Une fête pour Boris

Une fête pour Boris de Thomas Bernhard,mise en scène de Denis Marleau

   boris.jpgLa  pièce avait été présentée en grande première lors du Festival TransAmérique en 2004, puis au Festival d’Avignon et en tournée européenne.
Trois personnages s’adonnent à des jeux de déguisement et à des métamorphoses technologiques pour créer une atmosphère carnavalesque et macabre: la Bonne Dame (Christiane Pasquier),  bienfaitrice mondaine, a perdu ses jambes à la suite d’un accident.
Cette femme riche entretient plus profondément, un rapport de mépris et d’hostilité avec son entourage. Elle fait souffrir sa dame de compagnie, Johanna (Sébastien Dodge) qui veille sur elle et sur son mari Boris (Guy Pion).Celui-ci est aussi cul-de-jatte, et sort d’un hospice. Pour l’anniversaire de Boris, la Bonne Dame prépare un banquet avec treize culs-de-jatte de  ce même hospice .
Le rideau se lève sur une séance d’essayages de chapeaux et de gants par la Bonne Dame, élément cérémoniel qui initie le rythme de la pièce. Exagération et grotesque: Une  tension violente s’établit entre Johanna et Bonne Dame, jusqu’à ce qu’elle accepte docilement de se déguiser en cochon.
C’est à travers un flux de paroles que la Bonne Dame établit sa tyrannie, en maintenant son mari, Boris, dans une dépendance animale dont le cri et le bruit sont la seule manifestation. Pour la scène du banquet, les treize infirmes sont représentés par des marionnettes aux visages  animés par ordinateur et qui ont la voix de Guy Pion. Par duplication, le comédien ( Boris)  interprète aussi le chœur des treize culs-de-jatte. En fait, sa voix et son visage, sont  masqués  avec  perruques et coiffures pour interpréter les culs-de-jatte invités à la fête.
Ce «mirage théâtral» permet au metteur en scène d’élaborer une nouvelle perception entre l’acteur sur scène et l’acteur modifié par le medium vidéographique. Denis Marleau utilise le procédé traditionnel de marionnettes en les adaptant à la vidéo. Le but du metteur en scène est de troubler le spectateur en présentant sur scène des créatures qui s’animent et qui parlent sans pourtant être vivantes. Le metteur en scène met la technologie au service du texte et l’animation de ces marionnettes constitue une nouvelle approche où il interroge le spectateur sur la nature humaine et où il traite de thèmes comme  les jeux sadiques, l’exercice du pouvoir, la domination et la charité ostentatoire des riches.

Maria Stasinopoulou.

Jusqu’au 20 février  à Usine, Centre de création et de diffusion pluridisciplinaire à Montréal.

 


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