L’Avare

L’Avare de Molière à la Comédie-Française

gpravare0910.jpgCatherine Hiegel qui met en scène l’Avare, conçoit Harpagon, personnage devenu synonyme de l’avarice, joyeux, heureux. Il adore, au sens propre, son argent, il en jouit paroxystiquement et lui sacrifie tout.
Un bonheur à la fois réel de posséder l’argent et potentiel d’avoir tout grâce à l’argent. Le problème, et ce qui fait ce personnage pathétique et tragique, c’est qu’il n’aura rien, incapable qu’il est de se séparer de son trésor.
Catherine Hiegel situe cette farce horrible dans un décor conçu par Goury : entrée monumentale d’un hôtel particulier, dominé par un imposant escalier descendant derrière vers le jardin et montant vers un balcon. Ce lieu de privation, aux murs nus, est complètement vidé de tout objet, de toute décoration, telle une prison.
Traitant la pièce comme métaphore, l’image emblématique et intemporelle de l’avarice, Catherine Hiegel ne cherche pas à l’extraire de son époque d’origine ni à l’actualiser. De sorte qu’elle conserve les costumes d’époque, soigneusement reproduits : Harpagon très strict, tout en noir, Frosine en robe noire, chapeau et bandeau sur un œil, les valets en costumes loqueteux. En cohérence avec l’option de l’intemporalité Harpagon, joué par Denis Podalydès, ni vieux ni jeune, tient d’un personnage de bande dessinée, rappelant souvent aussi Louis de Funès par la gestuelle et les expressions extrêmement vives, agitées. Il fait en effet un Harpagon « joyeux », farcesque, à la frontière du clownesque, il court, il rit, il danse, parfois à l’excès.
Le rythme rapide, l’agitation nerveuse, sont imprimés au jeu de l’ensemble des personnages. Le comique, les gags, les chutes, collisions, coups de canne, etc. s’inspirent du cinéma muet chaplinesque.
Une distribution cohérente qui tient sans peine cette convention du jeu, excepté peut-être Suliane Brahim en Élise peu audible et parfois mal assurée.
Un spectacle de bonne facture, agréable à voir, même s’il n’apporte pas une lecture neuve ni singulière à la montagne des exégèses de la pièce.

Irène Sadowska Guillon

l‘Avare de Molière
mise en scène Catherine Hiegel
Comédie-Française — salle Richelieu
du 19 septembre 2009 aux 21 février 2010, en alternance.

 


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