BURN BABY BURN

BURN BABY BURN de Carole Lacroix, mise en scène Anne-Laure Liégeois

  84065uneburn.jpg A la demande de Muriel Mayette qui répondait ainsi au vote du bureau des lecteurs de la Comédie- Française et à celui du public qui avait assisté aux lectures des textes sélectionnés, Anne-Laure Liégeois a mis en scène au Studio-Théâtre, après « Le bruit des os qui craquent » de la Québécoise Suzanne Lebeau, » Burn Baby Burn » de la Française Carine Lacroix. »Le bruit des os qui craquent » était une traversée de la forêt et de l’horreur, par deux enfants qui fuient un camp de rebelles où on les dresse à tuer et à beaucoup d’autres choses, « Burn Baby Burn » est une immersion dans les délires de l’adolescence. D’un côté, l’enfance massacrée, quel que soit le pays, quelle que soit l’époque, de l’autre, l’adolescence grisée par sa solitude même quand le monde est à portée de voix.Ce qui relie les deux pièces, c’est le besoin de raconter, Elikia dans « Le bruit des os qui craquent » livre à Josef qu’elle aide à fuir et à son cahier lu par l’infirmière qui les a recueillis, son calvaire de gamine confrontée à la barbarie , Hirip et Violette, Hirip surtout, dans « Burn Baby Burn » se font leur cinéma à coups de délires.  Dans un no man’s land très Etats-Unis, une station service désaffectée sur  une route où personne ne passe, une jeune femme, Hirip, attend d’aller chercher un héritage en Italie et  vit d’on ne sait quoi. Violette, en panne d’essence,  s’arrête là avec sa mobylette. Rencontre obligée mais difficile. L’une raconte des histoires insensées sorties de feuilletons télévisés et de son imagination; l’autre lâche peu à peu des bribes de vie moins glamour: le salon de coiffure où elle est stagiaire, les parents scotchés devant la télévision, ses amours et ses débrouilles plutôt glauques. Une fille gentille barrée dans ses rêves de midinette, et une autre qui est une boule de nerfs et de haine.   Les rêves d’Hirip vont finir par déteindre sur ceux de Violette, mais un jeune livreur de pizzas en fera les frais, et mourra sous les coups.Nous sommes dans la logique du rêve, tout est vrai et rien n’est vrai:  le monde n’est pas loin, on entend les cloches de l’église du village voisin, Hirip a des visites, et l’ on peut se faire livrer des pizzas. Mais les deux jeunes femmes  ne sont pas encore faites pour vivre dans le monde réel, et  partent en vrille, chacune à sa façon.Le texte de Carine Lacroix est drôle et grave, et sa façon de décoller du réalisme pour dire les angoisses de l’adolescence, est toujours juste dans sa fantaisie,  comme était juste la dénonciation sans pathos de Suzanne Lebeau. Les mêmes comédiens passent avec un grand professionnalisme et un  plaisir visible d’un univers à l’autre, Suliane Brahim et Isabelle Gardien , Benjamin Jungers aussi juste en jeune garçon qu’en adolescent perdu, et Gilles David et sa présence ironique..en commentateur de l’action.

Françoise du Chaxel

Au Studio-Théâtre de la Comédie Française, Carrousel du Louvre, jusqu’ au 5 Mars
01 44 58 98 58.

 


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