L’IMMEDIAT

L’IMMEDIAT la mere Boitel , spectacle de Camille Boitel

limmediat.jpgCeux qui ont vu « L’Homme d’Hus » en Mars 2004 au Théâtre de le Cité Internationale se rappellent sûrement le plateau envahi par des tréteaux capricieux qu’un personnage mi-clown, mi-prophète tentait de maîtriser.
Ce dompteur de tréteaux, c’était Camille Boitel, nourri de théâtre de rue, de cirque, de lectures aussi- car il lit beaucoup, les poètes et les philosophes surtout -, qui nous proposait ce spectacle qu’il avait travaillé longtemps, dont il avait présenté plusieurs étapes, dont une à la manifestation « Jeunes Talents Cirque » qui l’avait révélé. Après sa création au Théâtre de la Cité Internationale, le spectacle était parti  pour une longue tournée.
 Et déjà un autre projet occupait Camille Boitel , un autre chantier qui a abouti après différentes étapes à cet « Immédiat » qui nous est donné à voir au Théâtre de la Cité Internationale à nouveau, sur le grand plateau de la Coupole transformé en entrepôt, en grenier fantastique.
Pendant des mois, lui et ses danseurs-bricoleurs-acrobates, cinq garçons et une fille, ont patiemment construit et déconstruit le chaos, ont exploré toutes les facettes du déséquilibre. et ils sont là, six personnages peu différenciés, tantôt en robes, tantôt en sous vêtements comme des enfants qui prennent tellement de plaisir à retarder le moment de s’habiller.
D’abord le plateau comme un bric à brac incroyable fait d’objets qui se dérobent, qui s’animent, se rebellent, de murs qui s’ouvrent, de meubles qui s’effondrent face à des corps qui eux aussi lâchent, désobéissent. Après l’écroulement et le chaos, le plateau se vide de cet enchevêtrement d’objets en révolte. Restent  quelques meubles plus sages mais plus inquiétants encore qui s’ouvrent sur des bras, des jambes, des têtes. Puis des panneaux animés, des murs qui tenteraient de reconstruire un espace, vont et viennent, laissent apparaître l’un ou l’autre des danseurs acrobates, mais jamais celui qu’on attendait.  Apparitions, disparitions, toujours aussi difficile d’affirmer sa présence dans cet univers en mouvement.
Au final, les six amoncellent à nouveau les objets du bric à brac du début, tout peut recommencer.Le spectacle de Camille Boitel et de ses complices est à l’image de notre lutte dérisoire pour exister dans un monde en désordre. Un désordre auquel nous participons, dans lequel nous nous faisons des peurs ridicules pour ne pas affronter la grande peur.
Entre excitation ludique  et angoisse existentielle,  se mêlent  dans la salle les rires des enfants et des adultes, des rires différents bien sûr ,  devant ces tentatives burlesques pour apprivoiser le chaos.

Françoise du Chaxel

******************************************************************************************************************

L’IMMÉDIAT Théâtre de la Cité internationale

 

Spectacle de la Mère Boitel avec Marine Boise, Jérémie Garry, Aldo Thomas, Pascal Le Corre, Jacques-Benoît et Camille Boitel.
Camille Boitel, jeune circassien formé chez Annie Fratellini s’est révélé au Théâtre de la Cité internationale en 2003 dans le cadre de Jeunes talents cirque, avec un personnage sale et agressif L’homme de Hus. Après deux ans de tournées, il a remis le fer à l’ouvrage pendant de longs mois en élargissant progressivement son équipe pour inventer L’immédiat. Il aime le paradoxe : les circassiens recherchent l’équilibre, lui le déséquilibre. Un personnage, semi clochard entre en scène dans un bric à brac hallucinant, chaque mouvement provoque un écroulement de la table, des chaises, des parois de la maison, il arrive à un lit où il remplace la jeune femme qui y dormait, elle enfile sa vieille robe de chambre et continue à provoquer des catastrophes. Chaque mouvement déclenche une avalanche de rires bienfaisants dans la salle, on est tout d’abord sidéré par l’invraisemblable audace acrobatique des six acteurs vêtus d’oripeaux féminins, qui finissent par empiler une véritable montagne de vieilles poussettes, de chaises de tricycles, de tableaux, de tous les rebuts dont notre société est envahie. Malheureusement, le spectacle durant une heure trente, cette puissante métaphore finit par s’user avant ce splendide final. C’est néanmoins de la belle ouvrage.

Edith Rappoport

Au Théâtre de la Cité internationale, 17 Bd Jourdan, 75014 Paris; 01 43 13 50 50, du 7 au 31 janvier, A L’Hippodrome de Douai, 03 27 99 66 66, les 25 et 26 février, au Théâtre de l’Espace de Besançon, 03 81 51 03 12, les 10 et 12 Mars.  

 


Pas encore de commentaires to “L’IMMEDIAT”

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...