Christophe Alévêque

Christophe Alévêque est Super Rebellecapturedcran20091022134158.jpg
  Prenez en un seul homme un comédien moyen, un comique généraliste – satiriste, imitateur, amuseur, joueur de mots et toute la panoplie -, un auteur modeste, un (bon) chanteur de karaoké et trois musiciens : pas de quoi fouetter un chat, ni se tenir les côtes. Et pourtant, c’est bien ce qu’on fait : au minimum 51% de moments de rire durant le numéro de Christophe Alévêque. Élu au premier tour.


Comment ça marche ? D’abord par la dérision : l’uniforme de sauveur du monde tombe très vite en déglingue : il n’est pas de sauveur suprême, souvenons-nous. Ensuite par l’intelligence : ce qui commence comme le minimum syndical du sketch se construit peu à peu, mine de rien, en un parcours têtu de “protest song“. Il y a là de l’engagement, y compris en ne fourvoyant pas son talent là où il n’est pas. Ah, mais il y a la vulgarité : ah oui, Alévêque est vulgaire. Indiscutable. Et puis il ajoute le petit mot qui retourne les choses : la guerre, c’est pas plus vulgaire que le sexe ? Indiscutable. Suit un joyeux hymne au sexe et à l’amour. Il dit des horreurs ? « Allez-y, défoulez vous ! », et les horreurs retrouvent leur vraie place et on s’approche un peu plus du vrai. La politique, l’actualité, la société y passent.

On en arrive au mot clé : l’humour. Alévêque atteint réellement l’humour – plus encore que l’auto-dérision -, contrairement aux comiques qui disent des saloperies ravageuses et achèvent leur cible en ricanant : « ben quoi, c’est de l’humour, t’as pas capté ? ». Un peu la relève de Guy Bedos, avec une actualité à Siné Hebdo. C’est qu’apparemment l’humour a besoin d’un point de vue sur le monde, et d’un point de vue sincèrement engagé. Alévêque se fâche, même contre son camp, mais ne lâche rien de ses convictions qui pourraient bien être “liberté, égalité, fraternité “. Et encore : pas fraternité avec ceux qui font passer d’abord leur famille tout court et leur famille politique avant l’intérêt de tous. Surtout : liberté. Le spectacle, généreux au-delà de l’heure et demie promise, se clôt sur un Bella Ciao bien unanime, ce n’est plus le moment de l’humour, mais celui du cœur au ventre et à l’ouvrage. Du “vivre ensemble“  ( !) : on a droit à un peu de consolation…

Christine Friedel.

Théâtre du Rond-Point, 18h30. Jusqu’au 14 novembre

 


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