JONGLE D’OC

JONGLE D’OC Compagnie Chant des balles de Vincent de Lavenère 

  jongledoc.jpgSur le plateau, un cercle de cailloux, de ceux qu’on trouve dans les torrents de montagne .Un cercle de cailloux qui entoure une surface luisante,qui nous suggère immédiatement un lac niché dans ces vallées des Pyrénées que Vincent de Lavenère connaît bien puisqu’il en vient. Jongleur, acrobate, musicien, chanteur, luthier, il est avant tout un homme de ce sud-ouest qui fait chanter la langue.

  Avec lui et ses balles musicales qui font sonner des grelots, on ferme les yeux et on est sur les estives au milieu des troupeaux, on entend les sonnailles, les appels des bergers. Avec lui, qui jongle avec une chistera, on revoit le geste si élégant des joueurs de pelote basque qui cache la violence de ce jeu dont la dureté et la vitesse de la balle font un sport dangereux.
Avec lui ,tout semble doux et serein, car il passe de la virtuosité du geste à la gaîté de la musique et du chant sans effort apparent.
Vincent de Lavenère définit son art comme de la jonglerie musicale tant il a toujours voulu mêler la musique à la jongle, tant il a voulu comprendre la jonglerie par le rythme. Fou de musique, troubadour d’aujourd’hui, il a fabriqué lui- même cette citole à quatre cordes doubles, instrument des jongleurs troubadours du moyen âge, dont il joue devant nous comme il joue de la flûte à trois trous du Béarn. Comme dans Paï Saï, un précédent spectacle ,il fait le va et vient entre le Béarn de l’enfance et le Laos de la maturité, le passé et le présent, l’occident et l’orient, passant des instruments de l’occident médiéval ou baroque aux instruments traditionnels du Laos de toujours qu’il a découvert après le CNAC de Chalons-en-Champagne, lorsqu’il y fut envoyé comme formateur. Alors il dialogue avec ces gongs de villages laotiens, il les fait résonner avec ses balles, il joue avec le khène, cet instrument rituel qui s’utilise en mouvement, qui suit son corps dans ses acrobaties. Il n’est pas seul sur le plateau , un chariot le suit qui porte ses instruments, qui s’arrête parfois, résiste, se fait désirer, devient un partenaire capricieux.. Un charme de plus pour ce spectacle intemporel. La jonglerie n’est pas pour Vincent de Lavenère affaire de performance. Il jongle avec une simplicité qui est la marque des grands, multipliant les balles peu à peu sans se préoccuper des rares  désobéissantes. Ce qui lui importe , c’est de faire tomber les frontières. Une petite réserve ; ce spectacle gagnerait encore en magie si les enchaînements étaient mieux travaillés ou plutôt si on ne se posait même pas la question.

Françoise du Chaxel

Spectacle vu à Chatillon.

 


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