TROUBLES

TROUBLES  Maison des Métallos 7 juillet« Féerie familiale » de Jean-Marie Galey, répétition publique n° 3

Jean-Marie Galley est en train d’écrire une pièce sur une drôle de famille comme on en a tous, mais la sienne n’est pas vraiment rigolote.  Il y a deux sœurs (jouées par la même comédienne qui se coiffe d’une perruque) hystériques. L’une est amoureuse de son frère atteint du sida, l’autre abomine le père de son fils de 7 ans prostré sous la table. Il y a un ami de la famille, la mère cachée dans les coulisses qui a décidé de ne plus voir son fils, un mari désagréable et le père de famille qui voue ses enfants aux gémonies. Trop de hurlements, de scènes que je n’aime pas dans la vie ni au théâtre. Il y a encore beaucoup de travail pour ne pas s’enliser dans cette matière complexe.

Edith Rappoport


Archive pour juillet, 2009

PRIX DE LA CRITIQUE – Palmarès 2008/2009

PRIX DE LA CRITIQUE – Palmarès 2008/2009

THÉÂTRE :


GRAND PRIX
(meilleur spectacle théâtral de l’année) : LA CERISAIE d’Anton Tchekhov, mise en scène Alain Françon (Théâtre National de la Colline)

PRIX GEORGES-LERMINIER  (meilleur spectacle théâtral créé en province) : TARTUFFE de Molière, mise en scène Stéphane Braunschweig (TNS/Odéon Théâtre de l’Europe)

MEILLEURE CRÉATION D’UNE PIÈCE EN LANGUE FRANÇAISE :
VERS TOI TERRE PROMISE, TRAGEDIE DENTAIRE de Jean-Claude Grumberg, mise en scène Charles Tordjman (CDN Nancy / Théâtre du Rond-Point)

MEILLEUR SPECTACLE ÉTRANGER : JOHN GABRIEL BORKMAN d’Henrik Ibsen, mise en scène Thomas Ostermeier (Schaubühne de Berlin / Odéon, Théâtre de l’Europe)

MEILLEURE COMÉDIENNE : Ludmila MIKAËL pour « L’Amante anglaise » de Marguerite Duras, mise en scène Marie-Louise Bischofberger (Théâtre de la Madeleine)

MEILLEUR COMÉDIEN : Hervé PIERRE pour « La Grande Magie » d’Eduardo De Filippo, mise en scène Dan Jemmett (Comédie-Française)

MEILLEURS CRÉATEURS D’ÉLÉMENTS SCÉNIQUES (scénographe – décorateur, costumier, créateur de lumière) : Giorgio BARBERIO CORSETTI et Cristian TARABORRELLI pour “Gertrude (Le Cri)” de Howard Barker, mise en scène Giorgio Barberio Corsetti (Odéon, Théâtre de l’Europe)

MEILLEUR COMPOSITEUR DE MUSIQUE DE SCÈNE : Benedek DARVAS pour « L’Opéra paysan » de et mise en scène Béla Pintér (Béla Pintér Compagnie / Théâtre de la Cité Internationale / Festival d’automne)

RÉVÉLATION THÉÂTRALE DE L’ANNÉE : Alice BELAÏDI pour « Confidences à Allah » de Saphia Azzedine, mise en scène Gérard Gélas (Théâtre du Chêne Noir Avignon / Théâtre Montparnasse)

MEILLEURS LIVRES SUR LE THÉÂTRE :  DERNIERS FEUX (ESSAIS DE CRITIQUES) par Jean-Pierre Han (Editions Lansman) et PARIS, CAPITALE MONDIALE DU THÉÂTRE / LE THÉÂTRE DES NATIONS, par Odette Aslan (CNRS Editions)

Fondé en 1877, le Syndicat professionnel de la Critique de Théâtre, de Musique et de Danse a pour buts de resserrer les liens de confraternité entre ses membres, de défendre leurs intérêts moraux et matériels, d’assurer la liberté de la critique. Il regroupe aujourd’hui 140 journalistes de la presse écrite et audiovisuelle, française et étrangère. Il décerne chaque année des Prix pour le Théâtre, la Musique et la Danse, rendant ainsi hommage aux artistes qui ont marqué la saison.
MUSIQUE

GRAND PRIX (meilleur spectacle lyrique de l’année) : « LADY MACBETH DE MZENSK » de Chostakovitch, mise en scène Martin Kusej, chef Hartmut Haenchen (Opéra de Paris)


PRIX CLAUDE ROSTAND (meilleur spectacle lyrique créé en province) : L’OPÉRA DE LYON, pour sa trilogie du XXè siècle : « Le Joueur » de Prokofiev, « Lulu » de Berg, « Mort à Venise » de Britten

MEILLEURE CRÉATION MUSICALE : « YVONNE, PRINCESSE DE BOURGOGNE » de Philippe Boesmans, mise en scène Luc Bondy, chef Sylvain Cambreling (Opéra de Paris)

PERSONNALITÉ MUSICALE : Le pianiste Roger MURARO pour sa contribution à l’année Messiaen

REVELATION MUSICALE : QUATUOR MODIGLIANI

MEILLEURS LIVRES SUR LA MUSIQUE : Essai : « Claude Lévi-Strauss musicien » de Jean-Jacques Nattiez (Actes Sud) – Monographie : « Karol Szymanowski » de Didier van Moere (Fayard)

MEILLEURE DIFFUSION MUSICALE AUDIOVISUELLE : L’AUDITORIUM DU LOUVRE, pour son cycle sur la Scala

PRIX DE L’EUROPE FRANCOPHONE : « LA TRILOGIE DU DIABLE », mise en scène Olivier Py (Grand Théâtre de Genève)

DANSE


GRAND PRIX
: TO BE STRAIGHT WITH YOU de Lloyd Newson (Compagnie DV8) – (Maison des arts de Créteil / Festival d’automne)

PRIX DU JURY : L’ORGIE DE LA TOLÉRANCE de Jan Fabre (Théâtre de la Ville)

RÉVÉLATION CHORÉGRAPHIQUE : Cecilia BENGOLEA et François CHAIGNAUD
dans « Pâquerette » et « Sylphides » (Les Antipodes –Le Quartz de Brest)

MEILLEUR LIVRE SUR LA DANSE : « YANO, UN JAPONAIS À PARIS » de Chantal Aubry (éd. Centre national de la danse)

PERSONNALITÉS CHORÉGRAPHIQUES DE L’ANNÉE : Guy DARMET pour son action en faveur de la danse à la direction de la Maison de la danse de Lyon et de la Biennale de la danse de Lyon – Jacques PATAROZZI pour son action en faveur de la danse à la direction du Printemps de la Danse d’Angoulême

MENTIONS SPÉCIALES DU JURY : Bruno BELTRAO – H3 (Brésil) (Centre Pompidou-Festival d’automne) – WEN HUI – Memory (Chine) (Biennale de la danse de Lyon)

                                        REMISE DES PRIX : LE 15 JUIN 2009

SYNDICAT PROFESSIONNEL DE LA CRITIQUE DE THÉÂTRE, DE MUSIQUE ET DE DANSEHôtel de Massa, 38 rue du Faubourg Saint-Jacques 75014 Paris – n° SIRET : 442 082 707 SYNDICAT PROFESSIONNEL DE LA CRITIQUE DE THÉÂTRE, DE MUSIQUE ET DE DANSEHôtel de Massa, 38 rue du faubourg Saint-Jacques 7514 Paris – n° SIRET : 442 082 707 00013

Oncle Vania

Oncle Vania de Tchekov, mise en scène d’Hervée de Lafond et Jacques Livchine.

Cette très belle version de Vania par le Théâtre de l’Unité, en plein air, avant le crépuscule  et sans éclairage électrique, (avec dix huit comédiens, dont plusieurs enfants),  qui doit friser maintenant les cinquante représentations , sera encore jouée  en Ardèche le 29  juillet à Laveyron; le 31 à Bogy et le 2 à Beaulieu.

Ph. du V.

http://www.theatredelunite.com/

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Les Petites Comédies de l’eau

Les Petites Comédies de l’eau, mise en scène de Mustapha Aouar.

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   Cet auteur et metteur en scène  dirige depuis 96, Gare au Théâtre à Vitry et a mis en place cette opération maintenant bien connue Nous n’irons pas en Avignon qui constitue une sorte de tremplin pour de jeunes compagnies; Mustapha Aouar met en scène depuis 2004 des pièces courtes ( environ) 15 minutes, commandées à quelques  auteurs d’un pays à chaque fois différent ( Algérie d’abord, puis Brésil,( fleuve Amazone), Québec (Fleuve Saint-Laurent, Espagne (Fleuve Ebre) et Burkina Faso, Mali (Fleuve Niger). Soit quatre  ou cinq pièces pour chaque représentation.

  L’endroit  est du genre difficile et c’est un  euphémisme: un petit chapiteau  en longueur un peu ouvert à tous les vents mais surtout côté jardin le fracas heureusement lointain de l’orage et côté cour le bruit infernam des  très nombreux train rapides ou TER qui passent à quelques dizaines de mètres, et là c’est plus difficile à gérer mais les comédiens s’en sortent admirablement., et autant de spectateurs dans la salle que de comédiens sur la petite scène… Et pourtant, miracle du théâtre, les choses arrivent à fonctionner.

   Au programme d’abord, La Fontaine 1 puis 2, d’Aristide Tarnagda, auteur burkinabé de 26 ans,  déjà bien connu en France: c’est l’histoire d’une femme qui doit faire la queue chaque jour pour aller prendre de l’au à l’unique fontaine du quartier qui est loin et où elle doit se battre avec les autres mères de famille qui en ont  toutes aussi besoin qu’elles. Son fils Dri, lui va au vidéo-club sans se soucier trop de cette eauxindispensable pour boire, cuisiner et laver les enfants ; lui, en réclame à sa mère pour laver ses vêtements.

  Prenant alors  conscience de cette injustice, il veut venger sa mère, et aller en découdre avec les responsables de ce manque d’eau, alors que dans les belles maisons d’Ouagadougou, on dépense l’eau sans compter pour nettoyer les voitures et arroser les jardins. C’est écrit dans une très belle langue, et sous les apparences d’une petite fable, en dit long sur la situation tragique des femmes africaines obligées de compter le moindre verre d’eau.

  La seconde pièce est de Tiecoro Sangaré, écrivain et journaliste malien qui prépare une thèse à Paris; ça ne coule pas de source est un petite comédie farcesque  sur les rapports parfois difficiles entre les anciens et les leurs enfants: il s’agit d’un jeune homme Teddy, qui suit des études d’hydraulique et qui revient au village voir son Nitaki, son  père, fort riche et qui possède de nombreuses terres .  Ce dernier, gardien des  voit d’un très mauvais oeil,  le fait que son fils soit devenu étudiant et surtout qu’il ait une liaison avec Safira, la fille de son vieil ennemi, surtout quand il apprend  qu’elle est , comme lui, ingénieur en hydraulique ; tous deux ont un projet de barrage sur le Fleuve Niger qui pourrait remédier au manque d’eau évident du pays. Bien entendu, le père pense que c’est une injure faite à la nature. Mais, dans la seconde petite pièce, Le Souffle de la Source, Tedy et Safira qui ont réussi à construire le barrage avec des aides internationales attendent un enfant… Bahari le père de Safira va voir Nitaki, pour lui expliquer qu’ils vont être tous les deux grands-pères, et qu’ils serait sans doute l’occasion d’enterrer la hache de guerre. mais, toujours aussi obstiné, Niaki vaudrait absolument que son petit-fils naisse au village…

  Là aussi, les répliques sont justes et drôles, et l’éternel débat entre tradition et modernité, entre homme mûr qui croit déceler la vérité et jeune homme assoiffé de progrès pour le bien de son village,  est évoqué avec beaucoup de finesse et bien mis en scène ,comme les deux autres pièces, par Mustapha Aouar qui dirige de façon remarquable les comédiens. Avec, entre chaque pièce, de merveilleuses chansons africaines,  dont le célèbre Anciens combattants que j’avais autrefois entendu à sa création à Brazzaville et qui a fait depuis  un véritable tabac.

  Les deux dernières petites pièces ont été écrites par Frédérique Sempé Lemon, Béninoise, à la fois  auteur et comédienne:  Dans l’eau, l’amour m’attend est une courte pièce où deux jeunes filles dont on n’entend que la voix et que l’on ne verra pas sur scène- voudraient bien posséder un être merveilleux, à la fois homme et poisson; le texte tient plutôt d’un poème et constitue une sorte de prologue à A l’eau l’amour, la mort m’attend: ce sont deux hommes âgés, tous les deux dans une pirogue la nuit et chacun sait que les nuits africaines sont très noires. Pas  rassurés,  Ils semblent  désemparés, parce qu’ils ont décidé de s’enfuir de leur maison, où ils ne supportent plus leur  épouse, et s’apprêtent à en finir avec la vie en plongeant. Malgré leur amitié et leur connivence devant leur situation commune, il y a aussi de vieilles querelles de jeunesse qui ressurgissent, mais , finalement, par manque de courage, ils remonteront dans leur pirogue pour rentrer chez eux. C’est servi par les deux comédiens avec une gestuelle  et un sens du conte remarquables… Et la langue de Frédérique Sempé-Lemon est tout aussi brillante que celle de ses deux collègues écrivains.

  Les quatre acteurs,  (Felhit Kimbirina, Roch Amedeth Banzouzi, Marina Ahoui et Lamine Diarra, dans un  cadre difficile, avec une simplicité et une vérité dont pourraient s’inspirer nombre de leurs collègues français, font un travail de tout premier ordre. Il faudrait que ce spectacle, ( de trois fois quinze minutes)  soit repris dans de bonnes conditions. Il nous touche,  même si c’est parce que nous connaissons quelques pays africains mais , ce qu’il dit, écrit dans une langue irréprochable, a une portée universelle, et mériterait d’être repris en plein air,  cet été. Avis aux programmateurs… Monsieur Maréchal, vous n’avez pas une petite, une toute petite place,  au Festival de Figeac?

Philippe du Vignal


Gare au Théâtre ( Nous n’irons pas en Avignon) à Vitry-sur-Seine ( à trente mètres de la gare ) jusqu’au 5  juillet.
Le 29 août à Blaye (33), en 2010 au théâtre 95

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Gare au théâtre – Nous n’irons pas à Avignon – Les petites comédies de l’eau – la fleuve Niger

Encore un de ces lieux récupérés – le modèle étant toujours la Cartoucherie de Vincennes – où le théâtre prend le parfum du voyage. Cette fois, c’est une ancienne gare de marchandise à Vitry-sur-Seine, au pied de la station RER. On entend les trains passer, mais en douceur, il  y a des buvettes et, pour cette fois, de la cuisine indienne, des salles de cabaret et une tente où l’on vous raconte des histoires. Un « off » tout près de Paris offert modestement aux compagnies qui veulent montrer leur travail loin de l’enfer ruineux d’Avignon.
La tente va bien aux Petites comédies de l’eau. Poursuivant son projet de « théâtre minuscule », Mustapha Aouar a passé commande à trois auteurs, Frédérique Sempé Lemon, Tiécor Sangaré et Aristide Tarnadga, de courtes comédies, dont le fleuve est, d’une manière ou d’une autre, le personnage central. Conflits de voisin, conflits de générations, tentation de quitter ce monde… : les trois auteurs ont le sens de la situation, mais seule Frédérique Sempé Lemon parvient à un style, à une poésie. Qu’on ne nous en veuille pas : nous attendons du théâtre qu’il nous transporte, comme le fleuve, pas moins.

Christine Friedel

Le 29 août à Blaye (33), en 2010 au théâtre 95

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