On purge bébé et Léonie est en avance

On purge bébé et Léonie est en avance de Georges Feydeau mise en scène de Gildas Bourdet.

  onpurgebebeleonieestenavancetheatrefichespectacleune.jpg  Feydeau a été beaucoup joué la saison passée, y compris dans les grands centres dramatiques comme celui de Nanterre avec Les Fiancés de Loches, mise en scène de Jean-Louis Martinelli et au théâtre de l’Athénée avec  La Puce à l’oreille montée par Georges Golub. Cette fois, il s’agit de deux pièces mineures de cet auteur adulé du public  décédé il y a déjà presque un siècle, dont la seconde avait été mise en scène par Didier Bezace en 84 pour le Festival d’Avignon, et plus récemment par Laurent Laffargue avec une actrice:(si, si) comme la grande Nada Stancar.
 Œuvres  mineures donc,  et loin de l’excellence des grandes pièces de Feydeau. Comme écrites assez vite sur un coin de table et-heureusement- pas très souvent jouées…. On purge Bébé est une sorte de farce: Monsieur Follavoine dirige une entreprise industrielle de porcelaine et cherche à décrocher un marché particulièrement juteux, celui de pots de chambre incassables pour l’armée française. Et il a invité son ami Chouillou , fonctionnaire important au Ministère de la Guerre, son épouse et l’amant de son épouse à dîner, pour essayer de faire avancer ses affaires.
Mais le petit garçon des Follavoine est constipé et refuse de prendre un médicament purgatoire… Comme vous l’avez tous deviné, l’intrigue est tout à fait passionnante! Bien entendu, comme vous ne vous y attendez sans doute pas , le pot de chambre réputé incassable par Follavoine ne résistera pas à deux lancers expérimentaux, et Follavoine s’en trouvera fort dépité….

 Dans  un décor de salon bourgeois maquillé de grandes marbrures  comme sur les pages de garde des livres du 19 ème siècle, les acteurs essayent de donner vie à cet ersatz de Feydeau en criant et en surjouant, ce qui est sans doute la pire des méthodes pour être un tant soit peu convaincant.
Seul Dominique Pinon, ( Chouillou) , dès qu’il arrive, réussit par sa présence et la précision de son jeu à imposer son personnage. Tout se passe comme si Gildas Bourdet  avait répondu à une commande mais ne s’était guère soucié de la qualité des textes qu’il avait à mettre en scène ni de la façon de les faire jouer;  sans doute, aurait-fallu surtout les monter avec plus de sobriété et  sur un rythme plus rapide.

 Léonie est en avance, qui  fait parfois l’affaire de jeunes compagnies dans le off d’Avignon,  n’offre guère plus d’intérêt… La jeune et belle Léonie est sur le point d’accoucher: affolement généralisé dans la famille: le mari de Léonie  désemparé , semble  dépourvu de tout sens pratique et se fait ridiculiser par son beau-père qui a  envie de régler quelques comptes avec son gendre ; il l’ accuse en effet de ternir sa réputation à lui, homme respectable;  en effet le bébé va faire son entrée dans le monde au bout de huit mois de mariage seulement… Et cela va faire jaser!
 Quant à la mère de Léonie, elle est évidemment odieuse… Arrive enfin  alors une  sage-femme autoritaire qui veut tout régenter dans la maison. Bref, les femmes sont mesquines, jalouses  et les hommes prétentieux et ridicules:  comme souvent chez Feydeau, l’humanité n’a rien de très séduisant!   Mais rassurez-vous, bonnes gens, tout va rentrer dans l’ordre quand on s’apercevra que la grossesse de Léonie n’était que nerveuse…. Vous ne riez pas ? Tant pis pour vous!
 La plaisanterie dure quand même quelque deux heures et demi avec, en plus,  vingt minutes d’entracte!  Reste maintenant à savoir pourquoi et comment un metteur en scène comme Gildas Bourdet qui, autrefois, a conçu de belles et intelligentes mises en scène peut  avoir eu envie de s’attaquer à deux pièces vraiment très faibles  comme celles-ci, dont le seul dénominateur commun semble être les à-coup du fonctionnement du corps  humain.
Reste à savoir aussi comment un théâtre comme celui du Palais-Royal peut penser trouver un public concerné par une soirée aussi pimentée. Et le public? C’est un peu rassurant; certes il saluait poliment  des comédiens connus comme Cristina Reali, Pierre Casssignard et Dominique Pinon mais les applaudissements n’avaient rien de délirant.

 Alors à voir? A moins d’être pervers , sûrement pas… Feydeau, oui, bien sûr mais quand il s’agit de ses grandes pièces, et correctement montées.

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre du Palais-Royal.

 

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