TOUS LES CHOISYENS DU MONDE
TOUS LES CHOISYENS DU MONDE
Depuis dix ans, le Théâtre Paul Éluard organise Tous les Choisyens du monde, opération de plusieurs mois visant à retrouver la vocation essentielle de leur théâtre , en faisant des habitants l’origine des œuvres autant que leurs destinataires. Cette année s’ouvre sur une exposition du photographe Pierre de Vallombreuse qui a séjourné sur la ville, et a photographié notamment la dalle, vaste espace commercial hérissé de tours en pleine déshérence et en cours de réaménagement.Mais bien peu de gens semblent s’intéresser à ces photos…. Le théâtre est plein de jeunes qui s’apprêtent à monter sur le plateau, accompagnés de leurs familles, le bar est accueillant, le maire fait son discours sans langue de bois et nous sommes admis dans la salle, divisés en groupes distingués par une couleur différente, sous la conduite d’un guide qui nous emmène dans plusieurs espaces pour voir sept artistes.
La chanteuse Françoise le Golvan ouvre la soirée accompagnée par Sébastien Libolt: elle a son petit charme quand elle évoque les rencontres à Choisy qu’elle a mises en musique. Valérie Grail avec cinq acteurs professionnels, accompagné de trois jeunes amateurs de Choisy lance ses Paroles d’ici pour images de là, dialogue pertinent entre des photos de Pierre de Vallombreuse et des paroles, des lettres échangées recueillies dans la ville.
Mais le clou de la soirée est sans aucun doute le spectacle de danse monté par Pascaline Verrier avec cinq garçons tout juste entrés au collège, mobilisés après bien des efforts pour faire des confidences pendant des semaines sur leur vie quotidienne , plutôt que d’aller jouer au foot, et pour en faire ensuite de la danse. Ils ont une réelle maîtrise de leur corps, de l’humour et de la fraîcheur !
Le reste de la soirée est plus aléatoire; comme le temps d’attente entre les différents espaces est en effet trop long, et que la technique est mal maîtrisée, le public s’évapore peu à peu. Bernard Sultan, vieux complice du Théâtre Paul Éluard, joue un étrange personnage, « occidental accidentel (…) issu de ce tourbillon qu’on appelle ville » en faisant irruption d’un ascenseur extérieur au théâtre, mais son discours est un peu désordonné et énigmatique.
Le texte de Praline Gay Para , conteuse, semble un peu crispé comme celui de Jean-Pierre Siméon, mis en scène par Cendre Chassanne, pourtant interprété par deux bons comédiens professionnels. C’est paradoxal mais sont les amateurs qui ont fait le sel de la soirée !
Edith Rappoport
Théâtre Paul Eluard de Choisy-le-Roi

Feydeau a été beaucoup joué la saison passée, y compris dans les grands centres dramatiques comme celui de Nanterre avec Les Fiancés de Loches, mise en scène de Jean-Louis Martinelli et au théâtre de l’Athénée avec La Puce à l’oreille montée par Georges Golub. Cette fois, il s’agit de deux pièces mineures de cet auteur adulé du public décédé il y a déjà presque un siècle, dont la seconde avait été mise en scène par Didier Bezace en 84 pour le Festival d’Avignon, et plus récemment par Laurent Laffargue avec une actrice:(si, si) comme la grande Nada Stancar.
Ça se passe en pleine rue, en plein fracas urbain, ces retrouvailles entre ces deux sans papiers: Jason, arrivé le premier, et Médée, venue le rejoindre dans cette Amérique qui devrait être leur Amérique.