Alain Crombecque

Décès brutal d’Alain Crombecque

 

    ac.jpgDeux des artistes  qu’il avait invités au Festival d’Automne PIna Bausch d’abord et Merce Cunningam sont partis il y a quelques mois , et voilà qu ‘ à soixante dix ans, il s’en est allé à son tour lundi dans le métro, victime d’une crise cardiaque qui l’a foudroyé.

  Je me souviens de lui,  l’air insouciant (en apparence du moins) et les yeux dans le vague, quand il n’était encore que chargé de relations publiques de Jérôme Savary ,  il y a bien bien longtemps. Comme je lui demandais quelques photos pour un article, alors qu’il était, au contrôle d’un théâtre , en train de répondre au téléphone d’une main et de donner ses billets à un spectatrice: » Ouais, ouais,  j’y pense,tu les auras demain . Et l’amie qui était avec moi, n’y croyant pas du tout, m’avait  dit: « tu peux toujours compter dessus.! » ..Mais si, les photos impeccables étaient là avant neuf heures sous mon paillasson comme promis. Il était déjà d’un grand professionnalisme.
Je me souviens de sa joie à la première, quand il avait  invité Le Soulier de Satin, dans la superbe mise en scène de Vitez,  au Festival d’Avignon qu’il dirigeait alors.
Je me souviens , quatre ou cinq  mois avant le début du Festival d’Automne, quand ,dans un bistrot près de la Place des Vosges, il nous détaillait les grandes lignes  du programme du Festival d’Automne, sans jamais chercher à nous influencer, avec conviction et simplicité, simplement parce qu’il croyait, en quelques mots , sans esbrouffe mais avec une foi qui soulève les montagnes.
Je me souviens aussi d’un soir il y a bien longtemps aussi  où il était venu dîner avec son amie Corinne et, où  il n’avait guère dit que quelques paroles polies, comme il faisait souvent, en épargnant ses mots  pour ensuite nous raconter d’un seul coup et pendant deux heures – et nous l’écoutions avec passion- tous les voyages qu’il avait fait à l’étranger quand , très jeune encore, il était à l’UNEF.
 Je me souviens encore l’an passé  quand nous étions revenus ensemble dans le tramway,  après   L’Opérette imaginaire de Valère Novarina que sa nièce Marie Ballet et Jean Bellorini avaient monté et que nous avions tous les deux beaucoup aimé et qu’il analysait avec une acuité et une sensibilité remarquables.
 Je me souviens l’avoir encore rencontré il y a quelques jours dans un théâtre comme je l’y rencontrais souvent. Voilà , c’est tout. Nous sommes tous tristes: Alain Crombecque était un homme de grande qualité.

Philippe du Vignal

 


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