SH0-GEN-ZO

SHO-GEN-ZO chorégraphie et scénographie de  Josef Nadj, composition musicale de Joëlle Léandre et d’ Akosh Szelevényi.

    shobo2edvardmolnar174.jpgLa danse contemporaine est-elle une voie d’accès à la spiritualité ? Le dernier et sublime spectacle de Josef Nadj tendrait  à le prouver. Avec  Cécile Loyer, et un duo de musiciens, l’artiste a su créer un spectacle à l’esthétique  du Japon délicat et raffiné : finesse, épure,  beauté, humour.
La pièce est composée de tableaux qui s’enchaînent et font évoluer un couple : un homme et une femme aux rapports ni définitifs ni très clairs. Mais cette absence d’explications ne nuit pas à la compréhension du spectacle qu’il faut  aborder avec les yeux d’un enfant qui découvre le monde : observer, ressentir, s’émouvoir, réagir. Le spectacle est surtout physique, mais aussi  méditatif et profond – c’est la magie du théâtre, et celui-ci tient du nô et du kabuki.
Côté cour, la contrebassiste; côté jardin, un saxophoniste et poly-instrumentiste ( trompettes, gong, clochettes, et autres instruments à vents ou à corde) …Et la musique entre si bien  en résonance avec les gestes et les déplacements qu’on en vient presque à oublier la présence des musiciens sur scène, hypnotisé et charmé par cet ensemble harmonieux. En fond de scène, des planches en bambou encadrent un rideau noir où apparaîtront et disparaîtront les acteurs. À côté , sur de grands écrans , apparaissent et migrent des taches noires qui évoquent l’impossible mélange entre l’huile et l’eau.

 

Dans le premier tableau, une femme en kimono blanc, revêtue d’un masque (un onnagata) tente par tous les moyens d’attirer l’attention d’un samouraï à l’armure incroyable. Mais, dérisoirement, c’est avec une balle en papier qu’il s’amusera , tel un chien fou; dans le second tableau, un homme et une femme en costume noir, semble en souffrance,  le corps désarticulé,  se meut dans une contorsion violente. Après avoir chiffonné une lettre, libérés du mal. Un peu plus tard, un théâtre miniature mime une scène, rejouée ensuite grandeur nature, comme une mise en abyme pleine de dérision, où les danseurs finissent par se déguiser.

 

La  tension  du jeu tient le spectateur  en haleine et la maîtrise des comédiens est remarquable. Et leur sourire final reste énigmatique : se moquent-ils de nous ? Ne nous ont-ils pas joué la comédie?
Il faut voir ce spectacle, surtout si l’on ne connaît pas l’Asie, et surtout si l’on n’aime pas la danse contemporaine, car il en déjoue  subtilement les codes . L’extrême connaissance du Japon qu’ont acquise les danseurs – Josef Nadj connaît le butô, l’aïkido, le tai-chi, et Cécile Loyer y  a travaillé plusieurs années , aux côtés d’une danseuse et chorégraphe de butô-, explique sans doute en partie la réussite de ce spectacle. Comme un souffle frais et original en ce mois de rentrée, il nous invite à nous pencher sur ce continent, et surtout, à nous laisser imprégner de ses richesses.

Barbara Petit

Du 18 au 27 janvier au théâtre de la Bastille à 21h00.Reprise au Centre chorégraphique  d’Orléans en mars 2010.

 


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