Sous l’œil d’Œdipe

Sous l’œil d’Œdipe, d’après Sophocle et Euripide,  texte et mise en scène de Joël Jouanneau

   unoedipedetropm24643.jpgJoël Jouanneau nous offre avec Sous l’œil d’Œdipe une pièce fondamentale, d’une fulgurance poétique et d’une puissance subversive du langage, en  pratiquant une alchimie subtile entre substrat archaïsant et expression contemporaine, entre  lyrisme et ironie,   avec  un  souffle presque shakespearien.
Comme le remarque Joël Jouanneau, l’histoire du clan des Atrides bénéficie d’une célébrité plus importante que celle des Labdacides,  l’image de ses figures emblématiques : Jocaste, Oedipe et Antigone, auront eu une influence plus importante sur la pensée occidentale . Œdipe, figure archétypale de la transgression de la loi, parricide, coupable d’inceste, devient ici le symbole même du complexe révélé par Freud, qui, telle une fatalité universelle, frapperait le genre humain.
Joël Jouanneau ne prend pas spécialement comme cible  la psychanalyse, et , même s’il y a dans le texte, quelques allusions ironiques, sa visée est plus large. En mettant au centre la question de la malédiction (où s’arrête-t-elle ?) , la pièce ouvre la voie vers une libération « du diktat de la fatalité confondue longtemps avec les dieux »,  et nous parle  de« la nécessité de maîtriser son destin pour éviter le pire ».
Dans quelle mesure,  les protagonistes  peuvent-ils être les auteurs de leur destin et non des créatures exécutant un scénario écrit d’avance ? Quand  la fatalité, l’obéissance à la loi, la soumission au destin  se trouvent mises en question et que des alternatives s’offrent aux personnages confrontés à un  choix, l’ordre éclate, en révélant ,sous une apparente fatalité, les motivations  profondes de leurs actes. La liberté ainsi acquise nous prive de l’alibi de la volonté et de la protection divines, de l’excuse de la punition pour la faute d’un autre, nous laissant seuls face à notre responsabilité.
On passe ici de la tragédie de la fatalité à la tragédie existentielle. Œdipe aveugle, errant, guidé par Antigone, finit par comprendre qu’il a suivit aveuglément le destin qu’on lui a fabriqué. Il désobéira à l’oracle en refusant de prendre parti pour l’un de ses fils dans leur guerre fratricide. Ismène, seule survivante, rescapée de la malédiction familiale, prendra le parti de la raison.
A partir de Sophocle (Œdipe roi, Œdipe à Colone, Antigone), d’Euripide (Les Phéniciennes), avec des références aux Sept contre Thèbes d’Eschyle et à Ismène de Ritsos, Joël Jouanneau   condense  la saga des Labdacides en quatre épisodes qui ont pour thème: l’histoire de la malédiction, puis celle du père, de ses deux filles et de ses deux fillles , le roi Cadmos et le devin  Tirésias sont , eux,  instrument de la fatalité et voix de l’oracle.  Jouanneau a seulement ajouté le personnage d’Euménide, arbitre et  meneuse de jeu, et celui du gardien du cadavre de Polynice laissé sans sépulture.
Le choeur, Créon et Jocaste sont absents mais  l’ ombre de la mère d’Oedipe hante les lieux, à l’instar du fantôme du père d’Hamlet. De brèves citations  ou paraphrases d’Hamlet ou d’autres oeuvres surgissent. Ainsi, Oedipe arrive avec un livre d’Edmond Jabes,  ou Le corps du roi de Pierre Michon, puis, aveugle, décrypte avec ses doigts un texte de Beckett ou d’Eliot, comme si l’écrit ponctuait son destin.
Destin déjà écrit ou qu’il prendra la liberté d’écrire lui-même ? «Quelques pages encore et ils seront morts » dira Euménide. Nous sommes spectateurs du drame mythique de la famille des Labdacides frappée de malédiction. Mais  la logique divine et irrévocable, se détraque, quand Oedipe se rebelle et prend conscience d’autres choix possibles pour s’affranchir de l’ordre imposé.
Sur le plateau nu-un espace carré délimité au sol par une bande métallique-se joue une sorte d’autopsie du drame menée par Euménide qui commente, et infléchit l’ action. Il y a juste un coffre,  qui sert de siège et  de trône,  et  un  lit en métal pour Œdipe arrivé au bois sacré où il va mourir. Sur  cette aire de jeu,  modulé seulement  par les éclairages, se jouent  les scènes qui se passent à Thèbes, l’errance d’Oedipe, et enfin sa mort à Colone.

Les costumes forment un trait d’union entre l’antiquité  et notre époque. Queue-de-pie blanc, chapeau melon, pantalon en cuir noir de meneuse de revue pour Euménide. Antigone est, elle,  en chemise et pantalon noir; le roi Cadmos a un grand chapeau de paille et une tunique recouverte d’un long manteau, Ismène est  en robe rouge  et chaussures à hauts talons;  Étéocle, en cape blanche, Polynice, lui, porte une chemise, et un pantalon serré, et une écharpe de légionnaire en bandoulière .Tirésias a un  grand masque de sorcier africain  et un  tunique  couverte d’amulettes, visage et bras maquillés de noir, Œdipe enfin, en tunique et pantalon blancs,  a un bandage au  pied,  et porte  une petite valise d’où sort parfois un air de musique américaine) et dont il extrait  une trompette pour jouer un morceau.
Un bref résumé de la malédiction de la famille des Labdacides, fait par Euménide, ouvre le spectacle. Oedipe qui s’est crevé les yeux,  les couvre d’un bandeau qu’il ôtera par la suite. On le retrouve à Colone avec sa fille Antigone ; à Thèbes ,ses deux fils : Polynice, dépossédé du trône, allié avec les Argiens,  et Étéocle, décidé à ne plus partager le pouvoir, vont se livrer une guerre fratricide. Œdipe reçoit la visite d’Ismène qui lui apprend la nouvelle, puis  Cadmos vient le chercher : selon l’oracle, le parti soutenu par Œdipe gagnera la guerre. Polynice accuse alors son frère de lui avoir volé le pouvoir et cherche lui aussi l’appui de son père.
Mais Oedipe  se refuse à admettre  cet oracle, mettant ainsi chacun devant  le choix , ou  bien de faire la paix ou de s’engager dans une guerre fratricide qui mènera  à la destruction de Thèbes. Ismène, elle,  essaye en vain de convaincre ses frères d’éviter le désastre et  d’arrêter « la malédiction » meurtrière. Au gré des rivalités  entre Œdipe et ses enfants, surgissent ressentiments,  jalousies, ambitions inavouées, indifférence à l’égard du père,  lien quasi incestueux entre Antigone et Polynice,  et enfin  préférence d’Oedipe pour Ismène…
La guerre de Thèbes comme  la mort de Polynice et d’Étéocle sont racontées par Euménide et Tirésias sur le  mode  parodique d’un  théâtre de foire…Antigone , elle , en affrontant Cadmos, figure tutélaire de Thèbes et incarnation de la loi, brave l’interdiction d’enterrer le corps de Polynice, traître à sa patrie. Révolte contre une loi injuste et cruelle,  ou amour secret et  inavouable, pour son frère ? Face à une Antigone prête à mourir,  Ismène choisit la vie et  refuse d’aider sa sœur. Quand Cadmos rend son verdict, elle prend alors le parti d’Antigone, s’accusant d’avoir participé à son « crime » : celui d’avoir donné une sépulture à leur frère.  Chez Sophocle,  Tirésias influence Créon mais  ici, c’est Ismène qui  fait fléchir Cadmos.
Joël Jouanneau subvertit le mythe, et introduit la possibilité d’un  libre-arbitre ; dans l’écriture  comme dans   la mise en scène,  il y a  une mise à distance,  à la frontière de la dérision. L’humour, l’ironie, l’irruption du dérisoire dans le langage et  dans l’ action (Oedipe chantonne, embouche sa trompette et joue aux énigmes avec Ismène, etc.), les interventions d’Euménide, le  jeu, parfois à la limite de la parodie ( emphase de Cadmos,  tragique surfait d’Antigone, ironie lucide d’Oedipe…) désacralisent la loi divine, et sapent  les fondements de la malédiction, en ramenant le drame à une  dimension humaine.
Comme en transparence, apparaissent  alors les conflits, le jeu de pouvoir, les enjeux politiques et religieux, de la « fatalité » : ambitions,  passions et désirs inavoués de notre monde contemporain. IL y a une belle fluidité des enchaînements et les acteurs sont excellents: Jacques Bonnaffé,  (Oedipe,)  Mélanie Couillaud (Euménide), Philippe Demarle (Polynice), Alexandre Zeff (Étéocle), Cécile Garcia-Fogel (Antigone), Sabrina Kouroughli (Ismène), Bruno Sermonne (Cadmos) et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre (Tirésias).  

  Mais le début et la fin du spectacle sont  étirés. Condensés et/ou joués sur un rythme plus rapide,  ils gagneraient sans doute en force. Mais il ne faut  pas manquer cette pièce  qui est aussi à lire ou à relire….

Irène Sadowska Guillon

 

Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, du 7 aux 28 janvier.
t : 01 48 33 16 16 Le texte est publié aux Éditions Actes Sud Papiers


Archive pour 10 janvier, 2010

Sous l’œil d’Œdipe

Sous l’œil d’Œdipe, d’après Sophocle et Euripide,  texte et mise en scène de Joël Jouanneau

   unoedipedetropm24643.jpgJoël Jouanneau nous offre avec Sous l’œil d’Œdipe une pièce fondamentale, d’une fulgurance poétique et d’une puissance subversive du langage, en  pratiquant une alchimie subtile entre substrat archaïsant et expression contemporaine, entre  lyrisme et ironie,   avec  un  souffle presque shakespearien.
Comme le remarque Joël Jouanneau, l’histoire du clan des Atrides bénéficie d’une célébrité plus importante que celle des Labdacides,  l’image de ses figures emblématiques : Jocaste, Oedipe et Antigone, auront eu une influence plus importante sur la pensée occidentale . Œdipe, figure archétypale de la transgression de la loi, parricide, coupable d’inceste, devient ici le symbole même du complexe révélé par Freud, qui, telle une fatalité universelle, frapperait le genre humain.
Joël Jouanneau ne prend pas spécialement comme cible  la psychanalyse, et , même s’il y a dans le texte, quelques allusions ironiques, sa visée est plus large. En mettant au centre la question de la malédiction (où s’arrête-t-elle ?) , la pièce ouvre la voie vers une libération « du diktat de la fatalité confondue longtemps avec les dieux »,  et nous parle  de« la nécessité de maîtriser son destin pour éviter le pire ».
Dans quelle mesure,  les protagonistes  peuvent-ils être les auteurs de leur destin et non des créatures exécutant un scénario écrit d’avance ? Quand  la fatalité, l’obéissance à la loi, la soumission au destin  se trouvent mises en question et que des alternatives s’offrent aux personnages confrontés à un  choix, l’ordre éclate, en révélant ,sous une apparente fatalité, les motivations  profondes de leurs actes. La liberté ainsi acquise nous prive de l’alibi de la volonté et de la protection divines, de l’excuse de la punition pour la faute d’un autre, nous laissant seuls face à notre responsabilité.
On passe ici de la tragédie de la fatalité à la tragédie existentielle. Œdipe aveugle, errant, guidé par Antigone, finit par comprendre qu’il a suivit aveuglément le destin qu’on lui a fabriqué. Il désobéira à l’oracle en refusant de prendre parti pour l’un de ses fils dans leur guerre fratricide. Ismène, seule survivante, rescapée de la malédiction familiale, prendra le parti de la raison.
A partir de Sophocle (Œdipe roi, Œdipe à Colone, Antigone), d’Euripide (Les Phéniciennes), avec des références aux Sept contre Thèbes d’Eschyle et à Ismène de Ritsos, Joël Jouanneau   condense  la saga des Labdacides en quatre épisodes qui ont pour thème: l’histoire de la malédiction, puis celle du père, de ses deux filles et de ses deux fillles , le roi Cadmos et le devin  Tirésias sont , eux,  instrument de la fatalité et voix de l’oracle.  Jouanneau a seulement ajouté le personnage d’Euménide, arbitre et  meneuse de jeu, et celui du gardien du cadavre de Polynice laissé sans sépulture.
Le choeur, Créon et Jocaste sont absents mais  l’ ombre de la mère d’Oedipe hante les lieux, à l’instar du fantôme du père d’Hamlet. De brèves citations  ou paraphrases d’Hamlet ou d’autres oeuvres surgissent. Ainsi, Oedipe arrive avec un livre d’Edmond Jabes,  ou Le corps du roi de Pierre Michon, puis, aveugle, décrypte avec ses doigts un texte de Beckett ou d’Eliot, comme si l’écrit ponctuait son destin.
Destin déjà écrit ou qu’il prendra la liberté d’écrire lui-même ? «Quelques pages encore et ils seront morts » dira Euménide. Nous sommes spectateurs du drame mythique de la famille des Labdacides frappée de malédiction. Mais  la logique divine et irrévocable, se détraque, quand Oedipe se rebelle et prend conscience d’autres choix possibles pour s’affranchir de l’ordre imposé.
Sur le plateau nu-un espace carré délimité au sol par une bande métallique-se joue une sorte d’autopsie du drame menée par Euménide qui commente, et infléchit l’ action. Il y a juste un coffre,  qui sert de siège et  de trône,  et  un  lit en métal pour Œdipe arrivé au bois sacré où il va mourir. Sur  cette aire de jeu,  modulé seulement  par les éclairages, se jouent  les scènes qui se passent à Thèbes, l’errance d’Oedipe, et enfin sa mort à Colone.

Les costumes forment un trait d’union entre l’antiquité  et notre époque. Queue-de-pie blanc, chapeau melon, pantalon en cuir noir de meneuse de revue pour Euménide. Antigone est, elle,  en chemise et pantalon noir; le roi Cadmos a un grand chapeau de paille et une tunique recouverte d’un long manteau, Ismène est  en robe rouge  et chaussures à hauts talons;  Étéocle, en cape blanche, Polynice, lui, porte une chemise, et un pantalon serré, et une écharpe de légionnaire en bandoulière .Tirésias a un  grand masque de sorcier africain  et un  tunique  couverte d’amulettes, visage et bras maquillés de noir, Œdipe enfin, en tunique et pantalon blancs,  a un bandage au  pied,  et porte  une petite valise d’où sort parfois un air de musique américaine) et dont il extrait  une trompette pour jouer un morceau.
Un bref résumé de la malédiction de la famille des Labdacides, fait par Euménide, ouvre le spectacle. Oedipe qui s’est crevé les yeux,  les couvre d’un bandeau qu’il ôtera par la suite. On le retrouve à Colone avec sa fille Antigone ; à Thèbes ,ses deux fils : Polynice, dépossédé du trône, allié avec les Argiens,  et Étéocle, décidé à ne plus partager le pouvoir, vont se livrer une guerre fratricide. Œdipe reçoit la visite d’Ismène qui lui apprend la nouvelle, puis  Cadmos vient le chercher : selon l’oracle, le parti soutenu par Œdipe gagnera la guerre. Polynice accuse alors son frère de lui avoir volé le pouvoir et cherche lui aussi l’appui de son père.
Mais Oedipe  se refuse à admettre  cet oracle, mettant ainsi chacun devant  le choix , ou  bien de faire la paix ou de s’engager dans une guerre fratricide qui mènera  à la destruction de Thèbes. Ismène, elle,  essaye en vain de convaincre ses frères d’éviter le désastre et  d’arrêter « la malédiction » meurtrière. Au gré des rivalités  entre Œdipe et ses enfants, surgissent ressentiments,  jalousies, ambitions inavouées, indifférence à l’égard du père,  lien quasi incestueux entre Antigone et Polynice,  et enfin  préférence d’Oedipe pour Ismène…
La guerre de Thèbes comme  la mort de Polynice et d’Étéocle sont racontées par Euménide et Tirésias sur le  mode  parodique d’un  théâtre de foire…Antigone , elle , en affrontant Cadmos, figure tutélaire de Thèbes et incarnation de la loi, brave l’interdiction d’enterrer le corps de Polynice, traître à sa patrie. Révolte contre une loi injuste et cruelle,  ou amour secret et  inavouable, pour son frère ? Face à une Antigone prête à mourir,  Ismène choisit la vie et  refuse d’aider sa sœur. Quand Cadmos rend son verdict, elle prend alors le parti d’Antigone, s’accusant d’avoir participé à son « crime » : celui d’avoir donné une sépulture à leur frère.  Chez Sophocle,  Tirésias influence Créon mais  ici, c’est Ismène qui  fait fléchir Cadmos.
Joël Jouanneau subvertit le mythe, et introduit la possibilité d’un  libre-arbitre ; dans l’écriture  comme dans   la mise en scène,  il y a  une mise à distance,  à la frontière de la dérision. L’humour, l’ironie, l’irruption du dérisoire dans le langage et  dans l’ action (Oedipe chantonne, embouche sa trompette et joue aux énigmes avec Ismène, etc.), les interventions d’Euménide, le  jeu, parfois à la limite de la parodie ( emphase de Cadmos,  tragique surfait d’Antigone, ironie lucide d’Oedipe…) désacralisent la loi divine, et sapent  les fondements de la malédiction, en ramenant le drame à une  dimension humaine.
Comme en transparence, apparaissent  alors les conflits, le jeu de pouvoir, les enjeux politiques et religieux, de la « fatalité » : ambitions,  passions et désirs inavoués de notre monde contemporain. IL y a une belle fluidité des enchaînements et les acteurs sont excellents: Jacques Bonnaffé,  (Oedipe,)  Mélanie Couillaud (Euménide), Philippe Demarle (Polynice), Alexandre Zeff (Étéocle), Cécile Garcia-Fogel (Antigone), Sabrina Kouroughli (Ismène), Bruno Sermonne (Cadmos) et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre (Tirésias).  

  Mais le début et la fin du spectacle sont  étirés. Condensés et/ou joués sur un rythme plus rapide,  ils gagneraient sans doute en force. Mais il ne faut  pas manquer cette pièce  qui est aussi à lire ou à relire….

Irène Sadowska Guillon

 

Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, du 7 aux 28 janvier.
t : 01 48 33 16 16 Le texte est publié aux Éditions Actes Sud Papiers

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