Rousseau

Rousseau

Où comment retourner en arrière  – brouter de l’herbe, dirait Voltaire – fait avancer. En reprenant le montage fait par Bernard Chartreux et Jean Jourdheuil en 1978 sur Rousseau – c’était Gérard Desarthe, et qui peut dire « j’y étais » s’en souvient, Michel Raskine s’empare d’un « personnage de théâtre ». Drôle d’affaire, car le montage ne prend pas en compte les écrits politiques théoriques de l’illustre grognon genevois, mais part de sa vie intime, qui est probablement à la source de ces fameux écrits politiques. Et les quelques écrits théoriques que nous aurons ici portent sur… le théâtre. Mais commençons par le commencement, et la vie idyllique, faite pour durer toujours (comme l’ « état de nature ») de l’auteur sur l’Île Saint-Pierre : herboriser, flâner au bord de l’eau, « prostratum in gramine molli » (allongé dans l’herbe tendre), dirait le poète Lucrèce. Naturellement, ce serait trop beau, ça ne durera pas. Retour aux grandes et moyennes villes, retour à cette abomination, le théâtre. Il peut-être bon, selon Rousseau, pour les grandes babylones de toute façon perdues de vices, c’est , dit-il, et avec le temps de la critique et du bavardage, autan d’heures sauvées dur le vice. Dans les bourgades, c’est l’inverse : pas de théâtre, propre à enflammer de dangereuses passions, s’il vous plaît ! En attendant, notre Rousseau rosse et encense Molière, un génie, mais complaisant à son siècle, un authentique Alceste  (le bon) déguisé bassement en Philinte (le méchant) ! Le tout, en se permettant le petit vice de deux cerises  l’eau de vie et d’un café.Quel humour, ce Rousseau ! Ah non, pas lui, ou alors bien caché. L’humour vient de la virtuose malice avec laquelle Michel Raskine (le metteur en scène) et Marief Guittier (la comédienne, car pourquoi Rousseau personnage célèbre ne serait-il pas joué par une femme ? ), plus un complice muet et malicieux (le « jeune Bertand », Bertrand Fayolle). Marief Guittier peut tout jouer : force à la Maria Casarès, et la feu d’un Laurent Terzieff – d’ailleurs, elle a joué Philoctète, avant lui -, le tout manié avec légèreté. Vous ne comprenez pas ? Allez-y.

Christine Friedel

Théâtre 71 Malakoff, jusqu’au 17 octobre.

 


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