LA CHAPELLE EN-BRIE

LA CHAPELLE EN-BRIE  Théâtre du Rond Point

Texte et mise en scène d’Alain Gautré, Tutti non troppo André Chétié monologue dans un capharnaüm de bouteilles de vin dans une ancienne ferme héritée de son père à la Chapelle en Brie. Il pleut, la Brie est inondée depuis des semaines, survient son frère, les rapports entre les deux homme sont peu amènes, ils s’apaisent un peu avec le vin offert et partagé. Il est question d’héritage dont André gère le partage, il a vendu la ferme et donne à ses frères qui surviennent ensuite leurs chèques. Il a pris des billets pour partir en Nouvelle- Calédonie avec sa fille qui a disparu, dont on apprendra la mort à la fin de la pièce. Il est question de la vie municipale de droite, le Père a été maire, André lui aussi, seulement un an. À la fin du spectacle, avec l’arrivée du dernier frère et son violon, on découvrira l’ascendance tzigane par leur mère, disparue pendant la guerre. On reste attentifs grâce à la présence de bons acteurs, Jean-Pierre Daroussin, Pascal Elso et Patrick Bonnel en particulier. Mais on comprend mal le drame caché de la disparition de la mère. Il y a nettement un problème d’écriture que Gautré devrait revoir, au delà d’un problème de mémoire de l’un des acteurs.

Edith Rappoport

 


Archive pour 24 septembre, 2009

Le Cauchemar

  Le Cauchemar, texte et mise en scène de Jean-Michel Rabeux.

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Sur la  scène,  imaginez un grand drap noir en plastique suspendu au-dessus d’une petite estrade, et plus bas,  cinq téléviseurs posés à même la scène. C’est comme une sorte de procès; depuis l’Orestie d’Eschyle, comme le remarque Rabeux, « on sait que les deux s’entremêlent  » et que c’est même un des fondements de l’univers scénique, des farces du Moyen-Age en passant par les Plaideurs, jusqu’aux très nombreux  procès de Jeanne d’Arc et au sublime Palais de Justice mis en scène par jean-Pierre Vincent autrefois au Théâtre national de Strasbourg. Et ne parlons pas des films comme des innombrables séries télé.
Ici , c’est un peu différent; il y a une sorte de Procureur de la République, nommé La Question, un sinistre travelo, aux cheveux longs frisés et aux grosses lunettes, habillée d’une longue robe noire qui fait un peu penser à la figure de la Mort dans La Classe morte , le spectacle culte de Tadeusz Kantor ; il est  assis sur une banale chaise de bureau tournante;  on voit, par moments, son  visage grossi sur les écrans télé, et parle devant un micro, d’une voix aussi calme que sinistre:  » Aucune question ne peut être posée à La Question », précise-t-il d’emblée. La Question récuse vos généralités ». Le ton est déjà donné ,entre Kafka et Sade, et bien sûr Bataille…
Et puis, sur la petite estrade, il y a l’accusée, Eglantine, qui avoue avoir tué sa mère, son père et sa fille , qui se présente, nue avec juste un peignoir noir sur les épaules à quelques mètres du public, après qu’il lui ait ordonné de se déshabiller. On voit alors sur les écrans des gros plan de son ventre. »Caméra, puis « stop caméra « , dit-il, comme un metteur en scène. Ses phrases sont courtes, précises et tranchantes. Puis , plus tard, une très jeune et belle femme, presque androïde, en pantalon et chemisier blanc arrive simplement. Et cette espèce de simulacre de procès continue:  » La Question affirme que votre fille sait tout de vous ». Et La Question  demande à Eglantine de lui dire qui est le père de sa fille et précise qu’elle veut une réponse explicite… L’interrogatoire tourne effectivement au cauchemar.
Eglantine , tout au long de de ces quatre journées que dure le procès, se confesse, raconte sa vie sans la raconter vraiment, texte  souvent sublime, très théâtral , où l’on parle beaucoup de sexe et de relations familiales compliquées.
Le Cauchemar n’est  pas à mettre entre toutes les oreilles mais Jean-Michel Rabeux a sans doute écrit l’un de ses meilleurs textes, l’un en tout cas des plus sulfureux et des plus poétiques, si l’on veut bien considérer que le poétique est une sorte de métaphore aux méandres imprévisibles de la vie banale, et dont le spectateur ne ressort pas indemne.Le jugement final de La Question , dit de façon imperturbable, fait froid dans le dos, puisqu’il établit une sorte de compromis  existentiel;  en termes vulgaires, cela donne zéro partout, la balle au centre: la mère est condamnée à mort, la fille est condamnée à vivre… Et La Question insiste bien sur le mot  » condamnée »
Les agrandissements vidéo et les projections sur le grand rideau noir plastique  ne sont pas très convaincants, d’autant plus que l’on est très près des trois interprètes. D’abord,  et surtout Claude Degliame;  en une heure dix, elle accomplit un parcours sans faute, sublime à chaque minute, avec un sens des nuances  et une présence scénique des plus rares. Eugène Durif, dans le personnage surréaliste, glauque  et monstrueux de La Question  est pourtant tout à fait crédible, comme l’est aussi  Vimala Pons qui joue La Fille.   Un spectateur pas très content a déclaré à la fin, avant le salut des comédiens,  que le théâtre de Jean-Michel Rabeux était très ennuyeux. On peut certes reprocher quelques  défauts de mise en scène à ce spectacle sans doute encore un peu vert et que nous avons vu par une chaleur assez rude, mais, malgré cela, désolé, il y a peu de textes actuels qui aient  une telle dimension, à la fois dramatique et poétique, et servi par des comédiens  qui font un travail des plus remarquables.  Alors à voir? Oui, sans hésitation…

Philippe du Vignal

Théâtre de la Bastille 76 rue de la Roquette jusqu’au 17 octobre  à 19 h 30

Gaumont fête son patrimoine

 

photo.jpgCette année les journées européennes du patrimoine du 19 et 20 septembre ont été marquées par l’ouverture au public du musée privé de la société Gaumont installé au siège social de Neuilly sur Seine.
Depuis 20 ans cette société retrouve et conserve tout ce qui a trait à son activité cinématographique qui a 115 ans d existence.
Le public guidé par Martine Offroy responsable du patrimoine, découvre les premiers appareils, ancêtres des caméras rachetés en 1895 par Léon Gaumont, au comptoir général de la photographie, ( le musée possède 200 appareils photos et cinématographiques).
Au début de son existence ce sont les forains qui rendent public cet art en devenir. En 1908 Gaumont ouvre sa première salle de cinéma mythique le Gaumont palace à l’hippodrome de Montmartre et accueille 4500 spectateurs. Progressivement les forains se désintéressent du cinéma et donnent ainsi la possibilité, en 1930 à Gaumont d’ouvrir plusieurs salles à l ‘effigie de la marguerite.
Le cinéma quitte la foire, se sédentarise mais garde son aspect d’art populaire.
Au sous-sol de la société, dans de petites salles, qui ne sont pas faites pour accueillir un vaste public, nous découvrons dessins, photos et costumes de l’histoire du cinéma.
Le public a aussi le privilège de voir quelques affiches parmi le fond de 8000 affiches, en particulier la première affiche de 1905, « les rêves d’un fumeur d’opium », tout un programme….
La visite se termine par une projection cinématographique qui révèle les trésors muets et sonorisés des pionniers du cinéma.
Lors de cette même journée la cinémathèque de Paris, le grand Rex et le cinéma l’entrepôt ont aussi ouvert leurs portes notamment pour un public jeune.
Mais que propose le monde des arts du spectacle vivant ce jour là ?
La Comédie française, l’Opéra Garnier, l’Opéra comique et … le Moulin rouge ont accueilli le public.
De son coté le théâtre Sylvia Montfort rebaptisé le Montfort a ouvert ses portes à l’occasion de sa présentation de saison.
Pourtant il y a dans Paris, 160 salles de spectacle dont 5 théâtres nationaux ainsi que le Théâtre de la ville, le Théâtre du Châtelet, des théâtres privés et des théâtres municipaux, qui appartiennent au patrimoine national !
Pourquoi aucun de ces théâtres n’a jugé bon d’ouvrir sa boite de pandore, afin de donner « le goût du théâtre », à des spectateurs potentiels ?
Rendez-vous l’année prochaine, pour peut-être de nouvelles initiatives !…

Jean Couturier 

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