démarche didactique de Brecht , elle n’est pas du genre léger- léger, et on a vite compris le propos de Brecht qui nous assène pendant deux heures  une leçon de morale sur fond de crise économique, de dévaluation de la monnaie mais aussi de descente aux enfers de l’intelligence et de la pensée…. Cela  se passe en Chine: l’Empereur convoque les Tuis pour un congrès exceptionnel ( les Tuis sont des In-tellect-Uels qui ne craignent pas de soumettre au pouvoir: ce sont, nous explique assez laborieusement Brecht,  les blanchisseurs d’opinion, et c’est , insiste-t-il, toute la difficulté pour un intellectuel  de vivre et de continuer à penser dans une société dont les valeurs sont soumises aux lois du capitalisme..
 Reste à mettre  en scène cette pièce assez estoufadou  avec quelque 77 personnages!  Le parti pris de Mirabelle Rousseau est séduisant: pas de décor mais de simples portants de chaque côté avec tous les costumes nécessaires par dizaines: et,  dans le fond de scène, des tables d’école en vrac qui serviront de praticables à la demande. Les didascalies sont lues par deux jeunes femmes qui dirigent la répétition depuis la grande table au premier plan: ce n’est pas nouveau mais l’effet comique est garanti. Comme les jeunes  comédiens sont plutôt du genre efficace et ont une excellente diction, cela marche bien ,disons pendant la première demi-heure. Mais on se lasse très vite  des changements de costume à vue, des déplacements fréquents de table et de cette application répétitive de didascalies: cela tourne au procédé:  « la représentation , dit Mirabelle Rousseau, se constitue comme expérience dramaturgique collective , un théâtre-brouillon dans lequel on joue vite, on s’interrompt »…. Bon, on veut bien, mais pourquoi le public servirait-il d’otage à ce théâtre-brouillon!  Sans vouloir jouer aux vieux croûtons, le Théâtre du Soleil et Ariane Mnouchkine s’y prenaient mieux et n’auraient pas été chercher ce fond de tiroir de Brecht… Trouver  de bons textes, quelle qu’en soit l’origine,fait aussi partie du métier théâtral,; c’est  par là aussi que tout commence, pour tout  type de spectacle.
 Même s’il y a, dans Turandot,  quelques bons dialogues et des moments assez réjouissants ,comme cette fausse apologie de l’art de la lèche,  où l’on retrouve toute la verdeur du jeune Brecht , même si Mirabelle Rousseau a su imposer un rythme efficace , et possède à l’évidence une bonne gestion de l’espace, un ennui de premier ordre commence à s’installer assez vite, d’autant que l’on suffoque de chaleur…On aimerait bien voir ces huit jeunes comédiens qui font déjà preuve d’un solide métier et qui ont visiblement du plaisir à jouer ensemble, dans une autre pièce où l’on  pourrait trouver un véritable plaisir.
 Il ne faudrait jamais oublier que des gens ont été à jamais dégoûtés du théâtre dans les années 70, parce qu’on leur avait infligé des mises en scène  de pièces mineures du grand Brecht, parce qu’il fallait  à l’époque absolument monter un Brecht pour être dans le vent, et cela durait souvent deux bonnes heures, comme c’est le cas avec Turandot….Alors à voir? oui, si vous voulez absolument aller comment de jeunes comédiens sympathiques  s’emparent de Turandot dans une mise en scène intelligente ; non, si vous redoutez le bavardage au théâtre et les leçons de morale répétées jusqu’à épuisement… Voilà, vous êtes prévenus!

 

Philippe du Vignal

Le Théâtre Obsessionnel Compulsif  à la Fabrik Theatre, 32 bd Limbert Avignon jusqu’au 31 juillet à 22 heures, relâche les 14,21 et 28 juillet. Attention:  c’est en fait dans la rue du Cimetière (sic) à droite en regardant le magasin Casino sur le trottoir du Boulevard Limbert à l’extérieur des Remparts près de la Porte Thiers.

 

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par Edith Rappoport

TURANDOT OU LE CONGRÈS DES BLANCHISSEURS
Fabrik Théâtre Avignon de Bertolt Brecht, mise en scène Mirabelle Rousseau, T.O.C. Théâtre

Cette dernière pièce de Brecht restée inachevée rend bien compte de notre époque de marchandisation à tous crins. L’empereur de Chine déstabilisé par une surproduction de coton, menace d’abdiquer. Il convoque les Tuis, des « Tellectuel-in », des Intellectuels blanchisseurs d’opinion à la solde du pouvoir, pour qu’ils expliquent au peuple les raisons de la disparition du coton, organisée par le pouvoir sur le marché . Les huit comédiens jouent la cinquantaine de personnages  avec une énergie pleine d’humour, se présentant entre deux rangées de portes manteaux, coiffés de chapeaux en papier, changeant de costumes  et de personnages à vue, juchés sur des pupitres de salle de classe. Le sujet est d’une actualité brûlante : « … l’art de la lèche, il faut l’apprendre. Ce n’est qu’au prix de l’endurance et de l’exercice qu’on parvient à dépasser le léchage de bottes vulgaire qui court les rues, et c’est seulement quand la fantaisie s’ajoute à la patience, qu’on devient un maître. » (Brecht). Malheureusement la durée du spectacle, plus de deux heures, dilue le plaisir et la surprise du début. Ce Théâtre Obsessionnel Compulsif créé voilà dix ans est pour moi une belle découverte.

Edith Rappoport

Cabaret astroburlesque

Cabaret astroburlesque, mise en scène de Patrick Simon.

astro.jpgDans un petit jardin muni d’une trentaine de chaises et de quelques tables , un praticable avec, dans le fond,  un rideau rouge , un piano blanc et quelques petit globes terrestres juchés sur des pieds: c’est bien suffisant pour accueillir la deuxième version de ce cabaret que nous avions pu voir la saison dernière au centre culturel Boris Vian des Ulis dans l’Essonne. C’est, surtout en chansons ( Vian, Béart, Legrand, Fontaine…) mais aussi avec quelques textes, une sorte de promenade où l’on nous dit  l’aventure du cosmos avec ses trous noirs et toutes ses planètes mais aussi celle du malheureux Galilleo Galilei que personne ne voulait croire quand il parlait de la rotation de la Terre, mais celle de la vitesse à laquelle doit aller le Père Nöel s’il veut arriver à temps pour déposer tous ses cadeaux dans les millions de cheminées concernées par son personnage… C’est peut-être le plus déjanté de ces textes, écrit par des scientifiques américains.
C’est bien mis en scène par Patrick Simon qui a réussi à imposer un rythme et une saveur  délicieuses à cette exploration loufoque;( on ne dira rien des costumes  lacérés,qui sont assez laids !) mais les interprètes : Ariane Simon, Marianne Viguès et Jonathan Salmon chantent avec beaucoup de précision et de générosité- ce qui n’est pas incompatible- ces chansons loufoques (dont on connaît  certaines) qui s’enchaînent bien; du côté des petits textes, cela mériterait d’être encore peaufiné : Jonathan Salmon ne semble pas toujours très à l’aise.. mais, comme le  pianiste / chanteur est excellent, l’on sort de là assez réjoui, surtout après les deux heures de souffrance endurées la veille à la carrière Boulbon ( merci, M. Gitai!). Ce cabaret ,un peu brut de décoffrage ,  demande  quelque rodage mais, si vous passez par là, (c’est près des Halles), ) vous passerez un bon moment… loin du bruit et de la fureur avignonnaise.

Philippe du Vignal

Cabaret astroburlesque jusqu’au 20 juillet La Parenthèse 18 rue des Etudes, Avignon.

L’avenir du chant lyrique est assuré

L’avenir du chant lyrique est assuré
Depuis janvier 2005, Christian Schirm dirige l’Atelier lyrique de l’Opéra national de Paris, centre d’insertion professionnelle qui accueille de jeunes artistes de tous pays à l’issue de leurs études au conservatoire ou à l’université.

Christian Schirm a d’abord enseigné à Vienne pendant cinq ans, tout en faisant des émissions en français et en allemand à la radio autrichienne. «Puis j’ai travaillé pendant dix-sept ans avec Hugues Gall, qui m’a appris mon métier : pendant sept ans à Genève (où j’ai été assistant metteur en scène, puis chargé des publications et de la dramaturgie), puis pendant dix ans à l’Opéra de Paris. Quand Gérard Mortier est arrivé, il m’a demandé de rédiger un rapport sur le Centre de formation lyrique de l’Opéra de Paris, raconte Christian Schirm, puis m’a proposé de reprendre cette structure, sous réserve bien entendu de la renouveler. J’ai accepté avec joie en songeant à deux expériences marquantes : l’Atelier de l’Opéra de Lyon, avec Éric Tappy ; et l’Opéra-Studio de l’Opéra de Paris, animé par Bernard Lefort et Louis Erlo, d’où sont sortis Michèle Command, François Le Roux, Jean-Philippe Lafont et d’autres.»
L’Opéra-Studio disposait à l’époque de la salle de l’Opéra-Comique. Et l’Atelier lyrique ? «Nous avons l’amphithéâtre de l’Opéra Bastille, mais nous nous produisons aussi à Bobigny, au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, au Théâtre de l’Athénée, voire à Rennes, etc. Il nous arrive aussi de quitter la France : nous avons fait 3 concerts à la Villa Médicis à Rome, un concert à Bucarest. Gérard Mortier a été exemplaire, il m’a laissé carte blanche tout en soutenant cette entreprise de A à Z. Aujourd’hui, je suis heureux de voir arriver Nicolas Joel, que je connais bien.»

Approfondir, participer, être distribué

L’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris n’est pas une école mais peut être considéré comme un sas de perfectionnement et d’insertion, comme il en existe dans le cadre de l’Opéra de Munich, de Covent Garden, du Théâtre Mariinski ou du Metropolitan Opera de New York. «Il propose à ceux qui en font partie, précise Christian Schirm, d’approfondir et d’étoffer leur propre répertoire, de participer à des concerts et des spectacles de l’Atelier, enfin d’être distribués dans des petits rôles ou des rôles relativement importants sur la scène du Palais Garnier ou de l’Opéra Bastille. Il y a eu la saison dernière quatre ou cinq membres de l’Atelier dans Idomeneo, cinq ou six dans La petite renarde rusée. Mieux : à la suite de l’annulation de Christine Schäfer, c’est à une jeune chanteuse venant d’achever son cursus à l’Atelier, Elena Tsallagova (qui est désormais en troupe à Munich), que fut confié le rôle de Bystrouska, la petite renarde.»
Chanter dans de telles conditions permet évidemment à ces jeunes interprètes de côtoyer leurs aînés et de susciter l’intérêt du milieu professionnel. Andrea Hill, par exemple, s’est ainsi trouvé un agent dans le cadre de l’Atelier. «D’une manière générale, ajoute Christian Schirm, il faut préparer ces jeunes interprètes aux conditions de leur métier, qui ne consiste pas uniquement à chanter. Un artiste lyrique doit aujourd’hui savoir jouer, lire facilement la musique, apprendre rapidement un rôle, etc. Il faut qu’il sache s’adapter à son époque pour pouvoir durer. Le marché est difficile, il y a de plus en plus de chanteurs, la compétition est rude : au printemps dernier, nous avons reçu 350 candidatures à notre audition, venues de tous les pays, pour huit postes disponibles !»
Hugues Gall avait souhaité que de jeunes pianistes répétiteurs fassent également partie du Centre de formation lyrique. Aujourd’hui, le nombre de chanteurs a été réduit (ils sont seize, qui restent en moyenne deux ans), et les salaires ont été augmentés. «Les membres de l’Atelier sont salariés de l’Opéra, explique Christian Schirm ; ils reçoivent 1 700 euros brut par mois, pendant neuf mois (avec congés payés, assedic, etc.), et doivent 40 services à l’Opéra. Ils touchent un cachet supplémentaire s’ils dépassent ce nombre, puis un cachet sur trois ans quand ils sont engagés à l’Opéra. Pour l’Opéra, c’est ce qu’on peut appeler un retour sur investissement ; pour les chanteurs, une relative sécurité, le temps que leur carrière se mette en place.»

Des français, des étrangers

D’où viennent ces jeunes chanteurs ? «Nous prenons les bonnes voix, sans chercher à respecter tel quota de français ou d’étrangers. Les chanteurs venus d’autres pays apprennent le français à Paris, ce qui leur sera utile pour ensuite défendre notre répertoire avec la couleur et le style qui conviennent.» Et le chant français, comment se porte-t-il ? «Il y a de plus en plus de bons chanteurs français, répond Christian Schirm sans hésiter : Ludovic Tézier, Mireille Delunsch, Annick Massis, Béatrice Uria-Monzon, Yann Beuron, Stéphane Degout, Sophie Koch et bien d’autres font tous une carrière internationale. Natalie Dessay est adulée aux États-Unis, où elle a renoué avec la tradition de la colorature française qu’avait illustrée autrefois Lily Pons. De jeunes artistes qui sont passés par l’Atelier commencent une belle carrière : David Bizic, Xavier Mas, par exemple. Il y a aussi Ivan Geissler, qui a chanté dansPastorale de Pesson au Châtelet, et Aimery Lefèvre, qui sera Momus dans Platée la saison prochaine.
«L’équipe d’encadrement de l’Atelier lyrique se réduit à quatre personnes. Elle ne comprend aucun professeur permanent de chant. Nous faisons intervenir des spécialistes en fonction de la discipline, du répertoire, etc. Ainsi, Guillemette Laurens pour le chant baroque. Chaque semaine est organisée différemment ! Pour nos spectacles, j’ai fait appel à des metteurs en scène de théâtre tels que Dominique Pitoiset, Marc Paquien, Jean-Yves Ruff, Jean Liermier. J’ai fait venir également des membres de l’Académie Fratellini, qui elle aussi est vouée à l’insertion professionnelle.»

En 2009-2010 ?

A la rentrée prochaine, nous allons travailler avec Irène Bonnaud, qui a mis en scène l’an dernier Fanny au Vieux-Colombier. Avec également un orchestre de jeunes musiciens du Conservatoire national supérieur dirigé par Jérôme Corréas, qui est aussi chanteur et est passé par l’Atelier lyrique. Il y aura par ailleurs deux concerts Schumann, pour fêter le cent-cinquantenaire de la naissance du musicien : Le Pèlerinage de la rose avec le Chœur de l’Opéra, et un concert de duos et de quatuors. Mais aussi un concert au Palais Garnier avec l’Orchestre de l’Opéra, et un concert consacré à la musique de Philippe Fénelon à l’occasion de la reprise de son Faust. Sans oublier un spectacle à Bobigny : Mirandolina, un opéra de Martinu sur un livret italien.» Cet ouvrage sera donné en création française.

Propos recueillis par Anne Rodet

 
A propos de L’Enfant et les Sortilèges (amphithéâtre Bastille, le 24 juin) :

Il faut rendre hommage à Christian Schirm d’avoir choisi L’Enfant et les Sortilèges de Ravel, une partition scintillante qui permet à de nombreux chanteurs d’aborder chacun plusieurs rôles différents, mais toujours évocateurs. Le livret de Colette met en scène un enfant aux prises avec les éléments tout à coup perturbés ; il y a là le Pastoureau, la Tasse chinoise, la Chatte, l’Ecureuil, le Fauteuil, l’Arbre, le Petit vieillard, etc., et l’imagination est vraiment la reine. Nous avons particulièrement apprécié, parmi l’équipe de jeunes chanteurs issus de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris, la jeune Julie Mathevet qui interprétait le Feu et le Rossignol. Coup de chapeau aussi à Didier Puntos, qui s’était chargé de la réduction de la partition pour piano à quatre mains, flûte et violoncelle. Coup de chapeau enfin aux jeunes musiciens et au metteur en scène Jean Liermier, directeur du Théâtre de Carouge à Genève, qui d’un rien sait créer l’enchantement.

A. R.

La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres

image23.jpgLa Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres, d’après La  Guerre des Juifs de Flavius Josèphe, adaptation et mise en scène d’Amos Gïtai.

image3.jpg  Joseph ben Mattathias ha-Cohen, dit Flavius Josephe, ( 38-100 environ) fut l’un des protagonistes de la guerre des Juifs contre Rome qui avait entrepris de coloniser l’état juif dans les années 66-70, puis dut se rendre aux Romains, après avoir trouvé refuge dans une grotte. Favorable à une reddition de ses troupes, il admit comme une nécessité absolue la décision collective de s’entretuer selon un ordre déterminé par tirage au sort, dont il réchappa ; il devint rapidement le protégé du général puis empereur : Vespasien , puis de son fils Titus qui  écrasèrent sans beaucoup d’état d’âme l’insurrection de Galilée. 

  L’armée de l’état juif comptait pourtant 100.000 fantassins et 500 cavaliers.Flavius Josèphe écrivit donc en historien, dans les années 70,le récit de cette guerre d’extermination dont il fut à la fois l’un des principaux acteurs et le témoin des  événements qu’il vécut à la fois du côté des Juifs d’abord puis des Romains. Chute de Jérusalem, , destruction programmée du Temple et enfin, suicide collectif  des derniers combattants réfugiés dans la fameuse citadelle de Massada pourtant réputée comme imprenable.   Ce fut la fin de l’Etat juif de l’Antiquité et le début d’un exil qui dura vingt siècles….Qui était en réalité ce Flavius Josèphe qui écrivit donc  l’histoire du peuple juif , une fois passé dans le camp des Romains? Un général intelligent sans aucun doute qui n’avait rien d’un héros et  qui ne manquait cependant pas de réalisme, au moment des choix cruciaux! Il  reste cependant le témoin irremplaçable de cette histoire de la nation juive.
 On comprend donc bien l’intérêt qu’a pu y trouver Amos Gitai, excellent cinéaste israélien, qui a donc entrepris de mettre en scène un spectacle, dont le titre est emprunté à l’un des fameux manuscrits dits de la mer Morte, et ce, par deux fois, en Sicile il y a quinze ans, puis à la Biennale de Venise.Gitai, s’appuie sur le texte de Flavius Josephe avec un prologue et sept tableaux. qui vont du début de l’insurrection, au début de guerre civile jusqu’à l’assaut de Jérusalem  par les Romains, puis au triomphe de Vespasien et de Titus à Rome, et enfin au suicides des insurgés de Massada programmé par leur chef Eléazar. C’est effectivement tentant comme scénario… Reste à l’adapter scéniquement…..
 Le cadre : la magnifique carrière Boulbon qui fut le cadre du Mahabarata de Peter Brook puis notamment,  du Songe d’une nuit d’été mis en scène par Jérôme Savary.Le spectacle d’Amos Gitai commence plutôt bien, comme une sorte de performance silencieuse ou presque; déjà sur la scène six taileurs de pierre découpent , scient, burinent de gros quartiers de roche au crépuscule; puis les très belles et douces  lumières conçues par  Jean Kalman  balaient  les parois rocheuses et les praticables métalliques. Et c’est d’une grande beauté plastique.
 Jeanne Moreau entre alors doucement, elle a un tailleur pantalon crème et une grande écharpe de soie vert d’eau et elle vient s’asseoir à une table en bois pour lire le prologue puis des morceaux du récit de Flavius Josèphe; c’est du genre magique, surtout quand elle dit, de sa voix inimitable, la fin du prologue: « Je rapporterai avec exactitude ce qui s’est passé dans les deux camps mais, dans mes réflexions sur les événements, je laisserai paraître mes sentiments et je laisserai ma douleur personnelle s’exprimer sur les malheurs de ma patrie ». Il y a, à ce moment là, un véritable souffle épique qui ,malheureusement , ne dure pas du tout. Jeanne Moreau butte souvent sur des mots et ne réussit même pas à lire correctement la fin de son texte, ce qui est quand même surprenant et  assez désagréable.Et cette espèce de faux oratorio/ lecture en sept tableaux avec des  intermèdes musicaux de musique ( très beau chants  yddish de Menachem Lang, violon , guitare électrique ) devient  vite ennuyeux. sans doute parce qu’il n’y a pas de  scénario véritablement théâtral.

  Les comédiens qui entourent Jeanne Moreau et qui lisent aussi des parties du textes Jérôme Koenig ( Vespasien)  Gérard Benhamou ( Titus) ; Eric Elmosnino (Eléazar) , Shredy Jabarin ( Shimon)  et Mireille Perier ( Miriam) font leur travail  scrupuleusement. Mais il manque une âme et une véritable construction à ce spectacle maladroit  de 95 minutes qui essaye en vain de dire  l’histoire d’un peuple et les horreurs de la guerre , et cela n’en finit pas de finir. Les quelque huit cent spectateurs , pas très jeunes  mais c’est une constante dans ce festival très bon chic bon genre-à de rares exceptions près -sont restés stoïquement jusqu’au bout, sans doute par respect pour les comédiens Mais les applaudissements bien maigres….Dommage pour le Festival qui aurait mérité mieux…. Et il n’est pas sûr que les rares moments où passe un tout petit souffle épique puissent perdurer ailleurs que dans la magnifique  scénographie naturelle de la carrière de Boulbon…

Philippe du Vignal

Le spectacle est joué  encore aujourd’hui et demain à Boulbon puis au Festival grec de Barcelone, les 17 et 18 juillet, puis Les 24 et 25 juillet au Festival d’Athènes et Epidaure; les 31 juillet et le 1 er août au Festival international d’Istanbul et enfin à ‘Odéon-Théâtre de l’Europe.

Gérard Philipe 50 ans après

Les Cahiers de la Maison Jean Vilar, n° 108 juillet 2009
Gérard Philipe 50 ans après

cahiersjeanvilarjuillet2009.jpg50 ans après sa disparition Les Cahiers de la Maison Jean Vilar publient un numéro spécial consacré à Gérard Philipe et à son mythe. En guise d’introduction « Gérard Philipe, récit d’une vie » par Rodolphe Fouano, une biographie complète de l’acteur de théâtre et de cinéma, de l’artiste engagé politiquement, illustrée par des reproductions de documents (lettres, contrats…) et de nombreuses photos de répétitions, de spectacles, de tournages de films.
Quelques documents, articles, publications, inspirées par la figure de Gérard Philipe, entre autres une bande dessinée sur lui dans le journal illustré pour enfants « Cœur vaillant », donnent la mesure de sa dimension de star et de l’idolâtrie qui l’entourait.
Une partie de la revue réunit les regards portés sur Gérard Philipe par Marc Allégret, Marcel Carné, Calder, Maria Casarès, René Clair, Jean Cocteau, Armand Gatti, Maurice Jarre, François Mauriac, Michèle Morgan, Serge Reggiani, Claude Roy etc..
À travers une série de photos on découvre Gérard Philipe avec ses amis, sa famille, jouant au football, en coulisses, travaillant…
Des études sur le phénomène Gérard Philipe : « Gérard Philipe le symbole de l’après-guerre » de Claude Choublié et « La création du personnage » de Georges Sadoul, sont suivies des extraits d’entretien avec l’acteur « Théâtre et cinéma, les deux faces d’un même métier » paru dans « Cinéma » en décembre 1955.
D’autres témoignages et points de vue sont apportés par Philipe tesson (« Un mythe ou un homme ») et Jacques Lassalle qui inscrit dans une réflexion actuelle la figure de Gérard Philipe qui fut une révélation pour lui et pour sa génération.
Dans la partie de la revue consacrée à Jean Vilar, à lire un passionnant texte sur Maurice jarre « Du TNP aux Oscars » et un texte de Maurice Jarre Le décor sonore paru en 1952.

Irène Sadowska Guillon

Les Cahiers de la Maison Jean Vilar
Gérard Philipe 50 ans après
n° 108 juillet 2009

http://maisonjeanvilar.org

Maison Jean Vilar
Montée Paul Puaux
8 rue de Mons
84000 pavillon

On trouve tout ou presque tout sur Gérard Philipe à la bibliothèque de la Maison Jean Vilar : ses films, des documentaires, des maquettes des costumes de scène et de films, la presse de l’époque, des enregistrements audio des spectacles du TNP à Chaillot, des disques de poésie, sa correspondance, ses archives personnelles de Gérard Philipe données à la Maison Jean Vilar par sa famille.

AVIGNON IN ET OFF

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 AVIGNON IN ET OFF

 Dès samedi, c’est promis , vous aurez les premiers compte-rendus du Festival in et off d’Avignon; s’y succéderont d’abord  Alvina Ruprecht et du Vignal en personne , un peu en même temps qu’Edith Rappoport, puis Christine Friedel. Laurie Thinot  nous fera parvenir ses impressions sur ce Festival qu’elle découvre pour la première fois, et malgré sa grande envie d’y goûter qui la tenaillait , reste pour le moins assez décontenancée par ce gigantesque bordel qui, dit-elle, ne rend pas toujours la monnaie de la pièce….

  Comment s’ y retrouver en effet dans ce  bazar où le pire côtoie le meilleur, ce n’est évidemment pas toujours facile mais nous essayerons de faire quotidiennement un point sur les choses à voir et sur celles que vous pouvez vous épargner… Mais au moins une chose est sûre, nous ne vous parlerons que d’une toute petite partie de cette programmation hors normes et qui reste tojours un objet d’étonnement pour nos amis étrangers.  Et,   en dehors des nourritures spirituelles , qu’absorber? Evitez la place de l’Horloge en général,  et les rues avoisinantes; la Place des Carmes est un peu mieux,  sinon nous vous conseillons le Flunch; ( en bas sur la gauche de la rue de la république: avenue Raspail .
 Attention: ce n’est pas du tout de la haute cuisine mais bon , ce n’est pas pire qu’ailleurs, au contraire et 1) Il fait frais 2) On ne vous impose pas de plat et vous pouvez ne prendre que des légumes  dont  vous pouvez  vous servir à volonté, ou des crudités , yaourts, etc…3) Les prix sont tout à fait corrects, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des machins qui font office de restaurants pendant le Festival, mais mieux vaut arriver tôt vers midi, parce que d’autres festivaliers, dont pas mal de critiques , et non des moindres,  ont aussi repéré le truc  4) Vous pouvez aussi y faire une pause dans l’après-midi pour lécher une glace.
 Prenez soin de vous, et bonnes découvertes dans le off surtout… Pour le reste, nous vous tiendrons au courant dans la mesure où nous aurons l’insigne honneur d’être invité. A très bientôt donc.
Philippe Du Vignal

L’immédiat

après coup : week-ends à la Cité – L’immédiat, performance de Camille Boitel.

L’été, le Théâtre de la Cité Internationale joue à fond de ses lieux multiples et quelque peu labyrinthiques, du parc et des connivences entre les différentes maisons de son splendide campus. Performances, musiques, arts visuels : dans ces lieux où  – presque – tout est possible, les arts visuels (le théâtre en fait partie) se glissent partout et changent le regard que le spectateur porte sur le quotidien. Et si ces filles en maillot de bain, sur la pelouse, étaient des danseuses immobiles ? Le tee-shirt rouge sur une chaise devient une installation, l’art met en scène la vie, sans lui demander son avis. Ce que revendique le collectif de plasticiens Glassbox : « graviter, s’infiltrer et produire une œuvre qui joue sur une réappropriation des lieux (…). Le cadre, l’activité humaine, les organisations regroupées sur le parc, sont des indices au travers desquels une démarche peut s’envisager ».
Il faut de l’espace pour entraîner le spectateur dans cette déambulation éveillée : on peut en trouver toute l’année à la Ferme du Buisson, à Noisiel, héritière d’un empire industriel, ou à la Ferme du Bonheur, squattée, gagnée d’année en année sur les terrains vagues de Nanterre, bricolée pour que surtout les terrains restent vagues, c’est à dire vivants, comme les spectacles du même nom, et jardinés de plantes et d’animaux sauvages.
Détour pour en arriver à ceci : dans une sorte de gymnase équipé de gradins – retour à la salle après une promenade  esthétique dans le parc -, Camille Boitel et les siens proposent ce qu’ils appellent une performance, ce qu’on pourrait appeler du théâtre sans paroles. Imaginez : dans un décor d’emblée miteux, de bric et de boc, se dessine un logis misérable. Un femme « rentre chez elle » et la catastrophe commence, la porte ce déglingue, les meubles ploient, les livres se défont, tout coule, tout fond, et d’abord le corps de la jeune femme. La trouvaille – l’un des mille trouvailles – est qu’elle ne lutte jamais contre ces éléments, mais glisse avec eux d’une situation à une autre. Variations sur la même trajectoire : un tranquille homme volant bascule du haut d’un mur que s’effondre (en douceur) sur une échelle qui bascule vers une armoire qui penche en direction d’une chaise à roulettes qui démarre…, le tout dans un sérieux bricolage de lumières et de son. L’entracte même, un acte comme les autres, et des plus savoureux, met en scène le grandiose ménage du plateau – on s’en voudrait de quitter la salle – avant de nouvelles expériences de L’Immédiat.
On arrête de raconter ces corps et ces objets patients dans leurs misères obstinées et positives : l’irrésistible catastrophe comme moteur de la vie, c’est le sommet de l’art du clown, salué par le rire et l’amour du public.

Christine Friedel

Maraina. L’aventure des premiers Réunionnais

Sylvia Monfort

Maraina. L’aventure des premiers Réunionnais

maraina.jpgMaraina, colonisation et passion sur la scène du théâtre Sylvia Monfort, lors du passage de la troupe Vollard à Paris à la fin de juin.  Cette deuxième version  a bénéficié d’un dispositif  scénique  perfectionné, à la différence des systèmes sonores et lumières qui laissaient à désirer au théâtre Jean Vilar  à Vitry  où Maraina avait  fait  sa première parisienne en octobre 2008. Ici, la musique a récupéré toute sa profondeur et la qualité de l’orchestre, recruté localement,  a bien affirmé sa maturité.
Il faut absolument signaler la  venue de Vollard à Paris car cette troupe a laissé et continuera à laisser des traces importantes dans son sillage.
Vollard est  à l’origine de la modernité scénique à la Réunion. Paradoxalement, les autorités locales l’empêchent désormais de produire ses spectacles sur le territoire car Emmanuel Genvrin, son fondateur et celui qui fournit tous les textes de ses spectacles, connaît bien l’histoire coloniale  de l’Océan indien. Ses lectures précises, bien documentées, inspirées d’une vision populaire de l’histoire et surtout le résultat de recherches méticuleuses, ont souvent révélé des éléments ’oubliés’, voire gênants, de l’histoire officielle et son désir de dénoncer certaines interprétations du passé lui a attiré des ennuis.
Désormais il revient au théâtre lyrique, en partenariat avec le compositeur, musicien et chef d’orchestre Jean-Luc Trulès qui a accompagné le travail de Vollard dès ses débuts dans les années 1970.

Maraina, princesse  légendaire du groupe malgache Antanosy, et maitresse de Louis Payen, gérant de la petite compagnie française (1642) avant qu’elle ne devienne la Compagnie des Indes, est  aussi convoitée par Jean Managna, chef du groupe malgache dissident Masikoro. Ce guerrier violent  et fougueux, (chanté par le baryton Steeve Heimanu Mai) , propulsé par un irrépressible esprit de liberté, incite les  travailleurs malgaches à résister aux colons français (ici, on ne parle pas encore d’esclavage pour cette période particulière).  La rivalité entre le chef malgache et Louis le Français, par rapport à Maraina : « sorcière » disent les uns, « ange » disent les autres, crée une tension meurtrière sur fond de résistance anticoloniale, qui fait de ce spectacle à la fois un drame romantique et une leçon fascinante de la présence malgache dans l’histoire de la colonie française à la «  Mascareigne », devenue par la suite l’Ile Bourbon et finalement l’Ile de la Réunion.
Mais c’est aussi par la musique que la « postmodernité » du pays est signifié puisque les sonorités vocales et instrumentales aux réminiscences de Stravinsky, de Debussy, des traditions musicales malgaches, les conventions de l’opéra romantique européen et les échos de jazz moderne produisent  une harmonie  transculturelle parfaite, la célébration d’un métissage musical qui signifie l’émergence d’une nouvelle société moderne.
À part les belles voix  de Maraina (la mezzo soprano ’Aurore Ugolin ),  de la jalouse Ravelo ( la soprano Landy  Andriamboavonjy), et du « Roi Soleil » (le baryton  Josselin Michalon)  il y a le décor éblouissant de Hervé Mazelin.  Visions filmiques qui nous transportent de la mer vers les hauts des « cirques », restes des volcans qui façonnent le paysage montagneux du paysage réunionnais où les Marrons se sont retirés pour fonder leurs propres sociétés. Les images filmées projetées sur le fond de l’espace scénique, s’opposent au décor minimaliste et fortement illuminé, coupé en bandes horizontales par des étendues de couleurs qui créent une surface d’une pureté formelle  évocatrice des visions scénographiques de Bob Wilson. La  fracture visuelle et auditive entre une esthétique scénique moderne et le récit d’une ancienne aventure historique était très puissante.

Vollard reviendra. La troupe a désormais créé un nouveau genre, l’opéra lyrique d’outre-mer , une forme qu’il faudra suivre avec la plus grande attention.
Alvina Ruprecht
Paris 2009

*car sous l’influence de … XXX .confrérie l’esclavage a été banni de Fort-Dauphin (‘Grande Ile’ de Madagscar)  C’EST DANS LE PROGRAMME DE MARAINA

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