CABARET GILLES Théâtre du Peuple Bussang


CABARET GILLES Théâtre du Peuple Bussang

Texte de Cédric Orain, mise en scène et scénographie de David Bobee, Groupe Rictus
David Bobee brosse une biographie imaginaire de Gilles Defacque, inénarrable clown, animateur depuis une trentaine d’années du Prato, théâtre international de quartier de Lille Moulins. Entouré de danseurs et d’acrobates, il joue un personnage en rupture familiale le jour même de ses noces, parti dans le sillage d’un cirque exercer 36 métiers. Son personnage mélancolique reste aux antipodes du vrai Gilles. Malgré de belles images un peu convenues, l’engagement émouvant des comédiens de l’Oiseau-Mouche de Roubaix, ce cabaret Gilles trop long, un peu vaseux me fait regretter les belles soirées du Prato. Mais le public lui fait un triomphe et Gilles Defacque est ravi d’avoir tenté l’expérience !


Archive pour 10 août, 2009

UN COEUR MANGÉ Théâtre du Peuple Bussang

UN COEUR MANGÉ  Théâtre du Peuple Bussang

De Guy Benisty et Pierre Guillois, mise en scène de Pierre Guillois`
Jamais Bussang n’a mieux mérité son nom de Théâtre du Peuple qu’avec ce spectacle écrit à deux mains par ces deux artistes généreux qui avaient tissé leur complicité autour de la création d’un spectacle dans un quartier de Colmar. Ce spectacle historique sur la première croisade lancée par le pape Urbain II, premier grand choc entre l’occident et l’orient, qui avait mobilisé derrière les nobles 30 000 gueux à l’assaut des places fortes comme Nicée ou Antioche occupées par les « infidèles », a été brossé avec un vrai souci d’exactitude et une belle distance ironique. Interprété par une cinquantaine d’acteurs, un splendide chameau, des chevaux et des chiens, cette épopée sanglante écrite à la manière de Shakespeare et de Brecht tient en haleine un auditoire de 900 personnes très mélangé, de 6 à 77 ans pendant plus de 2 heures et demie. On y voit les apprêts du départ, Philippe le suzerain abandonnant sa femme Isabelle, lui laissant son filleul, le jeune Thomas qu’il avait promis d’emmener. Elle le maudit, lui promettant de le tromper s’il n’est pas revenu dans un an. Les gueux se rassemblent derrière les nobles. A des milliers de kilomètres, le deuxième tableau met en scène l’esclave Nourredine conduisant sa maîtresse voilée sur son chameau, victime d’une flèche perdue. Il entame un dialogue comique et savoureux avec le chrétien Raoul autour d’alliances économiques et de conversions multiples qui se poursuivront tout au long du spectacle. Ces deux clowns qui  parviennent à se maintenir en vie au milieu des massacres en trafiquant de fausses reliques et se prêtant à toutes les compromissions, apportent un vrai souffle d’air à cette épopée sanglante et grotesque. Pierre Guillois présente un vrai travail de chronique d’un invraisemblable massacre perpétré au nom de la chrétienté en 1095, avec des scènes d’anthropophagie, des meurtres sanglants, des exécutions et aussi des échappées de rires salutaires. Du seul côté chrétien, sur les 30 000 gueux, n’en sont revenus que 3000… Cinq acteurs professionnels seulement dans la distribution prêtent un véritable engagement dans une équipe soudée qui fait merveille. On aimerait goûter plus souvent de tels plaisirs.

Edith Rappoport 

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