ALICE POUR LE MOMENT

ALICE POUR LE MOMENT, de Sylvain Levey, mise en scène d’ Anne Courel.
Les scènes prestigieuses du Théâtre de la Ville ou de L’Odéon  proposent aux enfants et aux adolescents des spectacles qui font entrer le monde d’aujourd’hui sur les plateaux. Mais au Théâtre Nouvelle Génération de Lyon dirigé par Nino d’Introna, les auteurs « vivants », bien vivants, sont aussi  à l’honneur.

 big0.jpgLa dernière création coproduite par le Centre dramatique, « Alice pour le moment » de Sylvain Levey par la compagnie Ariadne nous fait très justement entendre l’histoire de cette Alice pas encore tout à fait définie.
Alice est au bord de l’adolescence et marche sur cette frontière ténue qui la sépare du monde des adultes. Elle est à ce moment de la vie où l’on sent son corps changer et où il faut trouver sa place , au collège comme dans la vie. Et pour elle,  c’est encore plus difficile: elle vient en effet  du Chili et ses parents ont un accent « circonflexe » et,  de  plus, ils déménagent souvent, au gré des emplois que trouve le père. Alors Alice trace des parcours provisoires qui la rassurent pour quelque temps.

 

  La pièce commence  quand sa mère vient la chercher à la sortie du collège et l’appelle d’un « Ma chérie » tonitruant. La honte !, qui annonce une nouvelle: le père a trouvé du travail, il faut charger la vieille Mercedes qui sert d’armoire, de garde-meubles et  de garde-manger, et partir  aller ramasser des noisettes dans le Sud . Partir, une nouvelle fois. Difficile alors de garder des amies, des amours. Alice va de rencontre en rencontre et grandit ainsi au gré des mots et des gestes furtivement échangés.
Ses parents  gardent une fantaisie insouciante malgré les coups durs, tandis que leur fille, comme souvent les adolescents, les regarde se coltiner une vie qui ne fait pas de cadeaux, avec une lucidité joyeuse. Alice adulte aura trouvé sa place, tracera des parcours plus rassurants sans oublier d’où elle vient. La force du récit d’Alice, car c’est la forme qu’a choisie Sylvain Levey, en passant en douceur du récit au théâtre, c’est la vitalité de cette toute jeune fille qui n’est ni dans la plainte ni dans l’agressivité. Elle est avant tout bien vivante.
Alice c’est Charlotte Ligneau, très jeune comédienne, dont c’est le premier rôle important qui est étonnante de justesse et d’énergie. Elle porte le texte et le spectacle; aussi à l’aise dans le monologue que dans le dialogue, et occupe magnifiquement ce grand plateau, que des voilages clairs font vivre  et qui  se transforment même en corde d’escalade , quand Alice nous dit son corps qui se transforme.
Quelques réserves sur les scènes avec les parents, les comédiens soulignant trop leurs personnages, comme si Anne Courel avait eu peur de ne pas  faire assez » théâtral  ». Les deux scènes avec Gabin (Sébastien Valignat) le premier amoureux d’Alice, sont elles, très belles, tendres et cocasses à la fois, teintées de la mélancolie des amours sans lendemain. Sylvain Levey a écrit ce texte en résidence et surtout en complicité avec la compagnie d’Anne Courel et la ville où elle est installée, Bourgoin- Jallieu en Isère
Six mois de présence , des ateliers , des rencontres, un feuilleton, un thème à explorer avec les habitant: l’adolescence et l’errance. Un premier texte est né de cette complicité, Mon Alice en ville  qu’il a retravaillé pour lui donner sa forme finale: Alice pour le moment qui nous est présentée là. Sylvain Levey est un auteur heureux; très demandé, il va de résidence en résidence, et mêle subtilement dans son réalisme poétique ce qu’il sait de la vie et ce qu’il en apprend de rencontre en rencontre. Ce spectacle est une belle occasion de découvrir son écriture.

Françoise du Chaxel

Spectacle vu le 5 Janvier 2010 au TNG de Lyon.
En tournée à l’Espace 600 de Grenoble le 19 janvier, à la Maison des arts de Thonon Evian le 26 janvier; au Festival A Pas Comptés de Dijon, les 3 et 4 Février; au Tobogan de Décines les 1 et 2 Mars; au Dôme -Théâtre d’Albertville, les 3 , 4 et 5 Mars; à l’espace Tonkin de Villeurbanne le 11 Mars; à l’Espace Malraux de Chambéry du 27 au 30 Avril, et au Théâtre de l’Est Parisien en mai.

 


2 commentaires

  1. ztrreytrty dit :

    mettez vous a jour pfffff !!!!!

  2. DESGRANGES dit :

    Vu le spectacle et tout à fait d’accord avec cet article… C’est frais, beau, drôle, touchant et enjoué… Et, l’air de rien, ça brasse !

    Merci à l’équipe artistique !

    DESGRANGES
    http://desgrange.over-blog.fr/#

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