Sous le volcan

Sous le volcan , texte de Josse De Pauw d’après Malcom Lowry,  dramaturgie d’Erwie Jans, mise en scène de Guy Cassiers.

49418.jpg D’abord, un grand merci à tous nos lecteurs qui nous auront suivi depuis ces douze derniers mois et un  cocorico à tous les collaborateurs du Théâtre du Blog qui auront remis leurs articles  du jour au lendemain, ce qui représente souvent un effort assidu . Nous en fêtons le premier anniversaire… et  cet article sera  le 500 ème  à être publié! Bienvenue aux autres critiques qui vont venir nous rejoindre en octobre : nous avons bien  conscience en effet que nous n’étions pas  assez nombreux pour couvrir au mieux toute l’actualité théâtrale à al fois à Paris même, en banlieue, en France pendant les festivals importants mais aussi dans Le monde… les collaborateurs sans être des globes trotters théâtraux se déplaçant quand même assez souvent…. Bon revenons à Sous le volcan qui fut  un des romans culte aux Etats Unis puis plus tard en France quand il fut traduit en  1955 seulement , alors qu’il avait été publié en anglais, en 1947. Malcom Lowry était né en Angleterre  il y a cent ans déjà se dirigea assez vite vers l’écriture et vers l’alcool qui allait devenir la compagne inséparable de sa vie. Grand voyageur ( Extrême-Orient, Etats-Unis, Espagne où il rencontra sa femme qui donna naissance au personnage d’Yvonne de son roman. Mais le couple battait de l’aile et il finira par être expulsé du Mexique et il rejoindra le Canada avec Margerie sa secrétaire . Malgré le succès de ses romans et de sa poésie, il il finira par vivre un peu partout aux Etats-Unis mais aussi en Sicile puis à Londres.
Et c’est un peu de sa vie que raconte Sous le volcan; celle de cet ex-consul américain imbibé d’alcool en 1938 , l’année horrible qui vit la victoire du général Franco et où se profilait  la deuxième guerre mondiale. . Il y a là dans cet univers étouffant et anxiogène Yvonne Constable, ancienne actrice mais aussi ex-épouse de Geoffrey Firmin, consul de Grande-Bretagne au Mexique, Hugh Firmin , plus ou moins journaliste et demi-frère du consul et Jacques Laruelle, cinéaste et ami d’enfance de Geoffrey qu’il a retrouvé au hasard d’une rue … Ce sont un peu les personnages du roman que l’on retrouve ici, des gens paumés dans leur existence personnelle et bien conscients que le monde où ils vivent va connaître une épreuve qui les atteindra aussi au plus profond d’eux-mêmes. Cassiers a choisi une scénographie très épurée, juste une scène en bois peu profonde avec juste une chaise en bois, et des panneaux coulissants où sont projetées des images de parc, de rues et de maisons mexicains..  » Ce que montre l’image, la parole n’a plus à l’exprimer. L’émotion qu’offre la, musique, l’acteur peut se passer de la traduire. Ce qu’il évoque par les mots la projection vidéo n’a plus à le représenter ». Soit c’est un choix personnel mais ce qui fonctionnait admirablement dans le précédent triptyque qu’il avait donné l’an dernier dans ce même théâtre, ici a bien du mal à être convaincant. D’abord, et le moins malin des dramaturges le sait, l’écriture  d’un roman est assez difficile, pour ne pas dire impossible, à restituer  sur un plateau  de théâtre, et malgré une direction d’acteurs exemplaire on reste un peu sur sa faim, d’autant plus ce que le dialogue d’après le texte de Lowry n’ a rien d’exemplaire et que Cassiers  a cru bon de noyer le tout dans une pénombre presque permanente. Les images , elle, sont parfois intéressantes mais ne font pas vraiment sens ici, même et surtout quand Cassiers Il y a même une certaine naïveté provocante? à montrer des  verres d’apéritif sur un plateau en grande dimension quand les les personnages vont aller boire un coup. Le roman qui raconte l’histoire de la dernière journée de ce consul alcoolique et de ses amours impossibles qui est en quelque sorte emblématique des tourments suicidaires d’un monde en train de basculer dans la seconde guerre mondiale et le fascine a finalement peu de choses à voir avec ces images exotiques mexicaines filmées par Cassiers que l’on nous montre ici. Il y a heureusement quatre acteurs tout à fait remarquables Katelijne Damen, Josse de Pauw, Bert Luppes et Marc van Eeghem.Mais, on l’aura compris, cela ne suffit pas à sauver un spectacle très décevant où l’on s’ennuie assez vite. Bref, le système Cassiers, parfois peintre assez remarquable et metteur en scène exemplaire, ne fonctionne pas à tous les coups, même si son travail reste exemplaire de rigueur. Alors à voir? Si vous voulez découvrir une approche scénique de Malcom Lowry sinon, désolé, ce n’est pas indispensable, la vie est trop courte…

Philippe du Vignal

Théâtre de la Ville jusqu’au 9 octobre à 20h 30.

 


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