A+ Cosa que nunca te conté

A+ Cosa que nunca te conté, de la Compagnie Senza Tempo , texte et mise en scène d’Inès Boza.

image2.jpg   Sur la scène nue, une pauvre petite caravane grise, avec à l’intérieur du papier peint des années 60; avec un mat où un homme essaye d’accrocher un antenne râteau destinée à recevoir quelques images brouillées sur un vieux poste. Il a deux jeunes femmes dont l’une joue de temps à autre de l’accordéon sur le toit de la caravane, et un autre homme tout en noir avec des ailes d’ange toutes blanches. Elle prépare une citronnade sur une petite table dehors. Une autre  jeune femme arrive par la salle en imperméable et pantalon; elle raconte comme la première une histoire assez confuse. Tous les cinq parlent en fait assez peu mais dansent assez bien leurs sentiments, seuls ou à plusieurs: il est question d’homme que l’on n’a pas et que l’on voudrait absolument avoir. Bref, toujours ces relations difficiles dans les couples….La scène où une des trois jeunes femmes gifle son compagnon d’un revers de la main latéral et non frontal, comme elle le dit, est répétée en boucle plusieurs fois. Il y a de la nostalgie mais aussi de la violence dans l’air et certains moments sont de la veine et de la qualité des spectacles de la grande Pina Bausch, récemment disparue.
  La gestuelle est impressionnante de précision et de sensibilité et, malgré quelques longueurs, le public se laisse vite gagner par ce cocktail aussi brillant qu’explosif de musique disco au second degré, d’images vidéo et de chorégraphies bien réglées. Quant aux  images vidéo d’Alfred mauve et d’Alexis Zitman, qu’elles évoquent la nature ou les rues d’une villes chinoise avec ses enseignes lumineuses, elles remplissent, une fois n’est pas coutume, parfaitement leur fonction.
  Dans une sorte de mise en abyme de l’image qui n’aurais sans doute pas déplu à Vélasquez, il ya des projections vidéo sur la façade de la petite caravane montrant les personnages à l’intérieur. il n’est pas certain que cette sorte de théâtre dansé évoque ici « le nomadisme urbain du XXI ème siècle », ni que cette caravane soit vraiment « le symbole de l’utopie, de la liberté et du transit », comme Inès Boza voudrait nous en convaincre, mais, bon, comme le spectacle est  soigné et que les comédiens danseurs: Sarah Anglada, Iva Horvat, Carlos Mallol, Vivian Calviti et Nei Le Bot sont  tout à fait crédibles, avec leurs costumes façon  Deschiens et leurs perruques insensées, le public est conquis; même si le spectacle avait ramé quand il était joué en plein air à Châlons, sur la scène du théâtre d’Aurillac, le spectacle fonctionne bien.
  Alors à voir ? Oui, sans aucun doute à Aurillac ce samedi soir encore et ailleurs.

Philippe du Vignal

Compagnie Senza Tempo Théâtre municipal 20 h 30.


Archive pour 22 août, 2009

Aurillac 2009

   image1.jpgLe Festival, toujours cornaqué par Jean-Marie Songy à la tête d’une énorme organisation, fête cette année son 24 ème anniversaire avec une programmation officielle d’une quinzaine de compagnies, dont pour la France et entre autres,  Délices Dada et Kumulus,  maintenant bien connus dans le monde du théâtre de rue et nombre de compagnies étrangères qui sont autant de découvertes souvent fort intéressantes. Les compagnies de la programmation officielle sont rémunérées et prises en charge par le Festival, et certaines bénéficient de l’aide à la création du Parapluie, organisme doté de salles et de moyens propres dépendant du Festival et situé à la périphérie d’Aurillac.   Il y a aussi les compagnies dites de passage- plus de 500- pour la plupart dûment répertoriées dans un épais catalogue- qui s’éparpillent un peu partout dans la ville et ses banlieues, sans aucun soutien financier, souvent pas trop faciles à situer géographiquement… C’est dire que le public va plutôt à la pêche dans les rues et les places de la capitale du Cantal, complètement métamorphosée pour l’occasion: centre entièrement piéton, parcs de stationnement très vite saturés avec navettes gratuites, vigiles aux portes des supermarchés, cars de C.R.S. un peu partout, grade place du Gravier envahi par des restaurants sous tente ( Tex mex, bio, cantaliens  avec faux aligot à la purée déshydratée, merguez frites, etc…) et un marché de fringues africaines et indiennes , bijoux soi disant  orientaux, etc..  Bref, la population festivalière s’est encore accrue cette année avec une arrivée massive de chiens qui n’oublient pas de laisser quelques souvenirs et des boîtes de bières vides un peu partout: la ville est  sale et la Mairie, malgré l’emploi de jeunes chargés de ramasser les déchets, semble avoir bien du mal à contrôler ce phénomène sociologique qui ressemble, en plus petit,à celui d’Avignon.

  Michel Crespin, quand il a été le premier directeur du Festival, n’avait sûrement pas imaginé un tel délire … où le théâtre de rue de qualité semble quelque peu chercher ses repaires. Il y au moins une bonne chose: de nombreux spectacles de la programmation officielle  restent gratuits… à condition évidemment d’arriver à trouver une petite, toute petite place; les marchands de tabourets pliants en toile font des affaires en or..   Pour le reste, tout se passe en fait  comme si les gens venaient se balader dans les rues pour voir comment fonctionnait ce gigantesque bazar où l’on vend même dans ma rue de petits mégaphones pour les imprudents qui auraient oublié le leur et voudraient à tout prix essayer de se faire entendre dans ce  déluge de décibels. » Il n’y aura rien à vendre, dit Jean-Marie Songy dans son édito de présentation, et pas l’ombre d’un cours d’un dieu boursier, rien que de l’humain qui décloisonne et bazarde les lois du silence ».  

  On veut bien, mais c’est oublier un peu vite que toutes les compagnies  sont aussi là  pour essayer de vendre leur spectacle, qu’il se produise  dehors ou dans une salle.Il y a un côté marché des affaires dans tout festival, et c’est normal,mais Aurillac ne pourra pas, à court terme, continuer à vivre à ce rythme s’il veut garder son âme… A quoi sert de  vouloir accueillir plus de 500 « compagnies »  qui, et on est vraiment loin du compte, n’ont peu, et même pas du tout le rôle de « cambrioleur des esprits » pour reprendre l’expression de Jean-Marie Songy, et sont souvent d’un conformisme pathétique..Mais, la marge de manoeuvre est étroite: toute la ville d’Aurillac profite de cette manne financière due à cette afflux brutal de population…

Philippe du Vignal

http://www.aurillac.net/

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